Novembre 1752 à décembre
bles. Cette réflexion n'est pas d'un philosophe ; elle est encore moins d'un amateur de peinture •\ » Ailleurs, ce sont ces histoires d'animaux trompés par un dessin, une peinture, qui le laissent froids. Pline a vraiment trop l'air de croire à ces historiettes, et surtout de vouloir qu'elles servent à juger un artiste. Enfin, même pour ce qui concerne la pratique des arts, Pline n'est pas à l'abri do toute critique : ici, une réflexion déplacée; là, une contradiction; ailleurs, une naïveté; enfm un excès dans l'éloge ou un manque de restriction dans le jugement, sont des indices suffisants pour qu'il paraisse seulement « médiocre » à des yeux si éclairés.
D'une main non moins sûre et non moins hardie, Caylus caractérise les lacunes générales de Pline critique d'art, comme aussi la beauté très particulière de son œuvre, et l'étendue des services qu'elle nous rend. Ce qu'il laisse à dire est énorme : « Le dessin, l'effet des muscles, le sentiment de la peau, la précision du trait, la beauté du caractère, la justesse de l'action, le balancement des parties, la simplicité et par conséquent la grandeur des compositions, en un mot le sublime de cet art^ ». Sa part est encore belle : il est reconnaissable à ces « traits de feu », à ces images « qu'on ne trouve dans aucun auteur ni si fréquemment, ni d'une si grande beauté ». Son éloquence lui est propre; d'un mot parfois très simple, elle frappe, touche, saisit. Et pourtant Pline n'est qu'un bel écho. Il a dù emprunter, et « peut-être plus sur cette matière que sur les autres. Aussi je croirais volontiers qu'il n'a donné de son chef aucune définition de l'art, mais qu'il s'est échauffé sur les beaux endroits » Est-ce le méconnaître? Non, car il indique parfois lui-même ses sources; il n'écrit donc que