‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 135 sur 197 · T. XXV · texte numérisé non relu

T. XXV

l'époque de Childéric. C'est ainsi que l'aimable savant, pris pour arbitre dans ce débat entre l'expérience et Térudition, rappelait à Tune le danger des bypothèses, à l'autre le danger des affirmations absolues. Caylus dut être satisfait : il n'en demandait pas davantage.

Mais son triomphe dans ce genre de restitution est la fameuse découverte de la peinture encaustique \ L'histoire en mériterait même un chapitre spécial : limité comme nous le sommes ici, nous donnerons au moins l'indispensable. Dix ans auparavant, Caylus avait déjà entretenu l'Académie de ses recherches; quand il revint sur ce sujet en 1755, pour la troisième fois ^ ses espérances s'étaient changées en certitude. L'Académie, à la Saint-Martin de Tannée 1754, avait été conviée à examiner un tableau peint à l'encaustique dont elle avait elle-même fourni le sujet : c'était une Minerve, composée par Vien, d'après le procédé des anciens retrouvé par Caylus. Devant ce commentaire vivant du fameux passage de Pline ^, grande fut la stupéfaction des savants. L'émotion des artistes ne fut pas moindre. Tout le monde courut à l'Académie, chez Mme Geofîrin, chez La Live, où le tableau fut successivement exposé, pour prendre une idée exacte de cette peinture deux fois perdue, et dans ses œuvres, et dans ses procédés. La découverte de Caylus alla d'abord aux nues. Puis, comme ses explications se faisaient un peu attendre, l'admiration se tourna en envie, l'envie en dénigrement. Ce qui était d'abord une révolution dans l'art, finit par être moins qu'une nouveauté. Bachelier, d'autres encore, à en croire les bonnes langues, connaissaient le fameux « secret ». Après le pamphlet de Diderot, chacun

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