‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 15 sur 197 · L. LIV · texte numérisé non relu

L. LIV

2, Souvenirs et Correspondance de Mme de Caylus, par Émile Raunié. Paris, 1881. — Sur les cent trois lettres de la correspondance, vingt-cinq sont adressées au comte, et vingt-deux seulement (et non vingt-quatre) étaient inédites. Trois avaient été publiées par Sérieys dans les Souvenirs du comte de Caylus. (Sur Sérieys et son ouvrage, voir plus bas, fin du chapitre.) C'est au recueil même d'où M. Raunié a tiré ces lettres que nous avons emprunté nous-même les lettres de Mme de Maintenon citées ci-dessus. Nous n'aurions que des éloges à adresser à cette « première édition complète », si l'on avait essayé de ranger ces lettres dans un ordre à peu près chronologique et si la collation avait été faite d'un peu plus près. (« Ayez soin de votre tante », pour « de votre santé », p. 313;

SA JEUNESSE

aisément les incidents relatifs à cette courte période, les questions qui font l'objet de maint débat d'une affectueuse insistance entre la mère et son fils aîné; on perçoit assez vivement, quoique d'une façon indirecte, les traits du comte et du clieAalier. Le premier nous y apparaît dans toute la fougue de la vingtième année : aventureux, épris de difficultés à vaincre et de dangers à courir, désintéressé jusqu'à Tabandon de ses propres biens*; volontaire, et prétendant disposer en maître de ses actes et de sa vie, mais fds aimant, et toujours sensible à la voix d'une mère habile et tendre, qui sait prier comme on ordonne, et ordonner comme on prie. Le repos lui est un joug-; une vie rég-lée l'effraye; l'idée seule du mariage le fait fuir. Il a cru comprendre, sans doute par un mot imprudent de M. d'Harcourt, que sa mère lui préparait quelque établissement : il prend peur, et annonce les résolutions les plus désespérées. En vain sa mère proteste-t-elle, essaye-t-elle de le rassurer; les arguments les plus persuasifs restent d'abord sans effet ^ : il s'éloigne vers le sud, passe de Gênes à Rome, parle de desseins mystérieux. Inutilement elle tente de le faire sourire, par une allusion à quelque galant exploit. Inutilement elle promet, quoique à bout de ressources, le voyage d'Allemagne après celui d'Italie. Mais elle y pense : si c'était l'amour? Et voilà la mère alarmée; le ton change; aux protestations succèdent les prières; elle découvre à son fils le besoin qu'elle a de sa présence : le chevalier lui donne des inquiétudes; son sort reste à régler. Le comte doit revenir ^

— « votre petite sœur retrouvera ici sa tante «, encore pour « retrouvera sa santé >>, p. 317; — « de Vhonneur dont je vous connais », pour « de Vhumeur », etc.)

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