‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 145 sur 197 · Au même, 1. X · texte numérisé non relu

Au même, 1. X

la démonstration. La qualité des objets est mince; mais leur quantité est innombrable les questions qu'ils soulèvent sont d'une infinie variété. Gaylus n'en élude aucune, il en créerait au besoin : et dans chacune il apporte le souci le plus constant de la vérité, le désir évident non seulement de la posséder pour lui-môme, mais de la partager avec ses lecteurs. C'est leur propre instruction qu'il s'est proposé pour but : tout progrès obtenu par lui est aussitôt mis en commun, si bien que le public est admis non seulement à juger, mais à collaborer. A chaque instant, il peut contrôler une assertion, émettre un doute, dévoiler une erreur. Rien du masque ou de la fraude; point de ces jugements solennels ou vagues, renouvelés des charlatans de l'art; point de ces citations ambiguës derrière lesquelles s'abrite une science peu sure. Les faits prouvés et démontrés, les arguments tirés du sens commun, le doute sur les choses douteuses, l'affirmation fondée sur des raisons, l'erreur reconnue ou plutôt dénoncée par l'auteur lui-même qui s'en corrige en même temps qu'il s'en accuse, voilà en résumé ce qui charmait à la fois profanes et gens de l'art, voilà ce que l'on voyait pour la première fois dans un ouvrage d'archéologie, et ce qui fit de l'apparition du Recueil un véritable événement.

Il est vrai qu'on en conteste à l'auteur la paternité exclusive. Caylus, dit-on, a eu des collaborateurs. Belle découverte, en vérité! mais il les nomme, il les cite; les remerciements qu'il leur adresse sont placés en bel endroit, dans les préfaces, ou dans le corps de l'ouvrage, toujours en vue. Cependant on insiste. Après Marmontel, qui croit que le Recueil a été composé comme les E trémies de la

l. Le Recueil ne compte pas moins de 826 gravures, et l'on peut évaluer le nombre des objets gravés, et par suite des notices, à trois mille, i^inon davantage.

l'oeuvre archéol(3gique de caylus. 1^1

Saint-Jean \ voici Quérard, qui crie au plagiat^; voici le savant éditeur de la correspondance de Caylus qui confesse que la part qui revient à Paciaudi dans la composition du Recueil est bien plus grande qu'on ne Taurail soupçonné ^ Sotte médisance d'une part ; de l'autre simple malentendu. Il faut donc s'expliquer.

D'abord, on semble confondre les simples pourvoyeurs avec les collaborateurs. Autre chose est de fournir des matériaux, autre chose des idées. Des matériaux, il en fallait à Caylus, et d'incessamment renouvelés, s'il voulait rester fidèle à son programme, ne donner rien que d'inédit, ou ne pas reproduire deux objets exactement semblables. Il lui en fallait d'autant plus que, les deux premiers volumes ayant épuisé bon nombre de singularités, force était d'en trouver d'autres pour les suivants, chose de plus en plus difficile \ S'il faut appeler collaborateurs tous les amis, les commissionnaires, les brocanteurs, qui s'employèrent alors pour lui, ce n'est pas Barthélémy, Paciaudi, Calvet, Schiavo, Alfani, Bellotti, qu'il faut citer, c'est l'Italie entière. Tota deiiique citaretur Italia. De même il faudra dire que Winckelmann a eu le baron de Stoscli, le cardinal Albani, le baron de Riedesel, etc., pour collaborateurs. A qui peut venir une pareille idée?

Deux noms seulement, Paciaudi et Barthélémy, prêtent à quelque discussion. Il est vrai que Paciaudi ne se borna pas à faire des emplettes, et à s'acquitter délicate-

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