‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 147 sur 197 · l. lvil · texte numérisé non relu

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dans ses travaux les mieux informés ; son savoir épigrra- ■phique inspirait à Bartliélcmy une défiance très justifiée les médailles et les lang^ues orientales Fintéressaient en artiste et en curieux, non en savant. Sans doute les travaux de son éminent confrère profitèrent à son esprit, augmentèrent la portée de son coup d'œil, lui révélèrent peut-être l'avenir des questions de ling-uistique en archéologie. On ne peut cependant dire de Gaylus qu'il vivait « à la lueur de Barthélémy ^ », sans tomber dans une exagération singulière. L'originalité de Gaylus est la moins -contestable de ses qualités; et d'ailleurs Barthélémy se fut empressé de répudier un si singulier élève. Lui-même, en effet, ne s'occupait guère d'antiquité figurée ^ ou, du moins, le genre de travaux où excellait Gaylus lui était tout à fait étranger. Quand il en parle, c'est toujours avec une pointe de dédain ou d'ironie ^. Ge dont Gaylus faisait son principal lui semblait le côté problématique de l'œuvre, et ce que Gaylus y intercalait à titre accessoire, uniquement pour ne pas sembler incomplet, semblait à Barthélémy le principal. G'est le seul moyen d'expliquer -comment Gaylus a pu faire tant d'emprunts, délibérément avoués, à la science de son collègue, sans croire que son livre en fût pour cela moins à lui, et comment Barthélémy a toujours répondu à ses appels sans se croire le moins du monde son collaborateur pour un ouvrage si étranger à son propre tour d'esprit.

Qu'on nous permette ici d'insister encore. Gette question •touche de trop près à l'objet même de ce livre pour que nous ne tenions pas à préciser. Gollaborer signifie entrer <lans l'esprit de l'œuvre d'autrui, la faire sienne, et la

1. Cf. Nisard, note de la lettre LV, et encore i. LXVI. •2. Nisard, lettre LXXXI, note.

3. Il a pourtant prouvé, par son explication de la Mosaïque de Pales- Jrine, qu'il aurait pu rendre là de sérieux services.

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