‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 162 sur 197 · Vf, viij · texte numérisé non relu

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former, sans d'autres secours, de très bons antiquaires ». La conjecture pourra alors porter ses fruits, à condition que Ton se mette en garde contre le plaisir de la découverte; que l'on « assortisse ses idées à tout ce que l'on sait de la nation »; que l'ou se rappelle toujours les « raisons d'utilité » qui ont })u amener la fabrication de l'objet; les circonstances de la découverte, etc. ; qu'enfin on bannisse de son esprit toute espèce de système. Ce dernier point surtout est touché par Caylus avec beaucoup de force. La prévention est une « maladie de l'esprit », entretenue par un excès d'amour-propre; elle « s'oi)pose au plus léger changement dans le plan que l'antiquaire s'est formé ». Ne ressemblons pas à cet entêté que Caylus nous représente « assis sur un groupe de nuages formé des vapeurs de son cerveau » (sic). Il est savant, d'accord; mais que peut la science sans la raison? « Pour assortir, pour lier les parties de son système, il force sans cesse les idées les plus disparates de se réunir à celles dont il s'applaudit d'être le créateur. » Aussi qu'arrive-t-il? <( L'esprit asservi méconnaît la simplicité; le bon sens n'est pas écouté; il faut que le savoir et l'érudition s'épuisent, pour donner quelque réalité à des chimères. » On se gardera de ce grave défaut en apportant à la lecture un esprit « uniquement occupé du vrai, et non préoccupé de quelque opinion chérie ». Sinon, la science sera elle-même une pierre d'achoppement, et l'on sera d'autant plus aveuglé qu'on saura davantage. Car alors « on ne trouve dans les livres que ce qu'on y cherche »'.

Mais, si Caylus veut l'antiquaire impartial, il le veut aussi ingénieux dans ses rapprochements, attentif au moindre indice, capable d'analyse, de méditation, d'invention. Il se détachera de tout préjugé, vérifiera et raison-

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