IV, m
traires \ Voilà où le réduit la peur.de s'échauffer ou de déclamer; car pour lui l'un vaut Pautre. Il n'eut sans doute pas épargné ses sarcasmes à Winckelmann pour une phrase de ce genre : (( J'ai payé une certaine somme d'argent pour voir, quand je le voudrais, l'Apollon, le Laocoon, afin de donner plus d'essor à mon esprit par ces ouvrages - ». Mais ce serait, le cas de lui répondre, dans une langue qu'il ignorait un peu trop : (( Mtoti-rjO-sTa;. ^à)A6v t',; y, iki^r^TZ'^y.i.. »
Quant à juger si l'enthousiasme de Winckelmann ne l'a pas entraîné hors des hornes de la critique et si, comme ses contemporains et ses compatriotes le lui ont reproché, parfois non sans aigreur, il n'a pas souvent confondu dans ses « hymnes ^ » l'interprétation et la vision, ce n'est pas le lieu de l'examiner. Notre objet n'est pas la critique de l'ouvrage, mais l'explication de sa fortune. Une pensée comme celle-ci : « Donnant sans ménagement dans l'idéal, les Grecs travaillaient d'après un système généralement adopté plutôt que d'après la nature », pouvait être une grave erreur, et mieux servir son but que ne l'eût fait la vérité. Pour un motif analogue, nous n'étudierons pas la valeur des œuvres qui jettent Winckelmann dans des accès de lyrisme. Que le Laocoon, le Torse, l'Apollon, aient été trop vantés, et qu'une critique plus fine et mieux informée
1. Voici comment il croit pouvoir caractériser leur sculpture : « Ces belles proportions qui, s'il était permis de le dire, corrigent la nature et servent à rendre son expression plus élégante, cette belle facilité, ce beau travail, cette belle composition, ce beau choix de la nature, cet heureux balancement, cet agréable contraste caché avec tant d'art, cette belle simplicité qui seule conduit au sublime, cette variété si précise (?) dans la noblesse des passions, cette convenance dans l'expression des muscles et de la chair,.., enfin, la divinité représentée^ devinrent la manière et la façon d'opérer presque générale des sculpteurs grecs. » {Mém. de VAc. des inscr., XXIII, 310.)
2. W. écrit encore : « Pour parler de l'Apollon, il faut le style le plus sublime, et une élévation d'esprit au-dessus de tout ce qui tient à l'homme. 11 est impossible de vous dire quelle sensation produit la vue de cet ouvrage. » (A Franken, Rome, 20 mars 1756.)