‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 188 sur 197 · V. Perrot et Cliipiez, Hist. de l'Art, 1 et II · texte numérisé non relu

V. Perrot et Cliipiez, Hist. de l'Art, 1 et II

méthode pour Fexplication du premier art grec . Gomment ne pas le louer de ces à peu j^rès si propres à mettre la science dans sa vraie voie, à une époque où l'obscurité profonde qui enveloppe Tart lui dicte ces lignes : « Nous sommes comme des aveugles qui cherchent à tâtons et saisissent plusieurs objets avant de rencontrer celui qu'ils cherchent »? C'est donc la sûreté de cette marche générale, en dépit des faux pas, qui le recommande à notre estime. Il a eu, à un degré Irès élevé, l'instinct de la science telle qu'on pouvait non la réaliser encore, mais la rêver. Il a eu encore, fait non moins remarquable, le sentiment de ce provisoire qui devait, longtemps encore, frapper de discrédit la plupart des solutions particulières, ce qui ne l'empêchait pas de les trouver nécessaires, quoique, et même parce que provisoires. Lui qui symbolise la science sous cette figure <( d'hommes qui grimpent sur les épaules les uns des autres », écrit encore avec une admirable loyauté : « J'ai dit alors ce que je savais; j'en agis de même aujourd'hui, et je ne sais ce que je dirai dans la suite^ si, en acquérant de nouvelles connaissances, si en comparant les monuments connus avec des monuments que je ne connaissais pas,... je suis forcé de convenir que je me suis encore trompé. L'aveu de mes erreurs servira du moins d'exemple. C'est dire assez que je ne demande aucune indulgence pour celles qui me sont échappées : les hommes doivent-ils avoir d'autre objet que la vérité? * »

Pour tant de raisons, il méritait de survivre et, quoi qu'on dise, il a survécu. Ou plutôt, son influence a duré plus que son nom. Il a créé à la science des besoins nouveaux qu'il a fallu satisfaire : il a tracé à l'archéologue de nouveaux devoirs dont celui-ci ne s'est plus impunément

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