Recueil, III, Préface, xxvij-iij
CONCLUSION
écarté. Sans doute cette répugnance à étudier les chefsd'œuvre dénote une grande faiblesse de jugement; mais presque tout le reste est à retenir. Il a voulu, il a su créer un enseignement de l'art ancien tiré uniquement de l'étude intrinsèque et de l'observation technique : il est parvenu à déchiffrer un monument comme on lit un manuscrit. Cette éducation de la main et de l'œil, indispensable à tout archéologue sérieux, alors tout à fait inconnue, Caylus l'a du premier coup portée à sa perfection. C'est là qu'il triomphe; c'est par là qu'il aura toujours, dans l'histoire des études archéologiques, une place à part. On ajustement dit que « son œil était plus fm que son goiit * ». Son mérite sera précisément d'avoir démontré l'importance de l'œil. A ceux qui, après lui, eurent le goût, Caylus a fourni le reste. Winckelmann lui doit tout ce qui, dans son œuvre, est, non pure inspiration, mais interprétation fine et juste. Il serait, sans Caylus, un miracle de la science. Caylus l'explique, sans d'ailleurs le diminuer. Et depuis lors, que de services rendus par cet esprit nouveau que notre antiquaire a infusé dans l'archéologie ! Cela sauterait aux yeux si quelque fervent avait pris la peine , à la mort de Caylus, de résumer et de condenser sa doctrine. Où sont, hélas! ces « deux ou trois volumes excellents » que l'on eût tirés de son œuvre, comme l'écrivait si bien M. de Calvière à son ami Calvet? ^ Ce n'est pas en France qu'ils ont paru, mais en Allemagne. Et sans doute, disons-le en passant, c'est là une des raisons pour lesquelles Caylus est traité de l'autre côté du Rhin avec une justice et une déférence qu'il n'a jamais obtenues chez nous ^