Villot, Cabinet de l'Amateur, IV, n
Cependant, même sur ce dernier article, il faut distinguer les époques. A les prendre en bloc, on serait trop sévère. CavUis, au début, n'est rien moins qu'un cynique. Entre la vingtième et la trentième année, c'est plutôt un observateur, voire un sentimental \ Le surnom que lui donne sa mère, \e philosophe, est déjà significatif. Il incline au moraliste. Il aime h consigner par écrit une réflexion, à commenter l'impression qu'il reçoit des hommes et des choses. Lui-même, dans ces confidences qui furent courtes et pour cause ^, lui-même s'analyse^ s'étudie avec un mélange de complaisance et de sincérité qui n'est pas sans charme. Dans les feuillets très authentiques des Mémoires et Réflexions ^ nous pouvons prendre au vif la vie intime de Caylus dans la période de transition, entre l'adolescence et l'âge viril. Il y règne une délicatesse de goûts et de sentiments dont il faut certainement faire honneur à cette mère cliarmante qu'il aima jusqu'à en devenir meilleur. Sur Paris, sur la société, sur les mœurs, il jette en passant plus d'un joli et piquant aperçu \ Sur les femmes, la note
1. « Le rossignol chanle toujours la même chose et cependant il plaît : c'est qu'il chante l'amour, c'est qu'il aime. En effet, rien se peut-il comparer au charme de la voix dans im cœur persuadé? » (Mem. etRéfl.^ 22.) — Cette dernière ligne, pour qui connaît le personnage, est tout à fait étonnante.
2. Les derniers feuillets de Mémoires et Réflexions, d'une date bien postérieure, ne nous donnent plus que des anas, ou des bons mots. A cette date, Caylus n'est plus qu'un conteur égrillard; le sentiment n'a rien à voir avec ce qu'il écrit.