‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 30 sur 197 · Vie de Watteau · texte numérisé non relu

Vie de Watteau

3. E. Raunié, Notice historique sur Mme de Caylus, XX {op. cit.). Lettre du duc du Maine, 18 avril 1727.

plaudir que rien n'eût transpiré de sa dernière et de sa plus imprudente visée.

La fin de sa vie fut calme et souriante. Retenue depuis longtemps dans sa chambre par la maladie, elle y recevait encore des hommages que justifiaient son esprit toujours alerte, son inaltérable gaieté. Tantôt c'était Fabbé Gonti, un artiste et un savant, qui, venant de voir Newton à Londres, s'arrêtait à Paris pour connaître Mme de Gaylus, s'attachait à elle, recevait ses confidences, et traduisait en amitié pour le fils Fadmiration qu'il avait conçue pour la mère \ Tantôt c'était le peintre de la cour de Charles II, Hamilton, — mais un Hamilton désenchanté, fatigué, point aimable : rencontre singulière d'esprits et de talents jumeaux qui a fourni prétexte à de piquants rapprochements ^ Le comte assistait ainsi, entre une visite chez la mère de Sophie Arnould ^ et une séance chez les intendants des Menu^-Plaisirs, aux dernières scènes du grand siècle, que les rares survivants jouaient sous ses yeux sans fard, sans costume et sans étiquette.

Il voulut fixer le souvenir de ces entretiens. « Mme sa mère étant malade, raconte Marin ^, il lui faisait une fidèle compagnie. Il lui conseilla un jour de se distraire de ses maux en lui dictant des anecdotes delà cour de Louis XIV. Elle répondit que sa tête n'était pas assez libre pour donner une forme convenable à des mémoires. — Eh bien, répliqua M. de Caylus, nous intitulerons cela Souvenirs, et vous ne

■1. Sur l'abbé Conti, noble vénitien (1677-1749), voir H. Bonhomme (op. cit.), en tête des lettres du comte de Caylus à l'abbé. — De la double correspondance de Conti avec la mère et le fils, il ne reste rien. On a quelques billets à peine de Mme de Caylus, et dix lettres du comte.

2. Voisenon, A?îecd. litter., et Sainte-Beuve, Limc/w, 1, 106. Peut-on cependant faire observer que, de ces deux charmants écrivains, le plus viril est celui que Sainte-Beuve appelle joliment, mais inexactement peut-être, un Hamilton en femmel

3. Correspondance de Sophie Arnould, publiée par les Concourt. Caylus y est mentionné comme un habitué de la maison.

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