‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 31 sur 197 · Lettres de Marin, Appendice de l'édition Raunié · texte numérisé non relu

Lettres de Marin, Appendice de l'édition Raunié

SA JEUNESSE

serez assujettie à aucun ordre de date, à aucune liaison. Mme de Caylus y consentit, et c'est au pied de son lit que M. de Caylus écrivit cet ouvrage sous la dictée de sa mère \ »

On sait que le comte se refusa toujours à laisser imprimer ce manuscrit. Il en donnait parfois lecture à quelques intimes; cependant il craignit de le confier à Mme Geoffrin, chez qui il aurait pu être dérobé ou transcrit : c'est Marin qui fut chargé d'aller le lire chez elle. On connaît aussi l'anecdote que raconte cet ancien secrétaire du comte sur l'édition de Hollande ^ et la fortune que le livre eut depuis. Nous n'avons donc ni à en écrire l'histoire, ni surtout à l'apprécier après Sainte-Beuve. Mais ce livre en rappelle un autre, dont il faut dire un mot.

Vers l'époque où Marin écrivait la lettre dont nous avons cité un passage, un ancien fonctionnaire de la Convention, Sérieys, publiait un ouvrage sous ce titre singulier : Souvenirs du comte de Caylus^ pour faire suite à ceux de Mme sa mère^. Le contenu, il est vrai, ne répond nullement à ce titre retentissant. Celui-ci fut évidemment une supercherie, inventée par un éditeur aux abois pour amorcer le lecteur. Cependant il faut être juste : les pièces publiées sont authentiques. Sérieys, que les critiques ont tant maltraité, non sans raison \ s'est contenté d'être un

1. L'homme « à la perruque hérissée, à l'habit brun à boutons de cuivre », que nous représente M. de Lescure dans sa jolie, mais un peu romanesque Notice^ est le Caylus de Grimm, le vieillard bourru et original de la tradition, non pas le mondain aimable, le fils tendre que nous connaissons maintenant.

2. Diderot aurait fait copier le manuscrit par surprise. Pourtant, la première édition est incontestablement due à Voltaire. Il est probable que Marin se trompe de bonne foi.

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