‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 34 sur 197 · Lettre à Conti, 5 janv · texte numérisé non relu

Lettre à Conti, 5 janv

4. « Il fit hommage au roi pour toutes ses terres en 1729, savoir : le comté de Caylus, la baronnie de Landorre », etc., etc. {Généal. du P. Prosper, loc. c^ï.) L'auteur ajoute qu'il ne fit que de rares voyages en Rouergue. Nous croyons bien que ce fut le premier et le dernier.

SA JEUNESSE

s'occuper de ses « affaires », qu'il a en horreur; avec son frère le chevalier, toutes les dispositions ont été prises comme on pouvait l'attendre de son caractère. « Nous avons arrangé nos affaires comme deux bons amis. » Sans doute le jeune marin, qui avait déjà tant à se louer du dévouement de Gaylus, eut alors de nouvelles preuves de sa générosité \ Attentif et délicat jusqu'au bout, Gaylus n'oublia pas non plus les domestiques de sa mère : chacun eut une rente proportionnée à la durée et à l'importance de ses services ^

Cependant sa solitude est déjà moins cruelle. La présence de Mme de Bolingbroke, arrivée récemment de Londres, permet à sa douleur de se soulager en s'épanchant. Son âme n'en est pas moins meurtrie : « Quelqu'un dont rien au monde ^ne pourra me consoler ». Si, par hasard, au courant de la même année (1730), il s'échappe à quelque boutade de morale épicurienne, la moindre allusion le replie sur lui-même et sur sa douleur. Plus de dix-huit mois après son épreuve, voici le langage qu'il tient à un ami : « Ne craignez point de renouveler mes douleurs en me parlant de ma pauvre mère. La perte que j'ai faite est plus présente à mon esprit qu'elle ne fut jamais. J'éprouve chaque jour cette cruelle séparation....

1. Caylus obtint vers cette époque du cardinal de Fleury une pension de deux mille livres pour son frère. « Il faut, remarque-t-il justement, regarder cet événement comme une grâce dans une cour économe. » (5 janv. 1730.) — Le chevalier de Caylus, deux ans auparavant, avait été fait capitaine de vaisseau à vingt-trois ans. Cette nomination, due évidemment à l'amitié de Maurepas pour son frère, avait fait beaucoup de mécontents. Mlle Aïssé se fait l'écho de ces plaintes dans une lettre à Mme de Calandrini (Lettres de Mlle A. à Mme de Cal., p. 182) : « M. le chev. de Caylus, qui était colonel réformé, a été fait, de plein saut, capitaine de vaisseau : il passe sur le ventre de mille officiers qui ont cinquante années de service », etc. — Il est vrai qu'il annonçait une grande vocation pour la mer, vocation qu'il tenait de son grand-père et de son oncle le lieutenant général. <c L'on convient, sans vouloir me flatter, écrivait le comte, qu'il y a en lui de quoi faire un grand homme de mer. Un homme d'esprit de la marine a dit de lui qu'il était né marin comme un autre naissait poète. » (5 janv. 1730.)

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