‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 5 sur 197 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

choses en suspension qui sont le meilleur d'un esprit, quand cet esprit, hanté de découvertes, dit moins qu'il ne donne à penser. Se borner aux répétitions indispensables, utiUser le détail sans en abuser, fixer enfin l'unité intellectuelle d'une œuvre composite, délicate entreprise, que nous ne nous flattons point d'avoir su mener à bien. Nous pouvons du moins annoncer la disposition matérielle de notre travail.

L'homme d'abord : il est peu connu, mal expliqué. Son caractère, pour difficile à comprendre qu'il paraisse, n'est pourtant pas une énigme. Si les faits et les dates manquent dans cette vie, les traits moraux sont assez accusés pour lui donner un relief singulier. Le lecteur ne sera peut-être pas pris, pour notre héros, d'une sympathie particulière. Il ne pourra toutefois lui refuser quelques-unes des vertus que Mme de Gaylus remarquait chez son fils enfant, la franchise, la délicatesse, une incroyable volonté. Mais surtout il en admirera l'originalité profonde. La carrure de Gaylus le frappera, comme un de ces rares exemples d'une personnalité qui s'accroît constamment et fait de plus en plus saifiie sur les autres, aussi rebelle aux contraintes du monde qu'insensible aux retouches de l'âge.

L'œuvre ensuite, l'œuvre double et une, dans ces deux domaines de l'art et de l'archéologie qui n'étaient pour Gaylus que le prolongement l'un de l'autre, et qui ne font qu'un à dater de lui. On étudie en lui l'artiste et le critique. Grande fut son influence dans les arts : l'érudition moderne peut en sourire; il n'en aura pas moins

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