‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 6 sur 197 · AVANT-PROPOS. XIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XIII

laissé, comme on l'a dit justement, sa trace dans l'histoire de Fart au xvni" siècle \ Mais en quoi et comment? C'est ce que nous nous sommes attaché à préciser. Le hasard a secondé nos efforts. Quelques discours retrouvés par Jjonheur nous ont permis d'être, là-dessus, moins vague que nos prédécesseurs, et de donner à nos assertions quelque consistance.

Pour la partie archéologique, nous avons cherché à étabhr que Gaylus avait jeté quelques bases définitives de la science que Winckelmann passe pour avoir inaugurée de toutes pièces, et à montrer ce qui a passé de Gaylus chez Winckelmann, tout en maintenant l'antithèse et l'antipathie de Winckelmann et de Gaylus. L'un aide à sentir l'autre, et, à notre sens, le complète. On dira que nous prenons de haut un point de comparaison pour l'antiquaire français. Le reproche n'est pas pour nous déplaire. On a été chez nous si peu ambitieux pour Gaylus, que nous courons volontiers le risque de l'être un peu trop. Les critiques allemands, dans ce cas, nous ont donné l'exemple ^ Nous avons eu constamment leurs articles sous les yeux, ainsi que les pages si substantielles de M. Maury. On s'en apercevra à la lecture. Toutefois, si nous n'infirmons aucun de leurs jugements, et pour cause, on se convaincra que notre enquête nous est bien personnelle. Sur la critique, sur la méthode de Gaylus, presque tout était à dire, et surtout à prouver.

1. Mém. inédits de l'Académie roi/ale. Paris, 1854, 2 vol. in-8, par Dussieux, Soulié, etc. Introduclion, XXXU.

2. Outre les deux précités, voir encore Heyne, Éloge de Winckelmann, en tète de la traduction française de Jansen.

Xl\ AVANT-PROPOS.

Nous n'avons pas craint d'y insister longuement, persuadé qu'un exposé plus plein, plus arrondi, amènerait le lecteur à des conclusions inévitables, et surtout qu'il démontrerait la cohésion parfaite de l'œuvre de Gaylus jusque dans ses parties en apparence les plus désunies.

On voit que, sans prétendre à renouveler le sujet, nous n'abdiquons pas l'espoir de l'avoir quelque peu enrichi. Sans nous piquer nullement d'érudition, nous avons tâché d'être exact; nous n'avons pas négligé non plus les sources manuscrites. Disons tout de suite qu'elles ont pu nous fournir des détails intéressants, mais pas de vraie découverte. C'est comme une opinion répandue que Gaylus aurait laissé des manuscrits importants. Il est vrai qu'on retrouve un peu partout sa trace. Ses papiers ont été dispersés dans toutes les directions après sa mort; ils étaient probablement aussi sans beaucoup d'ordre durant sa vie. Gaylus conservait, paperassait, mais ne classait pas. Après enquête^ nous croyons pouvoir affirmer qu'aucun dépôt public de Paris ne contient rien d'essentiel. Tout ce qu'il était utile de relever, nous le signalons au passage. — Pour la province, il est certain qu'un assez grand nombre de lettres de Gaylus sont égarées dans les villes où celui-ci comptait des correspondants. Nous avons essayé de suivre quelques-unes de ces pistes, inutilement, sauf pour un cas. Mais la correspondance qu'un ami nous a signalée d'Avignon \ quoique

1. Correspondance de Gaylus avec Calvet (SM lettres ou billets, soigneusement classés, au Muséum Calvet). Nous devons cette découverte à l'ohliiicance de feu M. Cerquand, inspecteur honoraire d'Académie, docteur es lettres.

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assez considérable en son genre (Gaylus ne semble pas en avoir eu de plus suivie après celle de Paciaudii, perd tout intérêt auprès de celle qu'a publiée M. Ch. Nisard. On peut présumer que les pages oubliées dans les archives de nos autres départements ou de l'étranger ne sont pas d'une valeur supérieure, et nous en avons la preuve indirecte dans quelques billets conservés à la Sorbonne.

En terminant, l'auteur de cette simple étude demande riiidulgence pour ce premier travail. A défaut d'autre mérite, il espère qu'on lui reconnaîtra la conscience et la sincérité. S'il avait pu se flatter d'en avoir quelque autre, il en eût fait honneur à ses excellents maîtres, à ceux qui, en inaugurant chez nous l'enseignement archéologique, ont exposé avec tant de sympathie dans leurs leçons l'histoire des antiquaires français

Nous adressons nos remercîments à tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont aidé pour ce travail de leurs conseils et de leur inépuisable obligeance. Nous ne pouvons les citer tous ici; mais nous ne saurions taire les noms de MM. Charles Henry, le jeune et savant bibliothécaire de la Sorbonne; Eug. Miintz, conservateur de la Bibhothèque des Beaux-arts; Ludovic Lalanne, conservateur de la Bibliothèque de l'Institut; et Louis Farges, attaché au ministère des Affaires étrangères. Qu'ils reçoivent ici l'hommage de notre vive gratitude.

1. MM. Georije Porrot et Max. Colliiifnon, cours des années lS"iO-188:> à la Sorbon n o.

Paris, 14 janvier 1889.

ESSAI

SUR LE

COMTE DE GAYLUS

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