‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 61 sur 197 · Le grand ouvrage sur les Antiquités d' Herculanum · texte numérisé non relu

Le grand ouvrage sur les Antiquités d' Herculanum

3. Plus exactement, de décembre 1761 à août 1762 environ. Il accompagnait l'abbé Lanti, chargé de porter la barrette à MM. de Choiseul et Rohan, créés cardinaux par Clément XIII, le 23 novembre 1761.

copieuse notice que lui a consacrée M. Ch. Nisard 11 offre, dans ses lettres, un piquant contraste avec Caylus. Fin et pourtant naïf, bonhomme avec une pointe de causticité, il est de ces Italiens « religieux et bien élevés » auxquels en imposent toujours la noblesse et la fortune : Caylus n'est pas seulement pour lui un savant, il est (( il sig'nor conte », cornes spectatissimus, vir nohilissimus. Aussi est-il plus que déférent, obséquieux. Le ton de Caylus, familier non sans brusquerie, le met un peu plus à Taise. Mais on sent toujours chez lui le respect, et, si son correspondant s'emporte à quelque boutade hardie ou brutale, ce respect redouble. Savant d'ailleurs comme les ecclésiastiques savaient seuls l'être à cette époque, il a justement ce qui manque le plus à Caylus : l'érudition livresque, la familière connaissance des textes. S'il ne peut, d'aventure, lui envoyer le fameux « quintal d'antiquités » dont ils riaient si fort ensemble ^, il parfait le poids par de bonnes citations, d'excellents renvois aux auteurs, précieux bagage qu'il n'achetait pas au marché et dont il ne présentait jamais la note. Son dévouement est donc absolu. Absolue aussi sa discrétion. Il faut comme lui faire violence pour le citer; si Caylus insère pour lui faire honneur une lettre entière de lui dans son Recueil^ le voilà dans les transes. Il n'est pas sacrifié, comme on l'a prétendu^; mais il renonce de lui-même. Il a déjà beaucoup produit quand Barthélémy le découvre ^ : l'œuvre de Caylus le séduit au point de le dégoûter des siennes pro-

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