‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 62 sur 197 · En tête de la Correspondance (i-ciii · texte numérisé non relu

En tête de la Correspondance (i-ciii

2. Allusion à une promesse moitié naïve, moitié narquoise, faite à Caylus par l'abbé Galiani.

3. Pour ses ennemis, Caylus n'est qu'un plagiaire, et de la plus vulgaire espèce. C'est encore ce qu'il est dans Quérard, qui voit naturellement des supercheries partout. {Supercheries littéraires.)

4. Voir la liste de ses œuvres dans Barthélémy [Voyage en Italie, 1. XLV) quand celui-ci le propose à l'Académie des inscriptions. — Voir ces œuvres appréciées dans Ch. Nisard, Notice (pp. cit.).

près; il la suit, il s'y absorbe, il en jouit. Pour satisfaire son « cber comte », il a des émissaires {scriitarii) qui fouillent Rome et Naples, la Sicile et l'Asie Mineure. A-t-il acquit quelque bel anémomètre dont la contemplation réjouit son cœur d'antiquaire, il le cédera, s'il plaît à Caylus. Il envoie, sans qu'on le lui demande, des dissertations entières, de véritables traités où le nom seul reste à mettre : mais il compte sans la délicatesse de Caylus qui est curieux, et non cupide, emprunteur et non plagiaire. L'anémomètre est refusé, le de Talo lusorio renvoyé à l'auteur. Caylus n'entend pas qu'on passe les bornes : il règle lui-même les degrés d'obligation qu'il veut avoir aux gens, toujours d'un ton net, sans réplique. Au surplus, il donne des ordres assez nombreux, assez exigeants, pour que, à le satisfaire, Paciaudi trouve de quoi s'occuper. Voyons donc sur quel pied il met ce fournisseur d'un nouveau genre. L'esprit de l'œuvre est déjà dans les commandes.

(( La beauté et la perfection du goût dans les morceaux, écrit-il, me font autant de plaisir qu'à un autre; mais leur possession n'est qu'un plaisir solitaire. La singularité d'un outil, d'une opération technique, produit l'instrument et le piquant de l'explication. Et quand les morceaux les plus humbles seraient plus chers que les beaux (ce qui n'arrive pas d'ordinaire dans la curiosité), on en serait consolé, ou pour mieux dire on en serait charmé par le parti qu'on est assuré d'en tirer, et l'utilité dont on peut être aux artistes et aux hommes véritablement curieux \ » On voit à plein le paradoxe de Caylus, ou, pour être plus exact, le terrain sur lequel il entend établir ses recherches. C'est celui de l'expérience et de la découverte. Une belle chose, par cela même qu'elle est pure et parfaite, provoque une émo-

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