L. VII
tioli complète en elle-même, qui, en satisfaisant le désir, l'éteint. En ce sens, elle n'apprend rien, selon Caylus, puisqu'elle contente l'esprit, au lieu de le piquer. L'émotion pour elle-même n'est point ce qu'il poursuit. Il veut s'instruire, non pas au sens moral du mot, mais au sens pratique et technique. Non toutefois qu'il dédaigne la beauté; mais, en de telles études, elle est superflue, sinon gênante. C'est là sa façon de « travailler pour les artistes ». Par ce mot, qui revient sans cesse sous sa plume, il n'entend parler ni de théorie, ni d'expression, ni de composition, mais purement et simplement de métier \
Ainsi, chez ce contemporain de Winckelmann, chez ce patron officiel du grand art qui envoyait à Rome nos jeunes artistes pour s'y former à l'étude des chefs-d'œuvre, ce qui nous frappe d'abord, c'est ce dédain pour les grands morceaux, déclarés froids et d'inutilité publique. C'est ensuite cette conviction très arrêtée, d'où nous verrons sortir tant de curieuses recherches , que les procédés sont une partie considérable de Fart, et qu'en cette partie les anciens, les Grecs notamment, n'avaient pas de rivaux. Renouveler, perfectionner les procédés de l'art, c'est donc améliorer ses moyens d'expression, élargir son horizon, son cadre. Tels artisans, tel art. Or c'est en opérant in anima vih\ sur les bibelots antiques, qu'on a le plus de chance de retrouver ce qui s'est perdu. « Car nos modernes ont beau dire; ils veulent, par excès de vanité, tirer toute la couA^erture à eux. Plus je vais, et plus je vois que les anciens ont tout connu. Il est vrai qu'il faut distinguer les temps, car tout s'est aussi plusieurs fois perdu ^ »
1. « Plusieurs de ces guenilles m'ont fait trouver des opérations mécaniques très singulières et très utiles aux artistes, pour lesquels j'avoue que j'aime le plus à travailler. Je sais qu'ils sont ingrats, et qu'ils n'emploieront plusieurs articles démontrés, comme l'encaustique par exemple, qu'après ma mort; ils ne veulent pas me faire jouir de mon vivant; mon imagination y supplée. » (L. III.)