‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 67 sur 197 · Traité des pierres gravées. Paris · texte numérisé non relu

Traité des pierres gravées. Paris

2. Voir de Witte, Gaz. arch. du 16 mars 1877, Restaurateurs et faussaires contemporains.

GAYLUS ANTIQUAIRE. 113

tromper les plus profonds connaisseurs * ». On sait déjà enterrer des objets modernes, que d'habiles fouilles exhument comme par hasard devant de bonnes dupes. Le plus piquant, c'est que les savants se prononcent pour Fantique, et les brocanteurs experts pour le moderne ^ Quand Paciaudi a été victime de quelque supercherie, il fait son mea culpa et informe Gaylus en toute hâte. Celui-ci, d'ordinaire, n'a pas été pris. Au surplus, il y a un remède : envoyer les objets falsifiés en Allemagne, « où on les troquera avec beaucoup d'avantage ^ ». Parfois ces objets ne résistent pas aux préparations que Gaylus leur fait subir, et le premier avantage qu'il relire de sa méthode est d'être moins souvent trompé. Il plonge un jour dans un bain certaine figurine d'une teinte suspecte, bien que garantie antique. Quand il veut l'en retirer, elle est dissoute. Il en rit de bon cœur : (( Je marque les friponneries; celle-là n'est pas mauvaise S). Le cardinal Albani, qui a fait emplette d'une mosaïque fausse, ne rit pas, lui, « il jure comme un Turc ». Quant à l'abbé Contucci, « constamment un des plus grands antiquaires de l'Europe », il se laisse prendre à des inscriptions contrefaites, qu'il étale, dans le musée du Collège romain dont il est le garde, en compagnie de bien d'autres supercheries.

Il faut bien dire aussi qu'il y avait de la faute des antiquaires. Ils eussent voulu encourager les faussaires qu'ils ne s'y seraient pas mieux pris. On les voit sans cesse occupés à demander tel objet, qui manque à leur collection, avec telle couleur, telle grandeur, tels attributs : qu'ils s'étonnent si l'on cherche à les satisfaire, surtout quand ils y mettent le prix! A les entendre, il semble que le sol fut

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