Bibl. de la Sorbonne (mss
4. Ordonnance bien nécessaire, si l'on en juge par l'histoire du capucin Nicolas, que nous résumons ici : Une servante trouve un dépôt de médailles d'or sous le foyer rompu, et s'en confesse. Pour soulager la conscience de la fille, le capucin se les fait remettre, les apporte à Gre-
commandés par Caylus, pour étudier les marbres de France, leur nature, et sans doute préparer leur exploitation ^ ; là, c'est une adresse de remerciement signée par les représentants d'une ville dont Caylus patronne l'école de dessin ^; ailleurs, une visite sollicitée par le chef d'une maison d'éducation de Paris
Désormais, aucune fouille, aucune découverte de quelque importance ne lui échappe : ses correspondants, volontaires ou attitrés, sont un peu partout. Tantôt c'est un employé du gouverneur de la citadelle de Valenciennes qui se charge, moyennant finances, de ses acquisitions; tantôt c'est un savant de Lons-le-Saulnier, M. de Montrichard, avec lequel il troque et il échange. Mais son attention est surtout dirigée vers les antiquités de la France méridionale. Il médite de donner une suite au g^rand ouvrage de Desgodetz sous le titre à' Anliquités de la France'^ cette suite sera dédiée « aux mânes du grand Colbert ». Le voyage de Barthélémy, le rapport qu'il lui fait
noble chez un orfèvre, qui les fond en sa présence. Une partie va à la fille « pour son établissement ». D'une autre, le capucin fait un retable pour son église, et du reste il achète « une belle bibliothèque nécessaire à tout confesseur et missionnaire ». (Sérieys, op. cit., 1. XXIIl à Caylus.)
1. Voir une lettre autographiée (non imprimée) dans VIsographie des hommes célèbres, t. 1 (Paris, Delarue, 1843), adressée probablement à M. de Marigny. Voir encore une liasse de dessins sur des marbres du Havre dans les papiers de Caylus à la Sorbonne.
2. La ville de Reims. Adresse du 15 avril 1752 (mss de la Sorbonne).
3. « Ce 25 avril 1761 après-midi, M. Le Nonbre, maistre des comptes et administrateur de la maison du Saint-Esprit située attenant de l'Hôtel de Ville, est venu pour rendre compte à M. le comte de Quélus que les enfants de cette maison profitent des leçons de dessin que le sieur Humblot leur donne depuis un an; que cela est cause que moy, Le Nonbre, a fait acheter des prix par le conseil de M. Jorat (Jeaurat), garde des tableaux du Roy; que M. Benoist m'a flatté que M. le comte aurait la charité de venir examiner lui-même les dessins de ces jeunes élèves; que je désirerais ([u'il voulût bien me donner son séjour {sic) afin que quand le sieur Jorat viendra à Paris qu'il se rendît au Saint-Esprit le jour et l'heure ([ue M. le comte indiquera. » (Jdem.)
4. Les Édifices antiques de Rome dessinés et mesurés très exactement ^ Paris, 1682, in-f'\ — Colbert avait commandé à Nicolas Mignard, frère de Pierre, un semblable ouvrage sur les Antiquités de la France. La mort arrêta ce projet. (Voir Mariette, Abecedario.)
des antiquités de Nîmes, d'Arles, de Saint-Remy, l'entêtent dans ce généreux projet. Il veut ravoir les dessins de Nicolas Mignard, et entame dans ce but, auprès des héritiers de sa veuve, une série de négociations coûteuses, qui devaient aboutir à un si déplorable résultat \ Dans cette région, les curieux sont plus nombreux; on répond mieux à ses avances. D'Annonay, d'Alichamps (?), on le félicite, on le remercie, on lui fournit des renseignements. Enfin des émissaires, échelonnés le long du Rhône, fouillent pour lui la campagne après les fortes pluies, et le tiennent au courant des moindres découvertes.
Mais son correspondant le plus attentif dans les dernières années semble avoir été un antiquaire d'Avignon, homme de savoir et collectionneur curieux, le médecin Calvet, bienfaiteur de sa ville natale ^ Les lettres de Calvet, à l'exception de quelques-unes^, sont perdues; celles de Caylus, soigneusement conservées par le savant avignonnais et encore intactes sous leur couverture cartonnée, s'élèvent au nombre de quatre-vingt-cinq, distri-
1. L'ouvrage ne parut jamais, malgré les engagements solennels de Mariette, et même de Barthélémy. Pourquoi au juste? Il est difficile de le savoir. Mariette écrit à Paciaudi (voir Ch. Nisard, Introd., et lettres de Mariette), que les mesures données par Mignard, vérification faite, se trouvèrent fausses, que tout était à refaire, etc. — Mais le même Mariette ne parle pas ainsi à Calvet, Barthélémy non plus. D'après les lettres inédites de la bibliothèque d'Avignon, l'un et l'autre se plaindraient surtout de la concurrence que Clérisseau, un de nos meilleurs artistes, faisait à l'entreprise. Celui-ci vendit à l'Angleterre ses beaux dessins, et c'est ainsi que tout l'honneur de cette magnifique publication fut enlevé à la France. Mariette y fut pour ses frais, Barthélémy pour l'envoi inutile d'un architecte (un M. Mouton) dans le Midi; Calvet, le marquis de Calvière, et tous les savants de province, pour leurs protestations. L'ouvrage de Mignard ne pouvait désormais enchérir sur le beau volume de Clérisseau, Antiquités de France, monuments de Nîmes, etc., 1767.
2. Esprit-Claude-François Calvet, né à Avignon en 1728.. docteur en médecine en 1745, agrégé à l'université d'Avignon; un instant professeur d'anatomie. S'occupa ensuite d'histoire naturelle, de peinture, d'antiquités. Mourut en 1810. A laissé toutes ses collections, avec des biens fonciers, à sa ville natale : d'où le Muséum Calvet. (Nombreux papiers, correspondances, etc.) — Sur Calvet voir surtout sa Vie publiée en 1825 chez Seguin, à Avignon, 194 pages.