‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 77 sur 197 · L. XXXVllI, XXV, XIII · texte numérisé non relu

L. XXXVllI, XXV, XIII

2. En voici un exemple extrait des papiers de Calvet. Caylus et Maurepas, dans leur voyage, s'arrêtèrent à Lyon pour y visiter la bibliothèque des Jésuites et leurs antiquités. Le gardien, le P. Béraud, leur lit tout voir. Caylus remarqua particulièrement une épée antique. Un peu plus tard, il parla dans un de ses ouvrages des deux épées conservées à Lyon. Le P. Béraud, craignant d'être compromis, lui adressa une réclamation. 11 reçut aussitôt la réponse suivante : « Le diable m'emporte, mon rév. Père, si je n'ai cru que vous aviez deux épées antiques; voilà ce que c'est que d'écrire de mémoire. Je suis, etc., Caylus. » Calvet tenait l'anecdote du P. Béraud lui-même.

3. « Je continue donc à faire graver et à expliquer. Quand je serai mort, on fera ce qu'on voudra de ces ravaudages, un supplément si l'on veut, ou bien on en allumera le feu. Je ne m'oppose à rien; tout me sera fort égal alors, comme il l'est aujourd'hui. Mais en attendant je m'amuserai. » (L. LU.)

casion, on fait de bonnes gorges chaudes sur un collègue déplaisant, qui est « en Avignon » pour son mariage : « Quelque belle que soit la fdle aux yeux bleus et mourants, j'aime mieux que Ménard l'ait épousée que moi. Je doute qu'il ait fait une bonne affaire, mais je suis presque certain qu'elle n'en a pas fait une avantageuse ^ »

Voilà pour la bagatelle. Le reste, le sérieux, c'est la description et la discussion des antiquités locales, le détail des envois, des dessins, des échanges. C'est encore l'achat du cabinet de feu M. de Gaumont \ la négociation de l'affaire Mignard avec les derniers héritiers de Nicolas, le commencement d'une enquête sur certains des manuscrits de Peiresc. Calvet se tient constamment aux aguets, a l'œil partout, signale tout. Caylus reconnaît généreusement ces services. Il crée au savant de province des relations dans le monde savant de Paris. Il le met en rapport avec tous ses amis : avec Jussieu, qui lui parle histoire naturelle ; avec Pellerin, qui, malgré son grand âge et sa cécité presque complète, lui parle monnaies et médailles; avec M. de Bombarde, l'abbé Barthélémy, Mariette. Il obtient pour lui de l'Académie des inscriptions des lettres de correspondance ^ Ses prévenances l'entourent à toute occasion, s'étendent aux compagnies dont Calvet fait partie, à la ville même qu'il habite. Détail caractéristique : entre autres objets du muséum Calvet qui proviennent indirectement du comte, on trouverait jusqu'à une armoire destinée à conserver certains grands dessins de Parrocel;

1. 11 s'agit de Léon Ménard, l'historien de Nîmes, membre de l'Académie des inscriptions. (Voir sa Vie par A. Germain, in-4 de vn-144 p., Montpellier, 1857.) — La ville d'Avignon avait sollicité l'honneur de sa visite, et désirait qu'il écrivît une histoire de la localité qui eût fait pendant à celle de Nîmes.

2. Joseph de Seytres, marquis de Caumont, antiquaire avignonnais, correspondant de l'Académie des inscriptions. (Voir A. Maury, Ilist. de l'Acad. des inscript.)

Page 1