‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 83 sur 197 · Grimm {loc. cit · texte numérisé non relu

Grimm {loc. cit

milieu de la fièvre et des attaques, se fait « porter » à l'Académie, se traîne dans les rares maisons qu'il fréquente dans un état « à faire pitié ». Mais, qu'on lui demande des nouvelles de sa santé, il répond brusquement qu'il va bien, et tourne le dos. Quand il ne garde la sonde que vingtquatre heures, c'est si peu qu'il ne juge pas à propos d'en parler. Ses amis alarmés, Mariette et Paciaudi, glissent timidement quelques mots de religion : ils sont priés « de garder leurs conseils pour une occasion meilleure ». Le curé de la paroisse, M. Chapeau, se présente quelques jours avant la crise suprême. Caylus le congédie avec un calembour \ Il a peur, on le sent, que l'Eglise ne l'assiste malgré lui dans l'inconscience de l'agonie. Mourir lui est indifférent ; se sentir mourant le révolte. Pour chasser l'agonie, il achète, lit, écrit, expédie. C'est plus qu'une lutte, c'est un défi. La veille de sa mort, il se met en voiture avec le transport au cerveau ^ Il rentre, le délire le prend. Mariette va chercher un prêtre. Il est trop tard. Quelques heures après, il expire sur un lit chargé de papiers, de notes, de croquis. Ses dernières paroles sont pour recommander à Mariette l'ouvrage sur les antiquités de la France ; ses derniers regards vont à un groupe d'antiques, don récent d'un admirateur anonyme, d'un « citoyen du monde ». — C'était le 5 septembre 1765. Caylus était âgé de soixante-treize ans ^

Cette mort fut vivement ressentie par quelques rares amis ou admirateurs, par Mariette, Le Beau, Marin, Paciaudi, et même Barthélémy ^ Leur affliction devait trouver

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