Relu par Coypel, le 5 juillet
CAYLUS A L'ACADÉMIE ROYALE
Cependant le moment est venu où, après s'être trop et trop longtemps dispersé, cet esprit se recueille, se concentre et se fixe. On en peut placer la date aux environs de 1746. Caylus devient tout à coup un autre homme. Cet irrégulier est maintenant un assidu. Passionné pour les travaux de la compagnie, il va, bon gré mal gré, entraîner TAcadémie à sa suite, forcer à l'étude les plus récalcitrants. A quoi attribuer un cliang-ement si subit en apparence ? A l'âge évidemment, cause première d'un déplacement d'activité ^; sans doute aussi à la logique cachée qui préside à tous les écarts d'une vie où ce qui change, c'est le mouvement, non la direction; — mais surtout, selon nous du moins, à la rencontre, à point nommé, de trois hommes dévoués à l'art français, par lesquels Caylus entrevit une œuvre à faire, Le Normant de Tournehem, Bouchardon, Lépicié : l'un, directeur des Bâtiments et nouvellement promu à cette charge ; l'autre, sculpteur en qui la France saluait un nouveau Phidias; le troisième, secrétaire perpétuel de l'Académie, serviteur dévoué et artisan obscur de sa gloire ^. Nous ne pensons pas que ce rapprochement de noms ait ici rien de forcé. Quand on se rappelle que Caylus fut l'ami du premier, l'admirateur du second, le collaborateur du dernier, il est impossible de n'être pas frappé de cette coïncidence. Quoi qu'il en soit, c'est une vie nouvelle qui va commencer pour Caylus, aussi bien que pour l'iVcadémie.
Le premier acte de son autorité, si Ton peut ainsi dire, est le rétablissement des conférences. L'usage s'en était à peu près perdu. Caylus, dans un discours que nous avons été assez heureux pour retrouver, s'en fait le défenseur ^ Mieux que cela, il rappelle aux académiciens qu'ils ont