LES ÉPREUVES ET LES GRADES
Dans tous les mystères, les divers degrés de l'initiation étaient précédés d'épreuves, qui avaient pour objet de s'assurer de la foi du candidat et de la solidité de sa vocation. On lui imposait une attente de quelques mois, ou de quelques jours, qui était occupée par la prière, le jeûne et des abstinences variées. Nous savons par Apulée comment on se préparait, sous la direction d'un prêtre, à l'initiation des mystères d'Isis. Les épreuves des mystères de Mithra passaient pour les plus longues et les plus rudes. La secte ne voulait
(1) Justin : Apolog.,1, chap. xviii.
admettre que des hommes trempés par la souffrance, dont aucime surprise des sens ne pouvait déconcerter la volonté, parvenus à cet état d'insensibilité qu'on appelait Vapathie. On disait que •ces épreuves allaient parfois jusqu'au sacrifice de la vie ; soit que l'initié succombât à la violence de ia douleur ou à sa durée, soit qu'il dût pousser l'esprit d'obéissance jusqu'à donner la mort, sur l'ordre de ses chefs. Il est possible qu'à une époque déjà lointaine le mépris de la vie et le fanatisme religieux aient conduit à ces extrémités ; de pareils ■exemples ne sont pas rares chez les sectaires •orientaux. Mais, sous l'empire, Lampride nous -assure que ces homicides étaient simulés et que l'empereur Commode se souilla d'un crime inusité, en faisant suivre d'effet le geste commandé, et en 'Commettant un meurtre au cours de l'initiation. Plus tard, cette discipline dut encore fléchir, au moment de la grande faveur des mystères. Toutefois les mithriastes ne craignaient pas, par des rigueurs peu communes, de contenir l'empressement des fidèles : ils savaient qu'il est dans la nature de l'homme de n'attacher de prix qu'à une récompense qui lui a coûté peine et douleur.
Les épreuves étaient au nombre de douze et duraient probablement quatre-vingts jours (1). Ce chiffre se rapportait aux signes du Zodiaque et aux
(1) C'est ce qui ressort des textes de Nonnus, commentateur de •Grégoire de Naziance, i'Élias de Crète, de Nicétas de Serres, du Violarium de l'Impératrice Eudoxie. Voir Grég. de Naziance : ■Orat. 3 in Julian.
travaux de l'Hercule assyrien. Il rappelait ses douze victoires sur les monstres, gardiens des hôtelleries célestes, qui lui avaient mérité la tunique astrale et valu avec d'adoption des Dieux l'immortalité (1). Dans tous les mystères. Hercule était le modèle proposé aux initiés, il était le myste parfait.
De ces épreuves graduées, d'abord légères, puis de plus en plus pénibles — Grégoire de Naziance ies appelle des supplices — on ne connaît pas le détail exact. Elles comportaient des jeûnes prolongés, quelquefois de cinquante jours, dit Nicétas de Serres, l'abandon dans la solitude, l'épreuve des éléments, du feu, de l'eau, du fouet; le patient était enfoui dans la neige, traîné par les cbeveux dans des cloaques. Les injures et les dérisions s'ajoutaient à ces souffrances physiques.
Quelques-uns des monuments mi thriaques, parmi les nombreuses figures dont ils sont surchargés, permettent de distinguer certainement les épreuves imposées à l'initié. La plupart sont malheureusement mutilés, ou le temps en a effacé le relief. Le monument d'Heddernheim nous montre, en trois médaillons séparés par des pins, le myste vainqueur du taureau, le myste ceint de la couronne héliaque, c'est-à-dire, d'une auréole radiée, le myste introduit par la main de Mithra dans le ciel des bienheureux. C'est là comme la synthèse des ■épreuves avec la récompense qui les couronne. Un des plus complets de ces monuments, celui de
(1) Dion Ghrysost. : Orat. 33. Porphyre cité par Eusèbe : Pi^separ. Ev., lib. II!, c. xi. Servius : In ^weirf, lib. VI, v. 294.
92 ESSAI SUR LE CULTE ET LES MYSTÈRES DE MITflRA.
Mauls en Tyrol, offre, des deux côtés de l'image du tauroctone, douze compartiments superposés, où sont représentées distinctement l'épreuve du feu, celle de l'eau (un homme luttant à la nage contre le courant d'une rivière), celle du jeûne ou de la solitude (un homme couché nu dans un désert semé de rochers), celle du fouet, à moins que l'instrument brandi par le tortionnaire ne soit le poignard, destiné à donner au myste l'illusion d'une menace de mort. Les compartiments de droite semblent consacrés à l'anabase^ ou plutôt marquent les étapes vers l'apothéose. Ils nous font voir le myste reçu en grâce et pardonné, puis couronné par la main de Mithra du diadème héliaque, monté enfîii sur le char que dirige le Soleil et accueilli dans le ciel par des personnages, qui sont ou les dieux ou les bienheureux. La lecture de ce curieux monument doit se faire, croyons-nous, d'abord à gauche, puis à droite, en commençant dans les deux cas par la base. Au bas de la preniière série est figuré le taureau, seul et debout sur ses quatre pieds ; dans le compartiment qui lui répond à droite, et qui précède la scène de l'ascension vers la lumière, le taureau est vaincu, traîné par les pattes de derrière. Le même motif, avec des variantes, est seproduit en plusieurs monuments. Dans ceux de Sarmizsegetuza et d'Apulum, le taureau debout est monté; l'homme fait corps avec la bête. Dans celui de Neuenheim la légende est développée. Entre le taureau debout et le taureau traîné par les pieds, s'intercalent deux médaillons
représentaiit, Fun, l'homine portant la bête dans l'attitude de l'Hermès criophore, l'autre l'homme entraîné par la bête au galop. S'il n'est pas trop hasardeux de chercher l'explication de ces symboles, je dirais- que le taureau debout me semble représenter le principe matériel et charnel, dont l'initié doit se libérer pour mériter la récompense, le taureau vaincu signifier la victoire du myste. Les figures intermédiaires marqueraient les péripéties de la lutte. Dans nombre de cylindres chaldéens la défaite du monstre mythique s'exprime par des attitudes presque semblables. (4) Du monument de ZoUfeld, il ne reste que la scène de l'apothéose. Nous la citons, parceque l'enlèvement du myste sur le char du Soleil, précédé d'un Hermès psychopompe, reproduit exactement le dessin d'un vase grec représentant l'entrée d'Hercule dans rOlymphe. (2)
Les épreuves surmontées permettaient l'accès aux grades. La religion mithriaque instituait ainsi parmi les initiés une hiérarchie rigoureuse, selon le degré d'instruction ou l'intelligence de chacun, son dévouement à la communauté et les services rendus. Cette organisation avait l'avantage d'inculquer aux fidèles le principe d'obéissance, de les discipliner et de susciter entre eux une émulation salutaire. Le mithriacisme avait par là, avec ses mots de passe et se's signes mystérieux, comme on
(1) Dans le mémoire de R. Rochette, Insc. et B. L., Tom. XVII. Voir pi. II, no 9; pi. V, no 7, 18.pl. VI de 1 à 13.
(2) Gerhard. Antik. Bildwerke Cent. I.
l'a souvent fait remarquer, quelque analogie avec la iranc-maçonnérie .
On n'est d'accord ni sur le nombre des grades, ni sur leur ordre, ni même sur leurs noms. Le passage de saint Jérôme dans la lettre à Laeta, oii ils sont énumérés, est un des plus contestés des manuscrits et d'une lecture très incertaine. Lajard, tourmenté par l'idée fixe de retrouver partout le nombre douze, s'est évertué à créer des noms nouveaux, dont son imagination a fait tous les frais. Une saine critique commande de n'admettre que «eux que mentionnent expressément les textes anciens et les inscriptions. Or ils sont au nombre de sept, répondant ainsi à celui des planètes et aux ■degrés de l'échelle mystérieuse de Gelse. Ce sont, les Miles, le Léo, le Corax, le Gryphius, le Perses, î'Hélios, le Pater. La réception à chacun de ces grades était l'occasion d'autant de fêtes, dont les inscriptions gardaient le souvenir; les léontiques, les coraciques, les gryphiques, les persiques, les héliaques, les patriques.
Que signifient ces noms bizarres, empruntés pour la plupart à des êtres et à des animaux, soit réels, soit fantastiques, et à quelles conceptions répondent ils ? Le problème est des plus malaisés ; il a embarrassé les anciens eux-mêmes plus voisins que nous •de tels usages ; et ils n'ont pu lui donner une solution précise et satisfaisante. Plusieurs hypothèses -se présentent à l'esprit. Ces animaux représentaient ils les instincts primitifs de l'humanité, l'animalité primordiale dont le myste devait peu à peu se
ESSAI SUR LE CULTE ET LES MYSTÈRES DE MITHRA. 9î^
dépouiller pour libérer son âme? Plutarque au contraire voit dans les animaux des miroirs fidèles que nous offre la nature et démôle en eux des traits d'obscure similitude avec la puissance divine, comme le soleil se reproduit dans la goutte d'eau. Il explique ainsi l'adoration des animaux par les Egyptiens ; elle ne serait que la survivance d'un culte totémique, antérieur à l'organisation sacerdotale, et que l'on a observé au berceau de plusieurs peuples sauvages. Les quatre monstres qui apparaissent au prophète Ézéchiel, ceux en même nombre qui, dans l'Apocalypse, gardent le trône de Dieu, semblent rentrer dans la même formule ; ils expriment des manifestations de la puissance divine, ses propres attributs, sagesse, puissance, omniscience , pouvoir créateur. La signification des animaux mithriaques nous paraît toute différente. Porphyre émet, avec quelque restriction, l'idée qu'ils pourraient bien se rapporter à une doctrine de la transmigration des âmes, et que les^ mithriastes admettaient une sorte de parenté et de communauté entre l'homme et les animaux.
L'incertitude et les hésitations de Porphyre montrent à quel point restaient encore indécises les notions des contemporains sur la doctrine secrète des mystères. En réalité, la métempsycose est absolument étrangère au milhriacisme, comme elle l'est aussi aux religions d'Egypte ; l'erreur n'a pu venir que d'une confusion favorisée par les idées pythagoriciennes et les vagues connaissances qu'on pouvait avoir à Alexandrie du système religieux de
l'Inde. Mais le même Porphyre nous met sur la voie de la solution véritable, en nous rapportant un passage de Pallas, dont il n'a pu clairement pénétrer le sens. « L'opinion commune, dit cet historien, ■est que ces noms d'animaux et de monstres ont trait au zodiaque ; mais en réalité les mithriastes veulent faire entendre ainsi certains secrets sur l'âme, qu'ils représentent comme revêtue de diverses enveloppes corporelles » (i). Que l'on veuille bien se reporter à l'explication que nous avons donnée do l'anabase et de la catabase, à ces voyages de l'âme à travers les planètes, à ces enveloppes de plus en plus matérielles qu'elle reçoit à chacune de ces stations et qu'elle dépouille ensuite pour recouvrer sa piireté et sa spiritualité; on reconnaîtra que les travestissements successifs imposés à l'initié répondent à ces voyages planétaires, aux personnalités différentes qu'il revêt à chacune de ces stations, à l'allégement progressif qu'il en doit ressentir dans sa matérialité, à l'être nouveau qu'il devient à •chaque étape vers la, perfection et la vie bienheureuse.
Ilresteraità savoir quelles secrètes affinités les mithriastes supposaient entre les êtres symboliques qui figuraient les gradesde l'initiation et les vertu s des planètes. Mais ces rapports restent inconnus. Une telle explication a du moins pour elle de rentrer exactement dans l'esprit de l'enseignement dogmatique des mystères, elle est logique et en conformité avec la
doctrine. Peut-être pourrait-on la compléter, en admettant que, sous chacun de ses aspects nouveaux, le myste reflétait quelqu'une des vertus ou des actions particulières de Mitlira, considéré, tour à tour, comme le guerrier courageux en lutte contre le mal, le principe du feu, le messager de la saison de vie, le sauveur des hommes, etc. Les deux explications sont plausibles, et n'ont rien d'exclusif ni de contradictoire.
Ajoutons encore que les mithriastes n'étaient pas seuls à user envers les initiés de ces désignations bizarres. Les inscriptions révèlent des bœufs, des bouviers et des archibouviers dans les mystères de Sabazios et de Liber, des chevreaux dans les Orphiques, des ours et les boucs dans le culte de l'Artémis d'Ephèse.
Nous devons à Tertullien quelques renseignements sur la réception du Miles (1). Le myste, vainqueur des épreuves, doit refuser la couronne qui lui est présentée sur une épée : il la fait glisser sur son épaute et répond : « Mithra est ma seule couronne. » Comme le soldat enrôlé dans l'armée romaine, il est alors marqué d'un signe au front et fait partie de la milice sacrée (2). Le lion n'est plus un simple initié, il est déjà attaché au service du dieu; la plupart s'en tenaient à ce grade. Les femmes elles-mêmes pouvaient y prétendre et rece-
(1) Tertullien : De covonà, cap. XV.
(2) Les initiés d'autres cultes, de "celui de Cybèle par exemple, recevaient de même un sigae particulier. Sur la marque des soldats, voir Acla Maximiliani et aussi Végèce, 11, 5.
Gasquet. — Mithra. 9
vaient le nom de lionnes (1). La réception donnait lieu à d'étranges et obscures cérémonies, dont le sens nous échappe en partie. Le myste revêtait successivement les formes de divers animaux, dont il devait imiter les cris et les mouvements (2). On l'enveloppait du manteau mystique, bariolé des figures des constellations, semblable au voile olympique des éleusinies et des isiaques, à Vastrochitôn d'Hercule et à la nébride des dionysiaques. On lui purifiait avec le miel les mains, la bouche et la langue, ha corheaii était déjà un ministre inférieur du culte (3); son nom venait de la constellation, dont le lever héliaque annonce le solstice d'été ; pour la même' raison, chez les Grecs, le corbeau est consacré à Apollon (4) ; son image figure sur presque tous les monuments au-dessus ou à côté du tauroctone.
L'étrange figure du Griffon^ qui participe à la fois du lion et de l'aigle, dénonce par cette parenté seule des rapports certains avec les religions solaires. Il apparaît sur les monuments assyriens et chaldéens de toute époque. Le motif du griffon vainqueur du taureau, du bélier, du cerf, illustre nombre de médailles et de vases orientaux et grecs ; il se substitue à celui du lion, comme lui symbole du principe igné qui triomphe du principe humide,
(1) Porphyre : Be abstin., lY, IG.
(2) Idem, ibid. : « Alii sicut aves alas percutiunt, voceni coraris imitantes, alii vero leonum more fremunt. » {Quœstiones veleres, attrib. à saint Augustin. Migne, t. XXXIV, p. 2214.)
(3) Porphyre : De abst., IV. 16, •JTrspE-uo'jVTs;. (4J ^iien, De aiiim.., cap. XYIII.
figuré par les animaux herbivores. Les Grecs l'adoptèrent et lui firent place dans leur mythologie. Sur des vases Bacchus est représenté traîné par un griffon. Il sert de monture à Apollon quand le Dieu revient du pays des hyperboréens. Il est le gardien de l'or et des trésors cachés et son nom est associé à d'innombrables légendes orientales.
Bien plus intéressante est la figure du Perses; plus mystérieuse son origine. L'antiquité l'a identifié au Persée grec ; il parait avoir été dans les âges primitifs de la Grèce le premier exemplaire, le prototype du dieu solaire, vainqueur du dragon et du serpent. Son nom est mêlé aux plus lointaines légendes qui établissent les rapports mythiques des populations asiatiques avec les races qui bâtirent Argos et Mycènes. Xercès, peut-être pour flatter la vanité des Grecs et se gagner parmi eux des sympathies, publiait la parenté de sa race avec le héros qui délivra Andromède. Hérodote, de qui nous tenons ce détail, donne ailleurs à Persée le nom d' « assyrien » (1). Et telle paraît bien être son origine. Phérécyde rattache son mythe à la Phénicie, et l'on montrait en effet près de Joppé le rocher oii fut enchaînée la victime du dragon. Cette légende, remonterait plus loin encore, s'il faut voir, comme le croit Oppert, en Persée, le héros assyrien d'une aventure semblable à la délivrance d'Andromède (2). Dion Chrysostôme, Ammien
(1) Hérodote, VI, 54 éwv Ao-oùptoc.
(2) Voir Rev. archéoL, 1892; Lenormant, L'épopée babylonienne ; ^lien : Histoire des animaux, 'Mi, 21.
Marcellin font dePersée le fondateur de Tarse, cette ville, une des plus vieilles de l'Asie, dont l'origine assyrienne est incontestable et qui avait pour Dieu national ce Sandan, dont nous avons relevé l'étroite parenté avec Mithra (1).
Non moins curieux sont les éléments de la légende empruntés aux traditions persiques. Saint Justin qui semble attacher une importance toute particulière à Persée, nous met sur la voie de ces recherches. Il y revient à deux reprises dans son Apologie et dans le Dialogue contre Tryphon. Il voit en lui le Sauveur, né d'une vierge, que le démon oppose au Christ (2). Ce Sauveur ne serait-il pas ce Çaoshyo fils de la vierge Eredat-Fedhri, né de la semence de Zovoastre, et qui doit accomplir le dernier sacrifice et sauver aux derniers jours l'humanité? Comme les autres génies de la Perse, il finit par se confondre avec Mithra et par perdre en lui sa personnalité. UAvesta fait une claire allusion à sa destinée, le Bundehesch développe son rôle ; les légendes arméniennes et parses conservent à travers tout le moyen âge le souvenir de sa miraculeuse origine (3).
Le grade d'Hélius ou à'Héliodromus porte avec lui
(1) Dion Chrysost. : Oral., 23. Sur Tarse ; Amaiien Marc. Hist. XIV.
(2) S. Justin : Dial. cont. Triph., cap. LXX. « Quando autem ex Virgine audio Perseum, id quoque fraudulentum serpentem imitatum intelligo ». ApoL, I. ch. LIV. <i Qimm autem illud audissent ex Virgine nasciturum et per se ipsum in cœlum ascensurum, perl'ecerunt ut Perseus diceretur. »
(3) Avesta. Yescht des Ferouërs, carda, 30 ; Bundelies/i,cdcp. xxxii; Voir J. Darmesteter : Eludes iraniennes. Tom. II, p. 208.
son explication solaire. Dans les monuments mithriaques, on voile l'Héliiis, la tête ceinte de rayons debout à côté de Mithra sur le char qui le conduit au ciel (1).
Quant aux Patres^ ils constituaient le clergé proprement dit ; on leur donnait le nom d'éperviei^s et (V aigles. Porphyre distingue parmi eux trois degrés de prêtrise, que les inscriptions mentionnent également : les pères, les pères du culte {patres sacrorwn) et les pères des pères [patres patruin) (2). Le père des pères était le chef suprême de la religion. 11 est intéressant de noter que les mêmes degrés se retrouvent encore de nos jours chez les parsis de l'Inde, au témoignage d'Anquetil : le hobed^ qui a la connaissance des livres sacrés et des coutumes, le mobed, qui est l'ancien mage, et le ministre du culte; le mobeddesîoiir^ le chef religieux, chargé d'interpréter les difficultés de la loi, et dont la décision est souveraine