MESSALLA • ET SABINO • COS
L • MANTENNIVS • SABINVS • III ■
L • INSTEIVS • TERTVLLVS • I
L • LICINIVS • SABINVS
etc.
L'inscription nous montre que le Magisterium pouvait être exercé plusieurs fois, mais on mettait, d'ordinaire, un intervalle avant de renommer le même personnage.
(1) Tacite. Annal, XV, 23.
(2) Eph. Ep., III, p. 211,
(3) C. I. L., VI, 1987; XIV, 2391. Borghesi, trompé par une mauvaise copie, avait cru lire Ahbanorum Dovillensinm; il avait pensé également qu'il y avait une double colonne et, par conscqucnl, six magistri. La situation des noms des consuls et des dates ne permet pas cette hypothèse. La restitution ANtoninianorum a été abandonnée par son auteur mémo (Henzen). Cf. Orelli-Henzon, 6046. Borghesi, Œuv., IV, p. 174 et la note de L. Rénier.
Le collège des 5oda/es avait à son service des agents subalternes. Nous connaissons un viator Sodalium Augustalium (l).
Après la consécration de Vespasien une sodalité nouvelle fut instituée dont les membres portèrent le titre de Sodales Plaviales ; mais il semble que les fonctions du nouveau collège ne sont plus les mêmes que celles du collège précédent. On ne voit aucune allusion à des sacra de la Gens Flavia. Les Flavii sont des parvenus. Le grand-père de Vespasien, citoyen du municipe de Reate, fut centurion ou evocatus au temps de Pompée, et plus tard commis d'un banquier. Son père fut lui-même publicain et percepteur de l'impôt du quarantième en Asie. Suétone , qui nous donne ces détails, signale, il est vrai, des monuments qui témoigneraient, selon lui, de la splendeur et de l'ancienneté de la famiUe. Mais cette gloire était fort peu de chose (2). Dans ces conditions il ne pouvait y avoir de culte gentilice à conserver et les fonctions de? Sodales devaient être tout autres.
Que pouvaient-elles donc être, sinon le culte de l'empereur lui-même? Ainsi s'explique, à mon avis, l'incertitude que Ton trouve dans l'appellation du collège, et dont M. Dessau déclare ne pas voir la raison. Tantôt, en effet, le titre que portent ses membres est tantôt celui de Sodalis Flavialis (3) et tantôt celui de Sacerdos Flavialis (4). Cette considération explique encore pourquoi, après la consécration de Titus, les membres du collège prirent le titre de Titialesih). S'il s'était agi, comme pour les Augustales, du culte de la gens, l'appellation nouvelle' eut été inutile, puisque Titus, étant fils de Vespasien , appartenait comme lui à la gens Flavia. C'est donc l'empereur Flavius Vespasien , puis l'empereur Titus qu'honorèrent les Sodales ou Sacerdoles qui furent appelés d'abord Flaviales, puis Flaviales Titiales,
Le collège des Flaviales n'est mentionné qu'une fois dans les auteurs. Suétone nous rapporte que Domitien. qui aimait beaucoup les spectacles et qui institua des jeux de divei-s genres, présidait les courses déjeunes filles, chaussé et vêtu de pourpre à la grecque et portant sur la tête une couronne d'or où étaient lc> images de Jupiter, de Junon et de Minerve. Près de lui siégeaient
(2) Suétone, \espasien, 1.
(5) « Sacerdos Titialis Flavialis, » C. /. L., VI, 1523. Cf. VIII, 7062. — Sodalis Titialis, u Henzen, 6850.
le Flamen Dialis et le collège des Fluviales (1) vêtus comme lui , mais sur la couronne desquels était l'image de l'empereur. Comme le collège des Sociales Auguslales, celui des FUn-iales était choisi parmi les premiers personnages de Rome et indifféremment parmi les plébéiens et les patriciens (2).
Les inscriptions relatives aux Sodales Flaviales ne font aucune allusion à une intervention quelconque du sénat. Nous y voyons au contraire l'indication expresse de nominations faites par l'empereur. P. Porcins Optatus Flamma est dit : SacerdotÇio) Flaviali Tiliali judicio Dom{mi) n{ostri) sanclissimi et forlissi(mi i)mp{eratoris) Caes{a,ns) L. Septimi, Sever(i Per)tinacis ^«(gusti) PU exornalus (3).
On ignore le nombre des Flaviales. Orelli croit cependant trouver une indication à ce sujet dans une inscription de Pise ainsi conçue :
C • BELLICVS NATALIS TEBENIANVS COS 3rv VIR • FLAVIALIVM
Il conclut de là que los Flaviales étaient au nombre de quinze comme les Auguslales de six (i). L'assimilation repose sur une confusion entre les Sodales Auguslales et les Severi Auguslales. M. Dessau, qui ne fait pas cette confusion, pense cependant qu'il y a lieu de tenir compte du chiffre indiqué ici. M. Mommsen, au contraire, voit dans !e mot XVVIR une abréviation pour XVVIR sacris faciundis et par conséquent un titre différent de celui du Sodalis Flavialis (5). En présence de ce seul texte, il paraît difficile de donner raison à l'un ou à l'autre, et jusqu'à la découverte de nouveaux documents nous restons dans l'incertitude sur ce point.
Une inscription , citée par M. Allmer, mentionne, selon lui, un promagister des Sodales et ferait supposer que les Flaviales avaient des magislri, comme en avaient les Auguslales; mais il faut remarquer que nous sommes en présence d'une restitution qu'aucun texte n'autorise (6). Gomme les Sodales Auguslales, les Flaviales avaient à leur service des publia (7).
(1) Suétone, Domilien, 4.
(2) Plébéiens, C. /. /.., VI, 1333, 1523; Patriciens, XIV, 5012, etc.
(4) Orelli, 2375. « Uti erant seviri Auguslales, ita xv viri flaviales. Cf. C. /. L., XI, 1430.
(5) Eph. Ep , III, p. 213, n. 1. Borman, C. I. L., XI, 1430 est pour l'o|>inion de Dessau.
(6) Allmer, Revue épigr. du midi de la France, n. 43.
(7) Eph. Ep., IV, p. 303, n. 831.
LES PRÊTRES DES DIVl. 89
Après la consécration de Nerva et celle de Trajan, on n'institua ni Sodales Cocceialcs ni Ulpiales. La raison que M. Mommsen donne de ce fait vient à l'appui de la théorie énoncée plus haut. « En ce moment, » dit-il, « les cultes gentilices avaient disparu, et, par conséquent, il n'était pas nécessaire qu'on créât de collèges pour les conserver (1). » Quand Antonin le Pieux eut arraché au Sénat l'apothéose d'Hadrien , il rétablit en son honneur l'usage des sodaiités (2), mais il tint compte du changement survenu. Le collège nouveau ne porta pas de nom gentilice. Il eut pour titre le nom de l'empereur, et ses membres s'appelèrent Sodales Hadrianales. Le mode de recrutement et l'organisation furent copiés sur ce qui s'était fait jusqu'à ce moment (3).
Ainsi rajeunie, l'institution prit une nouvelle vigueur, et Antonin eut, après sa mort, des Sodales Antoniniani (4). C'est par erreur , et en transportant à l'époque d'Antonin le nom qui leur fut donné après la consécration de Marc-Aurèle, que Gapitolin les appelle Sodales Aureliani (b). Lui-même leur avait donné le nom (T Antoniniani , et toutes les inscriptions antérieures à Marc- Aurèle ne mentionnent que ce titre (6).
Les remarques précédentes nous amènent à rejeter l'explication que Borghesi donne de cette double appellation (7). D'après lui, le titre le plus général eût été Aureliani, nom tiré de la gens Aurélia, et les Sodales Aureliani auraient été pour cette gens ce que les Flaviales étaient pour la gens Flavia.
La preuve qu'il apporte à l'appui de cette hypothèse est une inscription qui mentionne des Sodales Aureliani Antoniniani (8). Il refuse d'admettre qu'ici les adjectifs viennent du nom de Marc- Aurèle Antonin. Pourquoi cette supposition n'est-elle pas permise? Borghesi ne le dit pas. La seule raison qui pourrait empêcher de la faire serait la théorie d'après laquelle les sodaiités seraient tou-
(1) Mommsen, Staatsrecht, II, p. 718.
(2)Spartien, Hadrien, 27.
(3) Nous avons un grand nombre d'inscriptions relatives aux Sodales Hadrianales. Plusieurs sont pontifes. C. /. L., X, 3724; XIV, 3609, un autre seplemvir epulonum, XIV, 3610. Plusieurs sont plébéiens, VI, 1429, 1969; X, 408; X, 3365, etc. Cf. Eph. Epigr., III, p. 213.
(4) Gapitolin, Antonin, 13.
(5) Gapitolin, M. Aurèle, 7.
(6) Gf. Eph. Epigr., III, p. 213.
(7) Borghesi. Œuv., III, p. 397 et suiv. Gf. Marquardt, Handbuch , 1" éd., IV, p. 431 et suiv.
jours destinées à conserver un culte gentilice; mais nous avons vu que cette théorie doit être abandonnée. Au reste, une autre inscription où un Sodalis porte le titre de Marcianus Aurelianus prouve bien que les Sociales Aureliani tirent leur nom de Marc- Aurèle et non de la gens Aurélia (1).
Les Sodales Antoniniani furent-ils les mêmes que les Sodales Hadrianaks ? Borghesi , sans l'assurer d'une manière absolue , penche pour l'affirmative (2). Son principal argument est une inscription publiée par Orelli en l'honneur d'un personnage qui fut Sodalis Titialis et, Sodalis Aelianus Hadrianalis et Faustinianus (3). Cette inscription est liguorienne. Il n'y a pas lieu d'en tenir compte. Jamais on ne trouve de Sodales Aeliani Hadrianaks, et il n'est fait aucune mention de Sodales Faustiniani (4).
Un autre argument est tiré du grand nombre d'inscriptions relatives aux Sodales Hadrianaks comparé au petit nombre de celles des Sodales Antoniniani. D'après Borghesi, le second de ces noms aurait été ajouté au premier, comme Titialis à Flavialis, ou Claudialis à Augustalis; et, comme les Augustales après Claude, les Hadrianaks auraient pris le plus souvent, même après Antonin, le nom du chef de la dynastie. La différence de nombre qui frappe Borghesi est-elle si marquée? Je ne le crois pas. Si l'on compare la liste des Sodales Antoniniani, en y comprenant, comme on doit le faire, tous ceux qui portent les noms des Divi postérieurs de la famille des Antonins, on trouve à peu près le même nombre de part et d'autre. Les deux sodalités ont continué à vivre parallèlement.
Les raisons qui établissent la distinction sont au contraire très fortes. Borghesi les donne à peu près toutes.
1° Gapitolin parle expressément de la création d'un nouveau collège pris parmi les amis de l'empereur (5).
2° Les Sodales Antoniniani se réunissaient dans le temple d'Antonin (6). Pourquoi auraient-ils quitté le temple d'Hadrien , s'ils avaient été déjà Sodales Hadrianaks? Il y aurait eu, dans cet oubli de la piété filiale d'Antonin, une sorte d'irrévérence à son égard.
3° On trouve dans une inscription : Sodalis Hadrianalis, Sodalis
(2) Borghesi, Œuv., III, p. 400 et suiv.
(3) Orelli, 2376.
(4) Cf. Henzen, Ad Orelli, 2376 et note à Borghesi, (I<:iii:>., III, p. 400.
(5) Gapitolin, M. Aurèle, 7.
Antoninianm , ce qui ne peut s'expliquer que par la distinction des deux collèges (1).
A ces trois raisons, Borghesi en ajoute une quatrième tirée du nom Aureliani. On ne s'explique pas, dit-il, le nom de cette gens appliquée à une sodalité, instituée en l'honneur d'Hadrien. Tout en rejetant l'explication de Borghesi sur le mot Aurelianus , il nous est permis d'y relever une confirmation de ce que nous avons avancé un peu plus haut. Si les sodalités avaient encore eu, à l'époque dont nous nous occupons ici , un caractère gentilice, les S odales Hadrianales se seraient appelésieiwni, puisque Hadrien appartenait à la gens Aelia. En adoptant la théorie de Borghesi , on se heurte à des difficultés sans nombre.
Malgré les raisons qui militent pour la distinction, Borghesi , avons-nous dit, penche pour l'identité. Le texte qui emporte son assentiment est une inscription en l'honneur d'un pei*sonnage qui est Sodalis Hadrianalis et Flamen Commodianus (2). Borghesi conclut de là que, les Sodales Hadrianales honoraient les princes de la famille Antonine, mais il part d'une supposition fausse, comme nous le verrons un peu plus bas, à savoir que le flamen d'un Divus était pris dans le corps des Sodales qui lui étaient consacrés (3).
Deux autres inscriptions, en plus de celle que cite Borghesi, montrent nettement la distinction qui existe entre les deux collèges : l'une mal lue par Gruter qui a fourni un texte inexact à Borghesi (4), l'autre oubliée ici par Borghesi qui l'a citée ailleurs (5). Dans l'une et l'autre on lit : Sodalis Hadrianalis, Sodalis Antoninianus, et M. Dessau a raison de penser que cette distinction, trois fois répétée, n'est pas due au hasard, puisque jamais on ne trouve Sodalis Hadrianalis Antoninianus (6).
Il est donc établi : 1° Que les Sodales Hadrianales ne sont pas
(2) c. /. L., VI, 1577.
(3) Qu'il suJBBse de citer l'inscription du C. I. L. , V, 3223 , où l'on trouve un Flamen Augusli, Sodalis Aurelianus , sans que personne ait jamais eu l'idée de supposer l'identité des Sodales Aureliani et dies Sodales Auguslales. M. Dessau, qui fait cette remarque {Eph. Ep., III, p. 217), suppose que le personnage cité dans l'inscription du C. /. L., VI, 1577, a d'abord été Flamen Commodianus. puis Sodalis Hadrinnalis. Rien ne prouve que les deux titres ne soient pas compatibles. Cf. Marquardt, Si.TaJsuej-wa/f., III, 2*édit.,p. 472, n. 1.
(5) C. I. L., XI, 3365. Cf. Borghesi, Œuv.. IV, p. 150 et 155. V. p. 200.
(6) Eph. Ep., III, p. 218.
les mêmes que les Sodales Anloniniani; 2° que les uns et les autres sont destinés à honorer l'empereur dont ils portent les noms, et nullement à célébrer les sacra de la gens Aelia ou de la gens Aurélia.
On ignore le nombre des Sodales Antoniniani, on sait seulement qu'ils étaient recrutés et organisés comme les autres Sodales et qu'ils se réunissaient dans le temple d'Antonin et de Faustine(l).
Les Sodales Anioniniani furent le dernier collège de ce genre, et ils furent chargés du culte de tous les empereurs divinisés après Antonin. C'est pourquoi on ajouta à leur nom celui de tous les nouveaux DivL Après la consécration de L. Verus , les Sodales Anioniniani s'appelèrent Veriani{2). Pour Marc-Aurèle, les choses se passèrent exactement de la même façon (3). Nous trouvons, en effet, sur les inscriptions, des Sodales Anioniniani Veriani Marciani (4) , ou Sodales Marciani Anioniniani (5) , ou enfin Sodales Aureliani Anioniniani (6). On s'explique facilement comment le nom de Verus, qui n'était guère populaire, disparut très vite du titre, après la mort de Marc-Aurèle. Les Sodales prirent le nom de Commodiani après l'apothéose de Commode ; celui d'Helviani après celle de Pertinax ; et, quand Sévère mourut, celui de Severiani (7). Caracalla fut honoré de même par les Sodales Anioniniani, mais sans qu'ils aient [)ris, à ce propos, un nom nouveau (8).
Lampride indique encore la création de Sodales, en l'honneur de Sévère Alexandre, sous le nom d'Alexandriani (9). Aucune inscription relative à ces Sodales ne nous est restée. Borghesi pense, avec raison , qu'il s'agit d'un nouveau surnom donné aux Sodales Anioniniani (10).
En résumé, nous trouvons quatre groupes différents de Sodales :
Les Auguslales Claudiales.
Lçs Fluviales filiales .
(1) C. J. L., VI, 2001, fastes de 213, 218, 231, 235, 236.
(2) Capitolin, M. Aurèle, 15. Cf. C. I. L., VI, 1497. Inscription de 163.
(3) Capitolin, M. Aurèle, 18; Pertinax, 15. Spartien, Sévère, 7.
(7) Capitolin, Pertinax, 15. Spartien, Sévère, 7. C. /. L., VI, 1365. « Sodali M^rciano Aureliano, Coramodiano, Helviano, Severiano. » L'inscription est d^tée entre 212 et 217. Cf. Borghesi, Œuv., III, p. 399, n. de M. Mommsen.
(8) Spartien, Caracalla, 11. Caracalla s'appelait, du reste, AntoninusMagnus.
(9) Lampride, Alexandre Sévère, 63.
(10) Borghesi, Œuu., III, p. 399.
Les Hadrianales.
Les Antoniniani , Veriani , Marciani , Aureliani, Commodiani , Helviani, Severiani, Alexandriani.
Le premier groupe est constitué pour garder le culte gentilice des gentes Julia et Claudia. Le second commence par porter un nom de gens, en souvenir de l'institution première, mais le culte gentilice n'est plus l'objet pour lequel il est créé. Il est destiné à honorer l'empereur Flavius Vespasien et, après lui, son tils Titus. Le changement s'accentue encore pour la sodalité suivante , qui prend le nom d'Hadrien, et pour la dernière, qui accroît successivement son nom en ajoutant tous ceux des princes consacrés.
A quelle époque les diverses sodalités que nous venons d'étudier disparurent-elles ? Dodwell pense qu'elles cessèrent d'exister au moment où l'empereur Tacite fit ériger un temple en l'honneur de tous les Divi et réunit tout ce qui appartenait à leur culte (1). Cette supposition n'a rien d'invraisemblable , mais aucun document ne nous renseigne à ce sujet. Nous pouvons seulement afBrmer, si M. Aurelius Théo, qui fut Sodalis Hadrianalis (2), est le même que le personnage à qui les centurions de la legio III Cyrenaica Valeriana Galliana élevèrent un monument, que les Sodales Hadrianales , et, à plus forte raison , les Sodaks Antoniniani existaient encore à l'époque de Gallien (3).
Il reste à résoudre une question qui intéresse à la fois les Fiamines et les Sodales. Quels rapports existaient entre eux? En d'autres termes, les Flamines étaient-ils pris dans le collège des Sodales ?
Borghesi répond affirmativement (4). Il avait remarqué que les Arvales avaient un Flamine tiré de leur sein , et il conclut, par analogie , qu'il en devait être ainsi des Sodales. Il trouve une confirmation de son opinion dans le fait que beaucoup de Flamines furent en même lemps Sodales A ugusta les. Ainsi en fut-il pour Germanicus (5), pour Néron, fils de Germanicus (6), et pour Drusus, fils de Tibère (7).
Noris, Orelli, Heuzen, Marini et Dessau croient, au contraire,
(1) Praelecl. Acad. in schol. histor. Camden., p. 165.
(3) C. I. L., III, 89. Cf. OreUi-Henzen, III, p. 291.
(4) Borghesi, Œuu., III, p. 402.
(5) Tacite, Annal., I, 54. C. /, L., II, 2039; VI, 909.
(6) C. I. L., VI, 887, 913; cf. II, 1517; III, 2808.
(7) Ibi^L, V, 4954; VI, 9i.>. Orelli, 211.
que les Flamines étaient pris en dehors des sodalités (1). Marquardt, qui avait d'abord adopté l'opinion de Borghési, tout en conservant quelques doutes, s'est ensuite rangé à leur avis (2). Les raisons qu'ils donnent sont les suivantes :
1° Les Flamines sont antérieurs aux fiodales ; César eut un Flamine, et les Sodales Augustales ne furent institués qu'après la mort d'Auguste. Borghési, qui ne peut nier ce fait, suppose qu'à partir du moment où les Sodales furent créés, le Flamine fut pris parmi eux et qu'il y eut, par conséquent, un changement. Ce qui paraît peu vraisemblable.
2° L'assimilation entre les Flamines des Arvales et les Flamines des Divi n'est pas possible. Le flaminat des Arvales était annuel et celui des Divi était à vie (3).
3° Un certain nombre de Divi avaient des Flamines sans avoir de sodalité. M. Dessau cite le Flamen Julianus. A cela Borghési ne serait pas embarrassé de répondre que le Flamen Julianus étsiit pris parmi les Sodales Augustales , gardiens des sacra Julia (4) ; mais que dire des Flamines de Nerva et de Trajan? On aurait donc deux sortes de Flamines, les uns pris dans les sodalités, les autres ne se rattachant à aucune. Cela encore est peu probable.
4° Enfin la distinction est marquée dans le texte de Capitolin qui indique les deux catégories de personnages dans lesquelles sont pris, d'un côté les Flamines, de l'autre les Sodales. Les Flamines sont choisis parmi les parents, les Sodales parmi les amis (5).
Sans doute les Flamines ont été quelquefois en même temps membres des sodalités ; mais il est à remarquer que ceux qui portent les deux titres sont toujours des membres de la famille impériale.
IV. — Culte rendu aux Divi par les Saliens , les Arvales et les
Vestales.
En plus du culte spécial rendu aux empereurs par les prêtres et
(1) Noris, Cenotaph. Pisana, I, c. 4-6. Orelli, ad. 2367. Borghési, Œuv.,
V. p. 202, note d'Henzen. Marini, Attt, p. 706. Eph. Ep., III, p. 222.
(2) Marquardt, Staatsverwalt , III, 2° éd., p. 473. Cf. Handbuch, 1" édit., IV, p. 430, n. 2963, 2971.
(3) Tacite, Annal., II, 83. Cf. Marquardt, Handbuch., 1" édit., IV, p. 431, n. 2963. Staatsverwalt, III, 2» éd., p. 473.
(4) Borghési, Œuv., V, p. 202.
(5) Capitolin, M. Aurèle, 7. « Flaminem ex affinibus ... Sodales ex amicissimis. » Cf. Eph. Ep., III, p. 227.
par les collèges qui leur étaient propres, une place leur fut donné dans les cérémonies d'un certain nombre de confréries anciennes.
Auguste considérait comme un titre de gloire l'insertion de son , nom dans les chants des Saliens (1). Ils y mirent plus tard Germanicus (2), Drusus, fils de Tibère (3), Vérus, fils de Marc- Aurèle (4) et Caracalla (5). Il paraît même probable que les empereurs préoccupèrent plus les membres de ce collège que leurs anciens dieux , car on en arriva à croire que les Salien? étaient des prêtres du culte impérial, comme on le voit dans certains glossaires qui traduisent Salius par îepel»ç Kawapoç (6). Néanmoins on ne trouve jamais de Saliens directement institués pour célébrer un culte impérial. Certains d'entre eux sont aussi Sodales Hadrianales, ou Antoniniani ; mais jamais ils ne portent ces épithètes en tant que Saliens.
lies frères Arvales joignirent également au culte de la Dea Dia et des autres divinités celui des empereurs consacrés. Les actes nous parlent, en effet, d'un certain nombre de sacrifices offerts aux Divi de la famille Julia. Le jour des natalicia d'Auguste, aux Augustalia d'octobre, et au moment des vœux du mois de janvier, la confrérie immolait un bœuf au Divus Augustus, et à mesure que les consécrations se succédaient elle fit des offrandes semblables à Augusta, à Claude, à Drusilla, à la jeune Claudia fille do Néron et à Poppée (7). Ces sacrifices se répétaient dans des circonstances nombreuses, en l'honneur tantôt de l'un, tantôt
(1) Res Gestae, II, 21. Cf. Commentaire de Mommsen , 2' éd., p. 44. C'est le sens de la phrase de Dion Cassius , LI , 20 : « ëç ts towî 'j(ivou; oùtôv il ï<70u Toïç 6eoïç è<rfp<£çe(j6ai. »
(2) Tacite, Annal., II, 83.
(3) Tacite, Annal., TV, 9. Niebuhr a cm voir la trace de cette mention aux chants saliens, dans un passage mutilé du sénatus-consulte en l'honneur de Germanicus (G. /. L., VI, 911) qu'il restitue ainsi : canituR IN PALATIO (Cf. Niebuhr, Kleine hist. undphilol. Schriften, 2* édit., 1843, p. 270). Borghesi lit de même dans le sénatus-consulte en l'honneur de Drusus (C. I. L., VI, 912), VTIQVE OMNIBUS sacris carminibus Drusi CAES ARIS NOMINA Recitentur (Borghesi, Œuv., VI, p. 449). Mommsen conteste ces deux restitutions (Res Geslae, p. 44, n. I). Cf. Marquardt, Staatsverwalt , III, 2* éd., p. 438, n. 3 et 4.
(4) Capitolin, Antonin, 21.
(5) Spartien, Caracalla, 11.
(6) Marini, Atti., p. 597. Gutberleth, De Saliis , martis sacerdotibus apud romanos (Poleni, Thesaitrus antiq., t. V, c. 2). Marquard, Staatsverwalt., III, 2* éd., p. 438, n. 9. Bouché-Leclercq , Manuel des institutions rom., p. 508.
de l'autre des Divi (1). Claudia et Poppée disf/arurent de la liste sous Othon (2). Sous Néron la gens Julia fut l'objet d'un culte particulier , en même temps que les Arvales révérèrent la mémoire de Domitius, père de l'empereur (3).
Toute trace du culte impérial disparaît sous Vespasien , Titus , Domitien et leurs successeurs, y compris les premiers Antonins (4). En 183, sous le règne de Commode, nous trouvons pour la première fois le culte collectif des Divi (5). Dans l'intervalle apparaît, sous Titus, un nouveau monument : le Caesareum. Les Arvales, après avoir sacrifié uu agneau à la Dca Dia, prennent leur repas dans le Caesareum auprès du Magister (6). Mommsen croit que ce monument est le même que le Tetrastylum dont il est question aux actes de l'an 87 (7). Il se serait appelé Telrastylum à cause de sa forme , et Caesareum quand on y célébrait le culte des Césars divinisés. Cela est possible; cependant, dans les actes de 81 , le monument est appelé Caesareum dans un cas où il n'est nullement question du culte rendu aux Césars (8). C. de la Berge pense au contraire, comme Marini, que les deux monuments étaient distincts, mais sans discuter la question (9). Henzen déclare qu'on ne sait rien sur le Caesareum, sinon que c'était un bâtiment quadrangulaire (10).
Le Caesareum contenait, dans des niches, les statues des empereurs en costume d' Arvales. Ces niches existaient encore avec leurs statues au seizième siècle, et on les voit en cet état dans les
(1) c. /. L, , VI , 2051 , immolation à Auguste , à Augusta et à Claude ; — 2028, natalis d'Antonia, entrée de Caligula à Rome; — 2029, consulat de Caligula, sacrifices à Auguste; — 2032, natalis de Livie, sacrifice à Auguste et à Augusta ; — 2041 , pour Vimpei-ium de Néron, sacrifices à Auguste à Augusta et à Claude. Cf. 2042, 2043, 2044.
(4) Il faut noter une exception pour Matidie, belle-mère d'Hadrien. C. /. L., VI, 2080.
(6) C. /. L., VI, 2060, 1. 15-17. « Quo sacrificio peracto in Caesareo epulati sunt ad magistrum. »
(7) C. /. L., VI. 2165. Cf. Mommsen, Grenzboten, 1870, 1" sem., tome I, p. 167, note.
(8) C. /. L., VI, 2060, 1. 15-17. Henzen, Acla Arvalium, p. xxii et xxiii, et la note de M. Mommsen.
(9) Saglio, Dict. des antiquités, art. Arvales,!, p. 450. Marini, Atti., p. 383 et suiv. Marini pense que c'est là le templum. divorum construit par Tacite; c'est peu probable,
(10) Henzen, Acta Arval., p. xxi.
dessins exécutés à cette époque et conservés aujourd'hui à la bibliothèque de Florence (1). Eu cet endroit, à partir de l'an 183, furent honorés collectivement les seize (2), puis en 218 et en 224, les vingt Divi (3),
Enfin en 145, en 218 et à une autre année inconnue, des cérémonies ont lieu dans un édifice du Palatin désigné ainsi : in palatio in aede Divorum (4). Peut-être s'agit-il ici du sanctuaire dédié à Auguste et à Livie ?
On s'explique facilement la place que les empereurs occupaient dans la dévotion des Arvales. D'après la tradition romaine, ceux-ci étaient les fils d'Acca Larentia; Romulus remplaça le premier d'entre eux qui mourut, et ils continuèrent à se traiter de frères (5). Auguste fut considéré comme un nouveau Romulus, fondateur d'une nouvelle Rome. A ce titre, lui-même, et ses successeurs après lui, furent Arvales. Le culte des Divi était donc pour ceux-ci un cuite de famille.
A ces collèges il faut ajouter celui des Vestales , que Claude chargea spécialement du culte de Livia Augusta (6).
(1) C. de la Berge dans Saglio, Dict. des antiquités, art. Arvales, I, p. 450.
(2) C. I. L., VI, 2099; Sext. Id. Febr.
(3) Jbid., VI, 2104, 2107.
(4) Bulletin de la commiss. d'arch. municipale de Rome, 1886, p. 364, XVI. Kal. lun. — C. I. L., VI, 2104. 2087.
(5) Aulu-Gelle, Nuits attiques, VII (VI). 7. Pline, Hist. nat., XVIII, 2.
(6) Dion Cassius, LX, 5 : xà; Ouffîot; taï; àfiiirapôévoi; lepoitoieïv «pooràÇo^.