CHAPITRE IL
Nous trouvons dans un grand nombre de cités àes Flammes, des 'lepeîç et des 'Apxiepe"[ç dont le nom n'est suivi de celui d'aucune divinité, mais du nom de la ville, du municipe ou de la colonie, où ils exercent ce flaminat , quelquefois même sans que ce nom soit indiqué. Il est aisé de deviner de quelle divinité ces Flamines étaient les prêtres. De même qu'il était inutile de mentionner que le prêtre provincial rendait un culte à l'empereur, il était superflu de le rappeler en parlant du Flamine municipal (1), Parfois cependant le titre de Sacerdos ou de Flamen est suivi du mot Angusti ou Augustorum (2). On trouve même en Espagne le titre de Pontifex servant à désigner les prêtres du culte impérial (3).
La loi établie par Auguste en vertu de laquelle son nom devait être associé à celui de Rome , s'appliqua dans les premiers temps au culte municipal (4). Nous en avons des exemples pour
(1) C. I. L., II, 55, 1939, 2160, 3362, etc., etc.; III, 1064, 1482, 2028, 3362, etc.; V, 7373, 7913, 7915; VIII, 859, 9374, etc.; X, 1828, 5829, 7916; XI, 378, 414; 421 ; XII, 175, 179, 522, 696, 1114, XIV, 301. 332, 341. Ces exemples sont pris en Italie et dans toutes les provinces. — C. /. G., 2782, 4149. Waddington, Ins. As. Min., 626, 768, 885. B. C. H., 1887, p. 68. Duchesne, Voyage au mont Athos, 5, 6. Albert Dumont, Inscr. de Thrace, 61, b, 61, c, 72, c, etc., etc. — On trouve, dans les pays grecs, des Flamines là où il y a des colonies romaines. C. I. L., III, 296, 297, 611 ; et à Marseille, ville toute grecque, un lepeOç. C. I. G., 3413, 3415.
(2) C. /. L., II, 3379, 4452; V, 7425, 7428; VIII, 8995, 9404; IX, 2648, 5441; X, 6766; XI, 2116; XII, 527, 4252, etc. — De même en grec : lepeùç toû 2e6a(TT0û ou twv SegaaTwv. C. I. G. , 1363, 1306. Waddington, Ins. As. Min., 496, 627, 1208, etc. C. /. A., III, 669, 673, etc. D. C. H., 1877, p. 294, etc., etc. — Sacerdos. C. I. L., III, 753, 4814, add.; V, 4442, 4950; X, 830, 837, 840, etc.
(4) Italie, C. /. L., V, 3376, 3420, 3427, 3936, 5036; X, 131, 688, etc.;
LES PRÊTRBS MUNICIPAUX. 169
Auguste (1), Tibère (2) et Claude (3). Dans les inscriptions de ce genre, Auguslus est toujours le nom propre du premier empereur et non la qualification générale qui s'est ensuite appliquée à tous ses successeurs. Il faut cependant faire exception pour l'inscription de Barcino où le nom de Rome est associé à celui des Divi et des Augustes dans le culte municipal, comme il l'est dans le culte provincial (4). Mais la règle ne fut pas toujours observée. Auguste vivant fut honoré seul, même en Italie, à Pompéies et à Pise (5).
Gomme le culte provincial, le culte municipal commença par le culte personnel d'Auguste. S'il est quelquefois difficile de distinguer l'empereur Auguste de l'Auguste en général , dans certain nombre de cas le nom du fondateur de l'empire romain est désigné sans confusion possible. Il en est ainsi à Pompéies (6), à Narbonne (7), et dans les pays de langue grecque, à Cyme (8) , à Bargylie (9), à Cibyra (10), à Sinope en Paphlagonie (11), à Athènes (12), à Thessalonique (13).
Tandis que les assemblées provinciales restèrent plus strictement fidèles au culte impersonnel du prince, les cités agirent plus librement et les empereurs ou les membres de leur famille y reçurent souvent un culte pei-sounel. Tibère (14), Germauicus César (15),
XIV, 373, 400, eic. — Narbonnaise, XII, 647, 4249, 4323, etc. — Gaules,. Mommsen, Inscr. Helv. , 283. — Espagne, C. /. L., II, 3033, 3179, 3276, 3623, 3628, etc., etc. — Asie, C. /. G., 4149. B. C. //.. 1881, p. 192. — Crète, C. /. A., III, 4. — Athènes, ibid., 63, 334. — Macédoine, Duchesne et Bayet, Voyage au mont Athos, 1. — Iles grecques, C. I. G., 3524,
(1) C. /. L., II, 4516; V, 3376; XI, 1331; XII, 647, 983, 2600, etc.
(2) Ibid., X, 688.
(3) Ibid., V, 6431.
(4) Ibid., II, 4514. M. Herbst, De sacerdotiis Romanorum municipalibus, p. 11. dit que le nom de Rome s'est glissé par flatterie à côté de celui des Augustes et des Divi. Flatterie envers qui? C'est au contraire la forme primitive du culte.
(5) Voir plus haut, p. 17.
(7) Ibid., XII, 4393.
(10) Waddington, Ibid., 1212.
(11) Eph. Epig., IV, p. 32, n. 45.
(13) Duchesne et Bayet, Voyage au mont Athos, 1,
(14) C. I. L., II, 49: X, 688; IX, 652. C. I. G., 3461. Waddington, Ins. As. Min., IG21. 1-290, 2773. C. /. A., III, 456, 647. B. C. H., 1886, p. 516.
Drusus et Germanicus Césars (1), Claude (2), Néron (3), Hadrien (4), Antonin (5), Titus (6), eurent des prêtres particuliers. En examinant la liste que nous venons de donner et à laquelle il faut joindre les noms de ceux à qui on éleva des temples , on voit que c'est seulement aux emp'^reurs dos trois premières dynasties, c'est-à-dire aux Jules, aux Flaviens, aux Antonins que furent rendus ces hommages. On devait s'y attendre d'après ce que nous avons observé en étudiant l'histoire du culte impérial. Après les Antonins la ferveur a disparu ; le culte de l'empereur est devenu une banale formule de respect dont le caractère religieux diminue à mesure qu'on avance. Les empereurs se succèdent trop rapidement et s'inquiètent trop peu de leur divinité , pour qu'il vienne à l'idée des cités de leur adresser des honneurs personnels. Ce culte fut du reste très éphémère, même durant la période plus ancienne de l'empire. Les temples restaient souvent inachevés et le Dieu était oublié, surtout quand la consécration ne sanctionnait pas sa divinité (7).
A côté des empereurs vivants, les cités n'oubliaient pas les empereurs divinisés, et, tandis que les assemblées provinciales n'ont jamais célébré que le culte commun des empereurs consacrés, et cela même assez rarement, ici on rencontre à la fois et le culte commun des Divi et le culte spécial de tel ou tel Divus particulièrement cher à la cité.
Les Flamines Divorum existent en Italie, en Tarraconaise , en Bétique et en Lusitanie (8). De même, dans les pays grecs, le culte tSv ôeiiûv irpoyovwv est associé à celui de l'empereur vivant (9). Beaucoup plus fréquents sont les exemples de sacerdoces particuliers à un Divus.
Les Divi ainsi honorés sont :
Divus Julius (10),
(1) C. I. A., III, 1, 68, a, 68, b, 623, 624, etc.; XII, 3180, 3207.
(3) Ibid., IV, 1185, 1180. B. C. H., 1888, p. 510. Waddington, Ins. As. Min.,
(4) Ibid., V, 545. C. /. A., III, 253. Lebas, Voy. arch., 3' part., 1863.
(5) Torremuzza, Inscr. Sicil., p. 23, n. 5.
(7) Pline, Ep., X, 70 (75), 71 (76).
(8) C. /. L., II, 51, 53, 1475, 2103, 3709, 4514, etc. ; IX, 5357, 5362, 5363; X, 7212, etc., etc.; XIV, 444. Templum Divorum à Caere. C. /. L., XI, 3614.
(9) C. /. G., 1363, 1364, b. Cf. Foucart, Insc. de Mégaride, 176, 179, 224.
Diviis Augustus (I),
Divus Claadius (2),
Divus Vespasianus (3),
Divus Titus (4),
Divus Nerva (5),
Divus Trajanus (6) ,
Divus Hndrianus (7) ,
Divus Magnus Antoniims (8) (Garacalla) ,
Divus Severus (9).
Si l'usage, dans lequel on était, en Occident, de donnerl'épithète de Divus aux seuls empereurs consacrés, permet de les reconnaître facilement, il n'en est pas de même en Orient. Les peuples de langue grecque font précéder de l'épithète Oeo'ç aussi bien le nom de l'empereur vivant que celui de l'empereur mort (10). Il est donc nécessaire d'avoir recours aux circonstances dans lesquelles a été gravée l'inscription pour savoir à qui on a affaire.
Le culte individuel des Divi finit avec les Antonins.
La distinction que nous venons d'établir entre les Flamines des empereurs régnants et les Flamines Divorum n'est pas admise par Herzog(ll).
Voici comment raisonne cet auteur : « Sex. Vencius Juventianus dans une inscription de Dea Augusta est Flamen Divi Augusti dans cette cité et, en même temps, simplement Flamen d'un endroit appelé Villianum (12); donc être Flamen Divi Augusti et être
(1) C. /. L., III, 386; V, 3936. 4386, etc.; IX. 2595, 5375; X, 131, 5393, 4641, 126-2, 1806, 946; XII, 1585, 1371, 4233, 3180, 3207, 1373, 1872, 2605 ; XIV, 2972, 2989, 3014.
(2) C. 1. L., II, 4217 ; III, 650; V, 534, 875, 5126, 6431 ; XI, 417. Wilmanns,
(3) Jbid., III, 660; V, 6513, 6797, 7021, 7458; IX, 2855; X, 5382, 413, add.; XI, 1447, a ; XIV, 292, 298.
(4) Ibid., II, 4212 ; V, .5239, 5667, 6995; XIV, 400, 4142.
(5) Ibid., V, 7458; XI, 385, 386. Orelli, 3836.
(6) Ibid., II, 4274; III, 4; V, 7375, 4368, 5312, etc.; IX, 2600, 2649: X. 4873, 5067.
(7) Ibid., V, 8880, 6513; IX, 1160; X, 7507; XI, 1192; XIV, 353, 390.
(8) Ibid., VIII, 6948, 7963 ; XI, 1230. (9J Ibid., XIV, 373.
(10) C. LA., III, 437, 462, 463, etc.
(11) Galliae N arbonnensis historia , p. 235.
simplement Flamen c'est une seule et même chose. Excepté à Vienne, on ne rencontre en Narbonnaise de Flamines d'aucun autre dieu que le Dious Augustus; or les Flamines sont toujours au service d'un dieu déterminé, donc, si dans une ville on rencontre des F lamines Divi Augusti et dos Flamines sans indication du dieu qu'ils honorent, ces derniers sont aussi des Flamines divi Augusti ou Augustales. » Après ce raisonnement, Flerzog se fait à luimême une objection. « Dans certaines villes, dit-il, il existe des Flamines de Rome et du Divus Augustus, à qui sont joints quelquefois Drusus et Germanicus. Gela paraît contraire à la théorie précédente. » A cette objection, il répond : 1° « Ges sacerdoces sont très anciens ; ils sont tous antérieurs à Tibère. 2° A la suite de l'introduction dans toutes les cités des Flamines Augustales, ces sacerdoces ont dispara, et les nouveaux flamines ont été chargés du culte du Divus Augustus et de toute la domus Augusla, et plus tard, après l'extinction de la famille des Jules, du culte de tous ceux qui parvinrent au principat. »
Ge raisonnement contient une part de vérité, celle que nous avons déjà indiquée, à savoir que le culte personnel d'Auguste s'est transformé en culte impersonnel de l'empereur. Mais il est impossible d'aller plus loin, et il faut certainement distinguer trois catégories de Flamines. Les uns sont, si l'on peut ainsi parler, les Flamines réguliers, chargés d u culte officiel de l'empereur. Ils fon t les cérémonies ordinaires aux anniversaires de l'empereur. Les antres sont destinés à rendre un culte particulier à tel ou tel empereur vivant. On les trouve dans telle ville et non dans la cité voisine. Ils représentent la dévotion spéciale de la cité. Enfin , une troisième catégorie de Flamines honore les empereurs divinisés, tantôt collectivement (Divorum omnium), tantôt sous la forme d'un culte spécial à tel ou tel Divus.
Mais, s'il existe dans un certain nombre de cités des Flamines spéciaux pour les Divi, est-ce à dire que, dans celles où l'on ne rencontre pas ce genre de Flamines, il n'y ait eu aucun culte pour des empereurs divinisés? Gela n'est pas probable. M. Mommsen, dans une note ajoutée à l'article de M. Hirchsfeld sur les Sacerdoces municipaux de l'Afrique , pense que \es Flamines Auguslorum ont été aussi, dans un certain sens, Flamines Divorum, et Herzog a raison de croire que les Flamines municipaux ne devaient pas oublier de rendre hommage aux empereurs divinisés en même temps qu'aux empereurs vivants. Gette opinion a, du reste, en sa faveur et les inscriptions d'Espagne où sont mentionnés des Flamines Divorum et Auguslorum et les inscriptious d'Achaïe, où l'on
trouve des 'Ap^^tcpeTç tSIv ieêaffrwv xal twv Ôei'wv «poY<Wv aùrôv (1), Nous avons constaté dans le culte provincial l'existence de Flaminicae à côlé des Flamines. Nous retrouvons dans les municipos le même sacerdoce féminin. Ces Flaminicae, comme les Flamines, peuvent être divisées en plusieurs groupes. Dans le premier, il faut ranger celles qui portent ce titre sans indication de divinité ou ajoutent aussi à leur titre l'indication de la cité au nom de laquelle elles exercent leur sacerdoce (2).
Un second groupe comprend les Flaminicae qui ont à la suite de leur nom le sigle Aug. , et que nous rencontrons en Italie (3), en Narbonnaise (4), dans les trois Gaules (5), et en Bétique (6). Ce sont certainement des prêtresses du culte impérial. Mais une question subsidiaire se pose sur la signification exacte de cette abréviation. Faut-il lire ;4u^(uslae) ou ylu^(usti)? En d'autres termes, les Flaminicae sont-elles seulement les femmes des Flamines, ou exercent-elles une fonction spéciale, qui est d'offrir des sacrifices aux princesses de la famille impériale ?
Que les Flaminicae aient simplement porté ce titre parce qu'elles étaient femmes des Flamines,- il est difficile de le soutenir. Souvent, en effet, la femme est appelée Flaminica et le mari n'est pas nommé Flamine ; il porte simplement le titre de Pontifex (7), de Centurio honcsta missione missus (8), de chevalier (9), de Curator reipublicae([0). Parfois même les maris sont Seviri, titre
(1) Hirschfeld, Annal, de l'Instit. archéol. de Rome, 1866 , p. 47 et suiv. Cf. Herbst, De Sacerdoliis romanorum municipalibus, p. 10. Ces deux auteurs distinguent seulement deux catégories de Flamines. Je crois qu'il faut en reconnaitre trois. Le Flamen Augusti, qui a pour fonctions d'honorer l'empereur en général, les Flamines des empereurs vivants adorés nommément, enfin les Flamines des Divi.
(2) C. /. L., II, 32, 339, 2122, 3278, 3279, 4241, 4276, etc. ; III, 154; V, 6954, 7629, 7811, etc.; VIII, 1280, 5365, 7080, 9074, etc. ; X, 5831, 5924, 7602, etc.; XI, 407, 408, 847; XII, 185, 5724, 4241, 4229, 4244, 4411, etc.; XIV, 2048. Il en est de mémo pour les Upeîat. C. /. G., 2820. Waddington, Ins. As. Min., 1678. Mouffeïov de Smyrne, 1873-1875, p. 112. Newton, Halicarnassus, p. 101, etc.
(3) C. I. L., IX, 5841. August.
(4) Ibid., XII, 2823, 3175, 3194, 3211, 3216, etc.
(5) Moramsen, Inscr. Uelv., 143.
(7) Ibid., VIII, 4437. La seconde inscription que cite M. Hirschfeld ne prouve absolument rien pour le sujet qui nous occupe. Elle montre simplement que le fils d'une Flaminica perpétua a été lui-même Flamen perpetuus, ce qui n'étonnera personne. C. /. L., VIII, 211-213.
(9) Ibid., VIII, 2396, 2398.
(10) Ibid., Vm, 1280.
inférieur à celui de Flamine, comme nous le verrons dans le chapitre suivant (I), On peut donc poser en règle que, suivant l'expression de Boissiou (2), « les Flaminiques d'Auguste pouvaient posséder une dignité indépendante de tout lien conjugal. » Mais dire avec M. Hirschfeld que les inscriptions d'Afrique sont presque toutes conçues de façon à faire croire à des prêtresses non mariées, c'est peut-être aller trop loin (3). Nous venons de citer les maris de plusieurs Flaminicae africaines, et ce ne sont pas les seuls. Nous rencontrons, môme dans ce pays, ce que nous avons vu déjà à Rome et dans les sacerdoces provinciaux : le mari Flamine et la femme Flaminica; et dans l'une des inscriptions de ce genre, le mari prend soin de nous dire qu'il est ipseFlamen (4), preuve nouvelle que les deux titres n'étaient pas nécessairement liés l'un à l'autre.
Dans les pays de langue grecque, les choses paraissent s'être passées de la même façon. Là aussi des 'lepeiat et des 'Ap^tepetat sont chargées du culte des Augustes et leurs fonctions semblent indépendantes de celles de leurs maris (5).
Si les Flaminicae avaient un culte à desservir, quel pouvait-il être, sinon celui des impératrices? On jurait par la Junon de celles-ci , comme par le génie des Césars. Les impératrices devenaient après leur mort Divae comme les empereurs étaient Divi. On pouvait donc leur offrir également des sacriflces.
Au reste , nous avons la preuve qu'il en était ainsi. Plusieurs de ces Flaminicae ou Sacerdotes (6) ont joint à leur titre le nom des impératrices en général ou de quelqu'une d'entre elles. Elles s'appellent : Sacerdos Augustae (7), Sacerdos Juliae Augustae (8) , Flaminica Fauslinae Augustae (9) , Sacerdos Augustarum (10). Dans les pays de langue grecque, la distinction n'est pas aussi facile à faire ; le pluriel tc5v SeêaaTwv est à la fois masculin et féminin, et c'est le terme par lequel sont désignés les dieux ho-
(2) Inscr. de Lyon, p. 98. Cf. Allmer, Inscr. antiques du musée de Lyon, II, p. 172.
(3) Annal, de Vinstil. arcttéol. de Rome, 1866, p. 50. (4)C. /. L., VIII, 211, 2397.
(5) Waddington, Insc. As. Min., 1011, 1602. Benndorf, Reisen in Lyhien, I, p. 68, n. 45.
(6) Les deux titres sont équivalents. C. /. L., II, 3278.
(8) Ibid., X, 961; XII, 1363, 4249.
(9) Ibid., IX, 1163.
(10) Ibid., IX, 5068.
LES PRÂTRES MUmCIPAUX. 175
norés par les 'Apyispeîat (1), mais on trouve aussi des prêtresses
Ttôv VEÔjv d){jio6(i){Aia)v (2)00 Twv w(xoêa)}i{(i)v 0ec5v ZeêaoTtôv (3)» c'est-à-dire
d'Auguste ou de Livie. Dans ce groupe, le prêtre honorait probablement le dieu, et la prêtresse sacrifiait à la déesse.
Que les impératrices aient eu des Flaminicae pour le» honorer, tandis que les empereurs avaient des Flaminos, c'est une règle facile à comprendre. On trouve, par exception, un Ftamen Juliae Augustae. M. Hirschfeld remarque, avec raison, que l'inscription qui le mentionne est des premiers temps de l'empire , c'està-dire de l'époque où les usages n'étaient pas encore bien fixés (4). Il faut signaler cependant, à une époque postérieure, un 'Ispeu; d'Agrippine jeune, honorée sous le nom de SeSaon^ Eôêoffîa (5).
Aux Flamines Divorum correspondent les Sacerdotes Divarum d'Italie et d'Espagne (6). Enfin , aux Sacerdotes ou Flamines des Divi particuliers correspondent les Flaminicae ou Sacerdotes des diverses Divae. Les Divae dont nous connaissons des prêtresses sont les suivantes :
Diva Augusta (7),
DiVa Drusilla (8),
Diva Domitilla (9),
DivaPlotina(lO),
Diva Faustina major (11),
Diva Faustina minor (12)(?),
Diva Julia Pia (13),
Diva Sabina (14),
(1) Benndorf et Niemann, Reisen in Lykien , I, n* 43.
(2) Waddington , Ins. As. Min., 1011.
(3) Waddington, Ibid., 1021.
(4) Annal, de l'Inst. arch. de Rome, 1866, p. 48, n. 2. Gniter, CCCLXXXVIII, 3. Le cas se présente en Sicile, du vivant de Livie. C. /. L., X, 7501.
(5) Waddington, Ins. As. Min., 754.
(7) Ibid., II, 1571; III, 651, 1796, 6361; V, 4458, 7788; VIII, 6987; X 5413- XI, 415: XII, 1361, 3302 ; XIV, 399.
(8) Ibid., V, 7345.
(9) Ibid., V, 2839.
(10) Ibid., V, 4387, 4485, 7617; VIII, 993; XI, 407.
(U) Ibid., V, 7617; IX, 5428; X, 54, 5656. Orelli, 5128, 5465.
(12) Parmi Jes inscriptions précédentes, quelques-unes sont peut-être pour elle; par exemple, V, 7617.
(14) Ibid., V, 6514; XI, 408.
Diva Marciana (?)(!), Diva Matidia (2), Et, en pays grec :
(^ea 'AvTwvia (3), Et 0ei 'louXi'a Itëxo-zi (4).
Les prêtres et les prêtresses que nous venons d'énumérer devaient offrir des sacrifices soit à des jours fixes , par exemple à l'époque des vota annua et des divers anniversaires , soit dans des circonstances extraordinaires; ils devaient aussi prendre soin des temples. Ces fonctions n'étaient pas tellement absorbantes qu'on ne pût les remplir à la fois en l'honneur de plusieurs divinités. On trouve, en effet, des Flamines qui sont en même temps au service de trois Divi : Vespasien, Trajan et Hadrien (5), et de Rome; du Divus Auguslus. deDrusus et de Germanicus Césars (6); un Flamen perpetuus , qui est aussi Flamen Divi Augusli (7). On rencontre, de même, des prêtres et des prêtresses qui ont ce titre dans plusieurs cités. A Alexandrin Troas, un même personnage, est Flamen coloniae Juiiae Aprensis et coloniae Juliae Philipensis , item coloniae Juliae Parianae (8) ; un autre Flamen in splendissimis civitatibus duabus coloniae Thamugadensis et municipii Lambaesitani (9). En Asie, des Asiarques ou 'Ap/iepeTç des temples du Koivov sont en même temps prêtres" dans leur cité (10) ; d'autres sont prêtres dans plusieurs villes (11).
De même , une Flaminica honore la Diva Julia à Novare et la Diva Sabina à Ticinum (12); une autre est Sacerdos Divae Plotinae Pollentiae^ Divae Faustinae Taurinis , Divae Fauslinae majoris Concordiae(\3)] une troisième est Flaminica coloniae Emeritensis perpétua et municipii Salaciensis (14).