‹ Essai sur le culte rendu aux empereurs romainsChapitre 24 sur 61 · C. I. G., 3494. C. I. L., VIII, 5365, 5366; IX · texte numérisé non relu

C. I. G., 3494. C. I. L., VIII, 5365, 5366; IX

considérables. Dans les provinces d'Afrique , les Flamines ou Flaminicae devaient payer, à leur entrée en fonctions, une certaine somme qui s'appelle, dans les inscriptions, summa légitima, summa honoraria, ou légitima quanlitas, et qui était versée au trésor de la ville (1).

Les textes nous donnent des chiffres assez variés pour cette summa honoraria. Nous trouvons par exemple :

à Lambèse,

12,000 sesterces (2);

à Diana,

et 4,000

à Capsa,

à Musti,

à Thuburbo,

au Pagus Mercurialis , 2,000 — (8).

Souvent, non contents de donner la somme prescrite, ils y ajoutaient la promesse d'une somme plus considérable (9). De là, les expressions : additis ou adjectis amplius , ampliata summa ou pecunia , super legitimam summam , multiplicata honoraria summa , etc. (10). Ces sommes, soit les summae honorariae^ soit l'argent qu'ajoutait la libéralité de chacun , étaient dépensées en travaux d'utilité publique. Une Flaminica construit un théâtre, ce qui est considéré comme un don considérable, digne d'une récompense spéciale (11). Une autre fait bâtir un temple à la Dea Caeleslis, et son fils l'orne de marbres, de statues, etc. (12). D'autres élèvent des statues dans un tetrastylum (13), construisent des basili-

(1) C. /. L., VIII, 262, 769, 1576, 4194,4594, 8835, etc., etc. On trouve la même obligation pour les sacerdoces municipaux, et pour toutes les charges en général.

(3) Ibid., VIII, 4594.

(4) Ibid., VIII, 4596.

(5) Ibid., VIII, 98.

(6) Ibid., VIII, 1574.

(7) Ibid., VIII, 853.

(8) Ibid., VIII, 885.

(9) Ibid., VIII, 2711, 1578, 2350, 4187, 4193, 4588, 4597, 5365. Un Flamen donna 82,000 sesterces, en dehors de ses autres libéralités. Cf. ibid., 7963.

(10) Ibid., VIII, 98, 885, 1578, 2711, 2372, 2406, 8835, 4187, 4193, 4194, 4243, 4588, 4196, 4197, 4596. Bullet. trim. des antiq. afric, 1884, p. 250, n. 560.

(12) Ibid., VIII, 993.

(13) Ibid., VIII, 885, 2372, 4684, 6948, 7963, 8309, 8318, 8219, 4684, 8995.

ques (1), des arcs de triomphe (2), des temples avec proanos et portique (3), réparent des aqueducs (4), des bassins (5), etc. La dédicace de ces monuments était ordinairement accompagnée de fêtes, de jeux gymniques (6), de représentations théâtrales (7), de combats de gladiateurs (8) , de banquets (9) , et de distributions aux décurions et aux Augustales (10).

Dans les autres provinces la générosité des Flamines n'était pas moins grande, mais nous ne voyons pas qu'on ait eu, comme en Afrique, l'habitude de fixer une somme que dût verser chacun d'eux, ni qu'on ait aussi souvent indiqué le prix que lui coûtait le monument dont il faisait don à la cité (1 1). Ce procédé paraît plus délicat que l'afTichage des deniers et sesterces dépensés. L'usage d'orner la cité de constructions utiles (12) et d'offrir des jeux (13) est répandu partout. Parfois les prêtres tirent d'embarras leur ville dans les circonstances difficiles. Dans une année de disette, un Flamine fournit à la ville de Glunia, du blé pour sa subsistance (14); un autre Flamine agit de même pour la ville de Réate( 15), Une prêtresse, dans le municipe de Gartima, après avoir rebâti à ses frais les portiques et donné le terrain nécessaire à l'établissement d'un bain, prend à sa charge les vectigalia publica, place sur le forum une statue de Mars, fait bâtir un portique auprès des bains, ainsi qu'une piscine dont elle donne le terrain et qu'elle

(2) Ibid., VIII, 24.

(3) Ibid., VIII, 5485, 4253, 8835.

(4) Ibid., VIII, 2661.

(5) Ibid., VIII, 2406. Cf. Ibid., 828.

(6) Ibid., VIII, 769.

(7) Ibid., VIII. 828.

(8) Ibid., VIII, 2344. Eph. Ep. , III, p. 37. Bullet. trim. des antiq. afric, 1885, p. 250, n. 560.

(10) Ibid., VIII, 262, 769, 1578.

(11) On trouve en Espagne un fait assez curieux. Une somme d'argent avait été mise de côté en prévision du Flamonium. Le candidat mourut, et ses héritiers donnèrent à la ville les 10,000 sesterces. Sur cette somme la ville fit élever un monument au défunt. C. I. L., II, 1936. A Lanuvium {Bullet. de l'Inst. archéol. de Rome, 1862, p. 158) un bain est reconstruit et agrandi avec les summae honorariae sacerdotiorum accumulées, et les intérêts.

(12) C. I. L., II, 1074, 1956; III, 1482; V, 47; IX, 1175, 3522, 5428; X, 54; XII, 647, 697, 1904. B. C. H., 1886, p. 160, etc., etc.

(13) C. I. L., II, 1471, etc.

(14) Ibid., II, 2782.

(15) Ibid., IX, 4686.

orne d'une statue de Gupidon ; le tout est accompagné d'un repas et de spectacles donnés au peuple, et, quand on lui vota des statues en reconnaissance de cette générosité, elle refusa la somme allouée et fit élever ces statues ainsi que celle de son mari à ses propres frais (1).

D'autres faisaient la ville héritière d'une partie de leurs biens (2). Un prêtre de Barcelone légua à la ville 7,500 deniers dont l'intérêt devait servir à donner chaque année , le quatrième jour avant les ides de juin, un spectacle de pugilat, il y ajouta de l'huile pour les thermes, le tout à condition que ses affranchis seront exempts des charges du Sévirat (3). Si la ville n'accomplissait pas les conditions imposées, Tarragone était instituée héritière à son défaut.

Quand le don était un monument dont on célébrait la dédicace, il y avait à cette occasion, dans les autres provinces, comme en Afrique, uu repas donné au peuple (4), des jeux scéniques (5), des jeux du cirque (6), et des distibutions d'argent au peuple et à la Curie (7).

Les jeux du cirque, en particulier, devaient attirer l'attention des Flamines. C'est pourquoi l'un d'eux est Curator muneris Villiani, à Dea Voconliorum (8), et un autre Curalor muneris publia (9). Aussi les Flamines municipaux, comme les prêtres provinciaux, possédaient-ils des familles de gladiateurs (10).

Dans les pays grecs, les prêtres étaient également les bienfaiteurs de leur cité. Un prêtre de Gyzique donne à sa ville un certain nombre de drachmes de Rhodes pour la couverture du temple et pour la célébration des Caesarea (11), uu autre enrichit sa patrie des plus beaux ouvrages, fournit l'huile pendant tout un jour d'exercices gymnastiques, et prend à sa charge l'entretien du bien public (12). M. Julius Philippus fait célébrer des jeux à

(1) c. /. L., II, 1956.

(2) Bullet. épig. de la Gaule, 1883, p. 219.

(4) Ibid., II, 1074.

(5) Ibid., II, 1074, 1663.

(6) Ibid.. II, 1471; IV, 1180. 1185

(7) Ibid., IX, 4686, 5428.

(8) Ibid., XII, 1585. Voir plus haut, p. 171.

(9) Ibid., XII, 1529.

(10) Ibid., IV, 1180, 1185. Eph. Epig., III, 16.

(11) Waddington, Insc. As. Min., 1212.

(12) C. /. G., 4025 b, c. Perrot, Explor. Archéol., p. 235, h. 125.

Pergame (1). Une prêtresse fait chaque année un sacrifice de douze bœufs à Livie et à Auguste (2), une autre offre des repas et des jeux scéniques où l'on entend de la musique (3). Une troisième fait don de terrains à la ville (4).

Parmi les charges qui incombaient aux prêtres des empereurs il faut placer celle d'ambassadeurs à Rome. On pensait probablement que leur qualité les ferait plus favorablement accueillir des Césars. Cette charge n'était pas l'une des moins lourdes , car les ambassadeurs des cités acceptaient rarement le remboursement des frais de déplacement que leur votait la ville (5).

L'ensemble de ces dépenses rendait l'accès des fonctions sacerdotales difficile à ceux qui ne possédaient pas une assez grande fortune. Cependant, dans certains cas, le peuple pouvait désirer donner à un citoyen pauvre cette marque de son estime ; alors non seulement on ne lui demandait pas les dons que la générosité et la fortune de ses collègues pouvait prodiguer, mais on l'exemptait même de payer la summa honoraria. C'est ce que nous apprend une inscription relative à un Flamen perpetuus de Milev (6). Mais le cas est rare.

Les municipes ou plutôt les Curies qui les représentaient en tout ceci, donnaient quelquefois à ceux qui, pour une raison ou pour une autre, n'avaient pas exercé les fonctions de Flamines, les honneurs accordés aux anciens titulaires. C'est pour cela que certains personnages se disent honoraii sacerdotalibus ornamentis (7), ou plus spécialement : Flamonii ornamentis honorati (8).

A. côté des sacerdoces qui desservaient le culte des Augustes et des Divi, nous devons citer encore, pour être complet, un certain nombre de sacerdoces qui avaient plus ou moins directement pour objet la divinité impériale. Tels sont, par exemple, à Attalie un îepei»; Bik pi'ou Seêwarri; vetxîiç (9), en Emilie un Flamen sive

(1) Waddington, tns. As. Min., 1723 c.

(2) Ibid., 1011.

(3) Ibid., 1602.

(4) Reisen in Lyhien, I, p. 68, n. 43.

(5) C. I. L., X, 7507. C. /. G., 3495. Waddington, Ins. As. Min., 525, 1212, 1602 a. Reisen in Lykien, I, p. 66, n. 39. B. C. H., 1886, p. 149 et 405; 1887, p. 102,

(6) Mommsen, Hermès, I, p. 61. C. /. L., VIII, 8210. Quod eiad legitimam qua{nt)itatem pro adfectionum in ord{i)ne adq{ue) in populo meritis suffr{a)gio oblatum. est.

(8) Ibid., XII, 4232.

Sacerdos Victoriae et Felicîtatis Augustorum (1), à Urbs Salvia un Flamen Salutis Augustae (2) et, à Gabies, un Sacerdos Spei et Salulis Augustae (3). Ailleurs, des prêtres du culte impérial sont désignés sous le titre de ltëa<r:o^Yta.i (4), et les prêtresses sous le nom de 2e6a<rro<pavTeTç (5). Nous trouvons aussi des prêtres spécialement chargés du culte de la domus Divina ou domus Atigusta sous le titre de Pontifex (6), Sacerdos (7) ou de 2T£savr,»dp<K (8). Signalons enfin, à Malte, Y'A.iLfi-KokzûscK; 6ew A'jyoûarta (9) qui est non un Augustal, comme le croyait Boeckh, mais un prêtre du Divus Augustus (10).

(1) Gruter, CCCLXXXVIII, 3.

(3) Ibid., XIV, 2804.

(4) CI. G., 3726, 4016, 4017. Waddington, 7ns. As. Min., 755, 1178.

(5) C. I. G., 4017, 4031. Perrot, De GaUtia provincia romana, p. 129; cf. p. 150.

(7) Ibid., II, 1978.

(8) Eckhel, D. N., IV, 213. Spon, Mélanges, III, p. 93.

(10) Cf. Herbst, De sacerdotiis romanor. municip., p. 11.

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