C. I. L., V, 7920; IX, 2553; X, 5796: XI, 3013; XIV
(2) Exceptions, C. /. L., II, 4511; IX, 3838, 5085; X, 53, 112, 5917, etc.
(3) C. /. L., X, 110, 1880, 1881, 5849; XI, 1618, 2650; XIV, 2793, 2795, etc.
(4) Ibid., X, 333, 5853; XIV, 2793.
(5) Ibid., X, 5853. Cf. Sc'hmidt, L L, p. 112 et suiv.
(6) Ibid., X, 415, 5849. Elles sont souvent associées à leurs maris dans les inscriptions. XIV, 3234, 3246, 3248, 3250.
(8) Schmidt, l. L, p. 105. Marquardt, Staatsverwaltung, III, p. 526.
(9) C. /. L., V, 3430, 3433, 4008; XI, 696, 714, 718. Orelli, 2493.
(10) Ibid., V, 7493; IX, 1648, 1689, 1698, 1701, 1705; X, 1146. (ll)/6id., XI, 959, 971.
(12) Ibid., V, 3429.
LES SEVIRI AUGUSTALE8. 223
Flaviales (1); les Seviri Avgusiales Flavialcs{2)', les Seviri Augustales Flaviales Titiates i\erviales{3)., un Sévir Antoninianus (4); un Sévir Septimianus Aurelianvs Augustalis (5) ; enfin , un Sévir Augustorum (6).
Sommes-nous ici en présence de collèges différents des Seviri Augustales? Henzen (7) et M. Mommsen (8) l'ont pensé. Ds croient que , dans certaines villes , on a créé des collèges particuliers en l'honneur de certains empereurs. Voici leurs raisons :
1° Si le collège des Augustales avait eu pour fonctions d'honorer successivement tous les empereurs, pourquoi lui aurait-on, dans certains cas , donné pour épithète le nom de l'empereur actuellement régnant?
2° On trouve, dans une inscription d'Orelli , corrigée par Zumpt : Sévir et Augustalis et Flavialis (9). Dans d'autres : Sévir et et Claudialis (10), Sévir et Flavialis (1 1). La particule qui est entre les deux mots suppose que le mot Sévir, d'une part, et les mots Flavialis et Claudialis, de l'autre, désignent des titres distincts. Cette distinction est confirmée par une autre inscription où un personnage, qui est Sévir Augvstalis et Flavialis, dit qu'il a été primus omnium his honoribus ab ordine doiiatus (12). Ce pluriel est significatif. Si le titre avait été unique, le Sévir en question eût dit : hoc honore, et non : his honoribus.
Ces arguments ne sont pas sans réplique. Les inscriptions qui donnent à des Seviri le nom de Claudiales , de Flaviales ou d'autres semblables, sont relativement très rares. Il n'y a rien d'étonnant à ce que, dans la plupart des villes, on n'ait pas cru à propos de désigner spécialement le nom de l'empereur régnant, puisque , d'après la règle générale , les hommages des Augustales s'adressaient à lui. Si nous examinons, du reste, la liste des empereurs dont les noms se trouvent placés ainsi en épithète» nous
(2) Ibid., V, 7509, 7511 ; XI, 1063. Wilmanns, 2100.
(3) Ibid., III, 1768, 1835.
(4) Ibid., II, 4308.
(5) Ibid., V, 1012.
(6) Ibid., II, 4300.
(7) Zeitschrift fur Altertumswissenschaft, 1848, p. 291 et sniv.
(9) Orelli, 3932.
(10) C. /. L., XI, 696. On trouve dans la même ville Sévir Claudialis sans et (714, 718).
(12) Wilmanns, 2100.
remarquons d'abord les premiers empereurs, à l'exception de Tibère, Caligula et Domitien , c'est-à-dire : Claude, Néron, Vespasien , Titus , Nerva. L'absence du nom de Tibère est naturelle. Le souvenir d'Auguste était alors trop vivant pour que son nom ne couvrît pas celui de son successeur. Quant au nom de Domitien, nul ne s'étonnera de ne pas le lire dans une inscription datée du temps de Nerva (1) ; celui de Caligula est absent , mais nous savons combien il était jaloux du culte qui lui était adressé. L'absence de son nom est donc un indice que, de son temps, les Auguslales lui adressaient un culte , sans qu'on eût besoin de changer le nom qu'ils portaient. Galba, Othon et Vitellius ont eu des règnes trop éphémères pour que nous ayions l'espoir de rencontrer leurs noms.
Après Nerva , nous trouvons Antonin , puis Septime Sévère ; mais ce sont là des exceptions tout à fait rares. Il eût cependant été naturel que le nom d'Antonin , qui a rivalisé de popularité avec celui d'Auguste, se rencontrât plus souvent. De tout ceci, on peut inférer que ces appellations sont sans importance. Dans la presque totalité des villes, on n'a même pas songé à donner des titres de ce genre aux Auguslales , tant la loi en vertu de laquelle ils honoraient toujours le prince vivant était fortement établie.
Ce qui semble confirmer cette conclusion, c'est que dans les Gaules , par exemple , où le culte de Claude était en grand honneur , nous ne voyons pas un seul exemple de Seviri Claudiales. Là , sûrement , les Seviri Auguslales étaient chargés du culte de l'empereur chéri du peuple gaulois (2).
Des inscriptions qu'Henzen invoque en faveur de son opinion , nous pouvons d'abord éliminer l'inscription d'Orelli , 3932. Elle a été rétablie , avec son véritable texte , dans le Corpus ; il faut lire Flaminàlis et non Flavialis{S). Les textes où se lisent les mots Sévir et Claudialis, Sévir et Flavialis, doivent s'expliquer de la même façon que ceux où se lisent : Sévir et Avgustalis. Nous n'avons pas admis que le titre de -SeîJî'r et celui CiAugustalis fissent appartenir à deux collèges différents le personnage qui les portait ; nous ne devons pas l'admettre davantage ici. Il s'agit, dans les deux cas, de Seviri qui, après leur année de fonctions, jouissent de l'honorariat et sont appelés dans un cas Auguslales, dans l'autre Claudiales.
(1) C. /. L., Il, 4308.
(2) Cf. Schmidt, l. L, p. 66.
LES SEVIRI AUGUSTALES. 225
Le texte le plus important est celui où un Sévir s'appelle à la fois Augustalis et Flavialù, et où il se sert du pluriel pour désigner ce double honneur. Henzen suppose que les deux collèges des Flaviales et des Augustaies existaient déjà, mais que celui en l'honneur de qui a été gravée l'inscription est le premier qui ait réuni les deux honneurs sur sa télé. M. Schmidt propose une autre interprétation. Selon lui, le collège est alors pour la première fois chargé du culte des Flavii. Cela suffirait à expliquer le pluriel. Il serait, du reste, contraire aux habitudes romaines de désigner deux titres dififérents par un seul substantif accompagné de deux adjectifs, même réunis par la conjonction et. On ne craint pas de répéter le substantif. On dit : duumvir jwi dicundo, dunmvir quinquennalis, et non : duumvir juri dicundo et quinquennaiis. On dit de même : Sodalis Augustalis , Sodalis Hadrianalis , et non : Sodalis Augustalis et Hadrianalis. A plus forte raison ne dirait-on jamais : Sévir Augustalis ^ Flavialis , Titialis , Nervialis. Cet amas d'épithètes, accumulées sur un seul nom, n'est possible que si toutes le qualifient également. De plus, le personnage qui donne à lui-même ce nom compliqué emploie seulement le nom de Sévir pour désigner son fils et son affranchi, qui exercent probablement les mêmes fonctions que lui-même (I). Nous voyons enfin le Sévir Augustalis et Neronienus s'appeler simplement du nom de Sévir, et cela sur le même monument (2), Est-il, du reste, vraisemblable qu'on ait ainsi multiplié les collèges? L'esl-il surtout que la même personne ait fait partie de quatre d'entre eux? C'eût été la ruine de sa fortune.
Henzen a senti la force de cette objection et des autres , et il admet que ces collèges ont peu duré et qu'ils se sont rapidement fondus dans le grand collège des Augustaies (3).
Cette discussion jette un jour nouveau sur le culte de certains empereurs. Nerva , qui ne fut honoré à Rome d'aucun culte particulier, fut dans certaines villes l'objet d'une vénération spéciale. Il en est de même de Septime Sévère. Enfin, le dernier des titres que nous avons mentionnés , Sévir Augustorum, el qui est du second siècle, nous indique, une fois de plus, que c'est aux empereurs vivants que les Sévirs adressent leur culte, tandis que les
(1) Cf. Mommsen, C. /. L., III, ad., 1835. Hermès, I, p. 59.
(3) L. /., p. 292. .\ Regiura Lepidura, C. /. L., XI, 971, on trouve nn Claudia.lis qui est ensuite Seoir Augustalis, mais la restitution est douteuse. Cf. Schmidt, /. L, p. 59 et suiv.
adjectifs Flavialis et Titialù , employés encore à l'époque de Nerva , nous prouvent qu'au moins dans certains cas ils joignaient au culte des empereurs vivants celui des Divi (1).
A Verceillos (2), à Milan (3) et à Novare (4), les Seviri Augustales joignent à leur nom l'appellation de Socii cuUores domus divinae. Ce titre indique d'une manière plus claire le but de l'institution du collège. Ailleurs, enfin, ils ajoutent à leur nom une désignation qui rappelle le nom d'un autre dieu que l'empereur. A Narona, nous trouvons des Seviri m. m,, abréviations que le Corpus traduit ainsi : M{agislri) M(ercuriales) (5) ;
A Grumentum, des Augustales Mercuriales (6) et des Hercutanei Augustales (7) ;
A Garsioli , des Augustales Martini (8) et un Sévir Augustalis Martinus (9) ;
A Brindes , à Noie et à Gaëte , des Magistri Mercuriales Augustales {\0);
A Mésagne, des Mercuriales et Augustales (11) ;
A Lucérie, un Apollinaris idem Augustalis (12);
A Padoue et à Vicence, des Concordiales Augustales (13) ;
A Tusculum, des Augustales Aeditui (14) et un Magister aedituorum Castoris et Pollucis Augustalium (15);
A Tibur, des Herculanei Augustales (16) et des Magistri Herculanei et Augustales (17).
Quand on examine de près les textes que nous venons d'énumérer, on s'aperçoit vite qu'on n'a pas affaire partout à des collèges du même genre. Dans plusieurs cas, les titres sont juxtaposés,
(1) Cf. Marquardt, Organisât, de l'Empire romain, l, trad. franc., p. 302.
(3) Ibid., V, 5465, 5749, 5844, 6349.
(4) Ibid., V, 6518. M. Mommson traduit c(reafi) d{ecurionum) d{ecreto). Voir sur ce point Schmidt, /. l., p. 21.
(5) C. I. L., III, 1769, 1770, 1792, 1798, etc.
(6) Ibid., X, 205, 232.
(7) Ibid., X, 230, 231, 233.
(8) Ibid., IX, 4067.
(9) Ibid., IX, 4071.
{10) Ibid., IX, 54; X, 1272. -
(11) Ibid., IX, 217.
(12) Ibid., IX, 816.
(13) Ibid., V, 2525, 2872, 2875, 3130.
(14) Ibid., XIV, 2620.
(15) Ibid., XIV, 2637.
(16) Ibid., XIV, 3601, 3633, 3656, 3661, 3675, 3679, etc.
(17) Ibid., XIV, 3652, 3658, 3665, 3681, etc.
LES SKVIRI AUGUSTALES. 227
et le personnage dont il est question a fait partie de plusieurs collèges. Ainsi les M{agislri) M{ercuriales) de Grumentum , en supposant vraie la transcription donnée par le Corpus, sont différents des Augustales. La preuve en est qu'une des inscriptions parle de ce dernier titre comme d'un honneur spécial. Celui qui a fait graver l'inscription a soin de dire que c'est à l'occasion de sa promotion qu'il a fait la dédicace d'une statue érigée au génie de la plèbe (1). La distinction est plus nettement marquée encore dans une inscription de Rudies où sont énumérés ceux qui doivent prendre part à une distribution. Les décurions recevront 20 sesterces, les Augustales 12 et les Mercuriales 10 (2).
De même, à Lucérie, les Apoilinares paraissent former un collège différent de celui des Augustales ; tantôt les deux noms sont joints l'un à l'autre, tantôt ils sont séparés (3). De là l'expression ApoUinaris idem Auguslalis (4).
A Padoue et à Vicence , on remarque la même distinction entre les Concordiales et les Augustales. Dans une inscription de cette ville le père est dit Concordialis et Auguslalis et le fils seulement ConcordiaUs. On a même laissé une place vide pour le cas où le fils obtiendrait le second titre. La même précaution a été prise sur une inscription de Vicence (5).
La distinction que nous croyons exister entre les Mercuriales et les Augustales à Grumentum devait exister de même entre les Augustales et les Herculanei. Sans cela il serait difficile d'expliquer l'adjonction du mot Auguslalis à deux mots diôérents dans une même ville. Ailleurs, au contraire, les mots joints ensemble paraissent désigner un seul corps. Ainsi, à Carsioli, il est formellement parlé de VOrdo Augustalium Martinorum (6). De même, à Tibur, VOrdo Augustalium paraît être le même collège que les Herculanei Augustales CI).
Nous sommes ici en présence d'un fait dont Borghesi a trouvé l'explication (8). Selon lui , il existait , dans certaines villes , des
(2) Ibid., IX, 23.
(3) Augustales, C. I. L., IX, 808, 813. Apoilinares, 814-817.
(5) Ibid., V, 2872, 2525.
(6) Ibid., IX, 4067.
(7) Ibid., XIV, 3601.
(8) Le Thensaurus Herculis devient Thensaurus Herculis et Augusti (C. /. L. , XIV, 3679). Borghesi, Œuvres. Bull, de llnst. arch. de Rome, 1842, p. 101-109. Cf. Hirschfeld, Bull, épigraphique, I, p. 284. C. I. L., XIV, p. 367.
collèges institués en l'honneur de dieux particulièrement vénérés. Ces collèges étaient composés de marchands, d'affranchis , en un mot de gens appartenant à la classe sociale où se recrutèrent plus tard les Augusiales. Quand le culte des empereurs fut constitué , on confia aux collèges déjà existants le soin d'honorer la nouvelle divinité. Dans quelques villes, les membres de ces collèges se contentèrent de joindre le titre à'Augustales k celui qu'ils portaient déjà. Ainsi agirent les Herculanei Augustales de Tibur. Dans d'autres villes, au contraire, ils changèrent de nom. Ainsi, à Pompéies, les Ministri Mercu.rii Maiae devinrent, depuis l'an 2 avant J.-C, les Ministri Augusti (1). Il serait téméraire cependant d'assimiler les Mlnisiri Augusti aux Augustales proprement dits : le recrutement des deux corps n'est pas le même. Les Ministri de Pompéi sont parfois des esclaves, ce que ne sont jamais les Augustales. Nous constatons enfin à Tusculum la coexistence des Seviri Augustales (2) et d'un autre collège qui honorait aussi Auguste, celui des Aeditui Castoris et Pollucis Augustales (3).
De cet ensemble de faits , il résulte que les villes avaient une certaine liberté dans l'organisation du culte impérial. Nous l'avons déjà plus d'une fois constaté; nous en avons ici une preuve de plus.
Tout ce que nous venons de dire sur l'organisation et le culte des Augustales nous aidera à en trouver l'origine. Enumérons d'abord les opinions qui se sont produites sur ce point.
Un certain nombre d'archéologues ont été frappés de la ressemblance des termes qui désignaient les Sodales Augustales et les Augustales. Ils ont pensé que les seconds avaient été créés dans les provinces à l'imitation des premiers créés à Rome par Tibère pour garder les sacra de la Gens Julia et honorer Auguste divinisé. Telle fut l'opinion de Noris, de Morcelli (4), de Zumpt et d'Henzen (5) et d'un grand nombre après eux. Egger, Marquardt et Orelli ont vu, au contraire, dans les Seviri Augustales, une institution analogue à celle des Vici Magistri (6). Les Augustales, les
(3) Ibid., XIV, 2620, 2637.
(4) Noris, Cenotaphia Pisana Diss., I, c. vi, — Morcelli, Opéra epigr,, I, p. 18.
(5) Zumpt, l. l., p. 10. Henzen, Annales de l'Inst. arch. de Rome, 1872, p. 64 et suiv.
(6) Egger, Examen critique , p. 375. Revue archéol. , III , p. 644 et suiv, Marquardt, Organisation de l'empire romain, I, trad, franc., p. 294, Orelli, II, p. 197. Cf. Schmidt, l. L, p, 120-122.
LES SEVIRI AUGUSTALES. -29
Magistri Augus laies , les Seviri magislri larum , les Maqislri lanim Auguslalium seraient, d'après eux, autant de noms différents qui désignaient une seule et même espèce de collèges sacerdotaux.
Les raisons que ces derniers donnent de leur opinion sont les suivantes : 1" Tous les membres de ces collèges sont prêtres d'un même culte et portent les mêmes insignes. Au contraire, les Sodales Augustales sont des personnages de condition toute différente. Ils sont de la famille impériale ou tout au moins des plus notables de l'empire. Si l'on avait voulu créer une institution semblable à celle des Sodales Augustales on aurait suivi les mêmes règles de recrutement et l'on aurait pris les personnages les plus importants des municipes. Quand on a créé les Flamines municipaux on a pris des hommes du premier rang comme on lavait fait à Rome. 2* Ils opposent à l'opinion contraire une raison chronologique. Les Augustales existent du vivant d'Auguste et ils ne peuvent donc avoir été créés à l'imitation des Sodales Augustales qui ont été institués après sa mort.
A ces divers arguments, Zumpt et Henzen répondent : 1° Les Vici Magistri, à Rome, n ont jamais formé de collège ; les Augustales en formaient un. 2« les Augustales, dans les municipes, ont eu un rang bien autrement important que les Vici Magistri à Rome.
Ces réponses, ainsi que le remarque justement M. Schmidt (1), n'ont pas grande valeur. La différence qui existait entre les institutions de Rome et celles des municipes suffit amplement à expliquer les changements. Le droit de s'assembler on collège, très largement accordé dans les provinces, était, au contraire, l'objet de grandes restrictions à Rome. Enfin, il est évident qu'en présence des sénateurs, des hauts fonctionnaires, de la cour impériale, des grands collèges sacerdotaux, des Sodales Augustales, etc., etc., les Vici Magislri, qui étaient de petites gens, devaient être fort peu de chose. Dans les municipes, ils étaient de plus grands personnages, parce qu'ils n'avaient pas au-dessus d'eux tous ceux dont nous venons de parler.
Un troisième argument mérite de nous arrêter plus longtemps. Zumpt et Henzen surtout établissent par de nombreux exemples
(1) L. /., p. 120. Cf. p. 118. Zumpt ajoute {l. l., p. 10) qu'on ne comprend pas que si les Augustales sont la même chose que les vici magistri , ce nom ne se rencontre pas à Rome. C'est jouer sur les roots. M. Egger veut dire seulement que les Augustales sont la même chose dans les provinces que les vici magistri à Rome, et non qu'ils portaient partout les deux noms.
que les Magistri larum Augustorum sont distincts des Seviri Augustales.
On trouve en effet des personnages qui sont à la fois :
Sévir et Magisler larum Augustorum (1) ;
Sévir Auguslalis et Magisler larum Augustorum (2) ;
Sévir et Magisler Auguslalis (3), Sévir Auguslalis et Magisler Auguslalis (4), Auguslalis et Minisler larum Augustorum (5);
Auguslalis et Magisler Auguslalis (6).
Dans une inscription , un Qualtuorvir juri dicundo fait un don à sa ville à plusieurs conditions ; il lui impose notamment de faire une distribution aux Seviri Augustales, aux Compitales larum et aux Magistri vicorum, et les nomme comme trois groupes séparés (7). Ailleurs, un Auguslalis ou un Sévir d'une ville est Magisler Atigustaiis dans une autre (8), ou bien Sévir Augxistaiis et Magisler Auguslalis bis (9). Enfin un Auguslalis est en même temps Magisler Auguslalis designalus (10).
Cette distinction renverse du coup l'argument chronologique qui paraît si fort dans le raisonnement d'Egger et de Marquardt. C'est en confondant les Magistri Auguslales et les Seviri Auguslales qu'ils avaient pu affirmer que ceux ci étaient antérieurs à la mort d'Auguste. Tous les exemples cités par eux se rapportent à des Magistri. Mais Zumpt et Henzen ont tort de conclure en leur propre faveur de l'absence d'inscriptions mentionnant des Seviri du vivant d'Auguste. On ne saurait, en effet, dater une institution du jour où une inscription en parle (II).
Ces mêmes auteurs voient une autre preuve de leur théorie dans l'existence des Seviri Claudiales, Flaviales, etc., qu'ils rapprochent des Sodales Claudiales, Flaviales et autres sodalités de même genre (12). Enfin, Henzen fait observer que l'imitation des
(2) Ibid., IX, 2835.
(3) Ibid., V, 336.
(4) Ibid., XI, 1029.
(5) Ibid., X, 205.
(6)/bid.,XIV, 2974.
(7) Orelli-Henzen, 7115. Dans la note, Henzen confond les deux derniers groupes; pourquoi pas les trois?
(9) Ibid., XI, 1029.
(10) Ibid., XIV, 2974.
(11) Cf. Schmidt, L t., p. 121.
(12) Zumpt, l. t., p. 10, Heiizen, l. L, p. 290.
LES SEVIRI AUGUSTAIES. 231
Sodales par les Seviri n'est pas une copie fidèle (1). Il admet des différences. Il les accentue même, car il distingue les Seviri, les Seviri Augustales et les Augustales.
M. Schmidt, qui étudie la question après eux, remarque tout d'abord que l'argument tiré de la distance qui existe entre les Sodales Augustales et les Seviri Augustales n'a pu, en aucune façon, être ébranlée par Henzen et Zumpt (2). Il est bien certain que les Sodales Augustales sont les plus grands personnages de Rome, et que les Seviri sont de fort petites gens.
Il ajoute de plus aux arguments donnés plus haut plusieurs autres raisons qui établissent plus nettement encore cette différence. t°Les 5oda/(?s, dit-il, ne sont jamais institués que pour des empereurs morts et consacrés. Au contraire, les Seviri portent le nom d'empereurs vivants. L'un d'eux s'appelle i\eronien(us) ; Nerva n'eut jamais de Sodales, et les Seviri lui rendent un culte.
2° Les sodalités fondées en l'honneur des diverses génies impériales se sont juxtaposées aux Sodales Augustales et sont restées distinctes. Au contraire, les Seviri Augustales ont successivement honoré tous les empereurs qui ont régné api-ès Auguste.
3° Enfin , l'argument chronologique fondé par Egger sur des inscriptions qui, en effet, ne prouvaient rien, peut être appuyé, selon M. Schmidt. sur des textes incontestables. Dans une inscription de Vérone, un Sévir s'appelle C. Julius, Caesaris Augusti l(ibertus) (3), expression qui suppose que l'empereur était encore vivant quand le texte a été gravé.
Une autre inscription relative à un Sévir porte en tête ces mots : Aug{uslo) sacrum (4). M. Mommsen, et après lui M. Schmidt, ont vu là un monument élevé à Auguste vivant, et cela avec d'autant plus de raison que l'inscription suivante, qui porte Divo Aug{usto) sacrum, montre que la distinction entre l'empereur consacré et l'empereur vivant était faite à Narona, ville où a été gravée l'inscription (5).
M. Schmidt rejette donc absolument l'opinion d'après laquelle les Seviri Augustales auraient été créés à l'imitation des Sodales
(1) Henzen, l. l., p. 291.
(2) Cf. les objections do Zumpt, /. L, p. 22, et les réponses de Marquardt, Zeitschrift fur die Alterth. wissenschaft, 1847, p. 501 et suiv. Orf/anisal. de l'empire romain, I, trad. franc., p. 294 et 295, n. 1.
(4) Ibid., III, 1769.
(5) C. I. L., m, 1770. Cf. Schmidt, L L, p. 124.
Augustales (1), et il se range à l'opinion de ceux qui voient dans cette création une imitation des Vici Magislri créés à Rome par Auguste.
En plus des arguments déjà indiqués, de nombreuses raisons militent en faveur de cette hypothèse :
1° Les cités provinciales n'auraient jamais osé confier à des affranchis un sacerdoce destiné à honorer Auguste, si le prince lui-même n'avait donné l'exemple.
2« Il y a entre les Seviri Augustales et les Vici Magislri des points de ressemblance très frappants ; Egger et Marquardt l'ont reconnu, et Mommsen s'est rangé à leur avis (2).
3° Les scoliastes d'Horace ont confondu les Augustales et les Vici Magistri ; ils n'auraient certainement pas pu le faire, s'il n'y avait eu entre les deux institutions de grandes analogies. Ce n'est pas Auguste qui a imité les Seviri en instituant les Vici Magistri; donc ce sont les Seviri qui ont été créés à l'exemple de ce qu'avait fait Auguste. Dans certains endroits, on a créé des Vici Magistri ou des Magistri larum Augustorum , mais on ne pouvait le faire partout. Un grand nombre de villes étaient trop petites pour avoir des Vici. Là, on a changé le nom, mais la môme institution se retrouve sous une désignation différente. Du reste, une imitation des Vici Magistri en province ne pouvait être qu'une imitation bien pâle. Quel corps dans une petite ville pouvait ressembler à celle des Magistri, qui étaient au nombre de plus de mille , répartis en deux cent soixante-cinq Vici. Comparez à cela, dit M. Schmidt, un ou deux collèges composés de quatre membres (3).
Enfin, il est probable qu'Auguste n'a pas dédaigné de s'occuper lui-même de l'organisation des Seciri. Le soin avec lequel il veillait aux moindres détails est notoire (4). Son grand désir était de s'attacher les classes populaires. Quel meilleur moyen pouvait-il trouver que cette instlLution qui donnait une importance à des gens mis à l'écart de toute magistrature? Pour la pre-
(1) Hirschfeld {Bull. épig7\, I, p. 286) s'étonne que cette opinion ait pu avoir de nombreux adliérents.
(2) Egger, Examen critique, p. 375. Revue archéoL, III, p. 644. Marquardt, Zeitschrift fur die Alterth., 1847 , p. 509. Mommsen, Slaatsrecht , I, p. 326, n. 7.
(3) Schol., Ad Horat. Serm., II, 3, 281. Schmidt, l. L, p. 127.
(4) Schmidt, l. L, p. 128. Cf. Hirschfeld, Bi^L épigr., I, p. 285. Marquardt, Organisai, de l'empire romain, I, trad. franc., p. 302. Mommsen, Archeol. Zeilung, 1878, p. 74 et suiv.
LES SEVIRI AUGDSTALES. 233
mière fois, ils se voyaient associés, dans une dignité d'ordre religieux, à dos hommes libres. Rien ne pouvait leur faire aimer davantage le régime impérial, à qui ils devaient cette égalité. En même temps était satisfait ce désir de nivellement, qui a été une des tendances les plus caractérisées du régime impérial (1).
Dans cette argumentation , il faut distinguer deux parties. La première est la réfutation de l'opinion adverse. Il paraît hors de doute que les Seviri Auguslales n'ont aucun rapport avec les Sodales Augmtakji. Sur ce point, la lumière est faite. Il n'en est pas de même sur le second.
En effet, dans certaines villes, existent à la fois des Vici Magistri, des Compitales larum Augustalium et des Seviri Augustales ; dans un grand nombre, les mêmes personnages s'appellent en même temps Magistri larum Augustorum et Seviri Augustales. Donc, dans ces divers endroits, ces collèges ont existé simultanément, et si l'un des deux est imité des Vici }fagistri, ce sont plutôt les Magistri larvm Augustalium que les Seviri Augustales.
Il est impossible de suposer que le terme de Magistri larum Augustorum soit un second titre des Seviri Augustales. Nous possédons, en effet, un fragment des fastes des Magistri Augustales d'une colonie, et nous y voyons des Seviri demander ce titre (2). Un peu plus loin, ces mêmes Magistri larum Augustorum donnent, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Julia Augusta, en 108, après J.-C, un festin aux décurions et aux Augustales, et les Seviri rendent, pour ainsi dire, la politesse en offrant un combat de gladiateurs. Enfin, dans une autre inscription , un Sévir Augustalis livre à des Magist7'i un temple construit par lui (3).
Pourquoi donc aurait-on créé dans une seule et même ville plusieurs imitations différentes d'une même institution ? M. Schmidt trouve à cela une raison : c'est que, les fêtes en l'honneur d'Auguste et de la Domus Divina étant fort nombreuses, on a senti le besoin de créer d'autres collèges pour aider les Vici Magistri (4). L'explication laisse à désirer. En effet, le rôle des Vici Magisiri , non plus que celui des Magistri larum Augustorum, n'est pas précisément de célébrer les fêtes des empereurs et de leur famille, mais avant tout de célébrer le culte des dieux lares remis en honneur à Rome et dans tout l'empire par Auguste.
(1) Egger, Examen critique, p. 405.
(2) Orelli-Henzen, 7165.
De plus, ou uc voit pas que les muuicipalités aient jamais décrété que telle fête serait célébrée par telle corporation ; telle autre par la corporation voisine. Si toutes prenaient part à chaque fête, il n'y avait de soulagement pour aucune d'elles, mais, au contraire, accroissement du total des charges de la cité. Pour diminuer le poids de celles qui étaient imposées aux Magistri Vicorum, il n'y avait qu'un moyen pratique : augmenter leur nombre.
Enfin, nous sommes ici, ne l'oublions pas, sur un terrain tout particulier. Auguste n'avait pas voulu qu'on l'adorât à Rome. Le seul culte que célébraient les Vici Magistri en dehors de celui des dieux lares, était celui du génie de l'empereur. C'est dans les provinces que fut établi le culte impérial proprement dit ; c'est dans les municipes qu'on a commencé à élever des temples, à dresser des autels, à créer des Flamines et à établir des jeux. Pourquoi donc aller chercher à Rome un modèle pour une institution qui a pu naître spontanément? M. Schmidt signale, en passant, ces objections ; mais il passe outre en déclarant que, si elles peuvent en arrêter d'autres, il ne saurait les blâmer de s'y tenir; mais que, pour lui, il n'hésite pas à aller de l'avant (1).
Ces objections sont cependant sérieuses, et il semble que nous possédions l'acte de naissance des Seviri de Narbonne dans l'inscription gravée sur l'autel élevé par la ville à la divinité d'Auguste. Nous trouvons là tous les éléments que nous rencontrons dans l'organisation des Seviri Augustales. Les personnages nommés sont au nombre de six. Ils sont pris, par moitiés, dans la classe des équités a plèbe (2) et dans celle des affranchis. Ils doivent offrir des sacrifices au Numen Augusti à des époques déterminées et fournir aux habitants et aux colons l'encens et le vin nécessaires aux libations. Ce sont bien là des Seviri en tout semblables aux Seviri Augustales.
Cependant, certains auteurs n'ont pas admis cette assimilation. Voici leurs raisons et les motifs qui nous empêchent d'être de leur avis.
(1) M. Mommsen, dans sa nouvelle édition du Staatsrecht {ÏU , p. 452), considère l'Augustalité comme une imitation de la chevalerie romaine. Il y a des analogies que nous avons indiquées, mais qu'il ne faut pas exagérer. M. EirscMald {Sitzungsberichte ci. K. P. Akademie, 1888, p. 839) trouve une grande ressemblance entre les Augustales et les corporations d'Apparitores à Rome , entre les Seviri et les Sex primi de ces collèges. Nous avons dit pourquoi nous n'étions pas de cet avis. Cf. p. 198 et suiv.
(2) Sur le sens de ce mot, voir Lebègue, l'Ara Narbonensis, Hist. du Languedoc, I, p. 123.
LES SEVIRI AUGUSTALES. 235
1» C'est le vœu du peuple Narbonnais et non pas un acte administratif qui crée ici les Seviri(\). — A cela, il est facile de répondre que nous ne connaissons aucun acte impérial qui ait créé les Seviri. Nous savons, au contraire, que, si les empereurs ont favorisé leur propre culte, ils ont eu l'habileté de laisser les cités prendre l'initiative.
2° L'inscription ne dit pas que les Seviri de Narbonne aient été élus par les décurions. — Cela est vrai ; mais elle ne dit pas le contraire. Bien plus, il est impossible de croire que l'érection de l'autel se soit faite sans le concours des décurions (2).
3*" Les Seviri dont nous avons parlé ici sont annuels et les Seviri de Narbonne ne le sont pas. — Cette assertion est également gratuite. Rien, dans les inscriptions de Narbonne, ne prouve que la durée du Sévirat Auguslal fût de plus d'une année. Il est, au contraire, de toute vraisemblance qu'on suivait, dans cette ville, la règle générale, et que le Sévirat Augustal ne durait qu'un an.
4° On voit figurer, dans les Seviri de l'Ara, trois chevaliers. Or, tous les Seviri Augustaux de Narbonne que nous connaissons étaient probablement des affranchis. — Cette raison n'est pas encore péremptoire. Les inscriptions de Narbonne relatives à des Scvirs ne sont pas nombreuses, et ce sont les affranchis qui ont dû le plus tenir à cœur de conserver le souvenir de leur dignité sévirale. Rien ne nous dit que, parmi les inscriptions perdues, aucune ne mentionnait des hommes libres. Nous avons déjà signalé ailleurs la mention d'un ou deux hommes libres, au milieu d'un ensemble d'inscriptions qui ne donnaient que des noms d'affranchis. Il est probable aussi que la répartition primitivement établie entre les deux classes ne s'est pas toujours maintenue et que , tout en conservant le nombre total de six , on admit les affranchis dans une plus large proportion.
5° Les Seviri de Narbonne sont exactement répartis pai* moitié entre deux classes : les ingenui et les liberlini. Cette égalité n'est pas conforme à l'institution des Seviri Augiistales, où l'on ne trouve jamais une répartition semblable (3). — Cette affirmation est bien
(1) M. Lcbègue, l. L, p. 120, traduit : « trois chevaliers romains élus par le peuple. » C'est peut-être une noblesse locale.
(2) Lcbègue, l. L, p. 120. Cf. Schmidt, p. 124. Il est inutile, comme le fait M. Lebègue {Revue archéol., 1882, I, p. 14), de supposer que, par la suite, l'élection fut enlevée au peuple pour être donnée aux décurions. Le texte ne parle pas d'élection populaire.
(3) Zumpt, l. L, p. 12.
hasardée, ainsi que le remarque M. Schmidt (1). A Milan, on trouve un égal nombre d'ingenui et de liberti parmi les Seviri. Qui oserait donc affirmer qu'on n'avait pas dans cette ville , sinon la règle, du moins l'usage de les prendre par moitié dans les deux classes ?
6° Enfin , les six personnages que nous voyons ici portent le titre de Seviri et nous ne connaissons, à Narbonne , que des 5eviri Augustales. — Au moment de l'institution, il ne peut être question , selon la théorie que nous avons soutenue , que de Seviri. Plus tard, ils sont devenus Seviri Augustales ou Augustales, mais, pour le moment , ils ne sont et ne peuvent être que Seviri. Bien plus, ils ne sont nommés ni Seviri, ni Seviri Augustales. On se contente de les énumérer. On dit : les trois chevaliers et les trois afTranchis. On n'avait pas encore trouvé de nom collectif pour les désigner.
Ainsi , les arguments par lesquels on cherche à distinguer les deux institutions ne paraissent pas devoir détruire l'opinion que suggéraient les apparences , c'est-à-dire celle qui voit l'origine des Seviri Augustales , à Narbonne, dans l'inscription de l'autel. Bien plus, les partisans de la distinction sont obligés d'admettre qu'elle n'a pas duré longtemps (2). En effet, d'après eux, aucune trace n'est restée du culte si solennellement établi par le vœu du peuple Narbonnais. Ils en concluent que ce culte s'est fondu de très bonne heure avec le Sevirat Augustal. N'est-il pas plus logique d'admettre qu'il a été le même dès l'origine?
Mais pouj'quoi ce chiffre de six ? Tout simplement parce qu'on a pris trois chevaliers et trois affranchis. Nous savons que le nombre trois est très usité dans l'antiquité romaine (3). Les municipes avaient, du reste, un modèle d'un collège de six membres dans le collège des pontifes coloniaux. Cicéron nous l'apprend dans un passage de son discours sur la loi agraire (4). Il n'est donc pas étonnant que le collège, chargé de rendre un culte aux empereurs, ait été, lui aussi, composé de six membres. Nous avons ainsi un exemple de plus de la fondation des Augustales du vivant même d'Auguste et une preuve qu'ils n'ont aucun rap-
(1) Schmidt, l. t., p. 124.
(2) Lebègue, Hist. du Languedoc, I, p. 121.
(3) Bloch, Les Origines du Sénat romain, p. 1 et suiv.
(4) Cicéron, De Lege agraria, XXXV, 96. Sex pontifices. — On trouve aussi ce chiffre dans la lex coloniae Genelivae. Cf. Hirschfeld, BulL épigr., I, p. 286,
LES SEVIRI ADGUSTALES. 237
port avec les Sodales Augustales (1). Ce n'est pas à dire qu'on puisse affirmer , comme le fait Heraog, que l'institution soit née à Narbonne (2). On ne j)eut dire davantage, comme MM. Schmidt et Lebègue, que ce culte soit originaire d'Italie (3). Le fait qu'on trouve dans certaines villes des Seviri Augnstales perpetui et des Seviri et Augustales ne prouve pas qu'elles aient été les premières où le culte ait été institué. Il serait difficile, d'ailleurs, de choisir une ville de préférence à d'autres pour y placer le berceau du Sévirat. L'Espagne, l'Italie, la Dalmatie fournissent des inscriptions où on lit ces titres. La propagation de cette institution a été rapide, parce qu'elle répondait au sentiment général et parce qu'elle était favorisée par le gouvernement.
(!) Cf. Marquardt, Organisât, de l'empire romain, I, trad. franc., p. 297.
(2) Herzog, Hist. Gai Narb., p. 198 et suiv.
(3) Schmidt, l. l., p. 125. Lebègue, Revue archéol., 1882, I, p. 14,