‹ Essai sur le culte rendu aux empereurs romainsChapitre 36 sur 61 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Quand l'empereur Constautin donna la paix religieuse au monde par l'édit de Milan , il ne substitua pas la religion chrétienne au paganisme comme religion d'Etat. Il laissa à chacun la liberté de pratiquer le culte de son choix. Néanmoins il montrait , dans la teneur même de l'édit , que ses sympathies étaient pour les chrétiens. Lui-même se fit baptiser à la fin de sa vie. Abandonner le culte de Jupiter ou d'Apollon était chose facile. La politique n'avait rien à voir avec ces dieux , et peu importait à l'empereur que ses sujets adorassent ou non les divinités de l'Olympe. Il n'en était pas de même du culte de la majesté impériale. La religion touchait ici à la politique. Qu'allaient faire les empereurs? Allaient-ils renoncer désormais à tout hommage de la part des cités et des provinces ? Après leur mort , ne recevraient-ils plus, comme leurs prédécesseurs , le titre de Divi? Un changement brusque eût été une révolution dans l'Etat. La situation des esprits et la manière dont on comprenait le culte impérial, à la fin du troisième siècle, facilita la transition.

Parmi les hommages qui étaient rendus à l'empereur, un certain nombre pouvaient être considérés comme de simples marques de respect. Tout ce qui, à ce titre, put être conservé, le fut par les empereurs chrétiens. Constantin et ses successeurs furent très conservateurs à cet égard , et certains des hommages qu'ils tolérèrent nous paraîtraient à bon droit, aujourd'hui, dépasser la limite de ce qui peut être permis à l'égard des souverains. Cette remarque s'applique tout d'abord aux termes qu'on con-

tinua à employer en parlant de l'empereur régnant et aux cérémonies qui furent en usage à la cour impériale.

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