COQUELUCHE
Quoiqu’elle atteigne parfois lés adultes, surtout les femmes qui donnent leurs soins à un enfant affecté de ce mal, on peut cependant la regarder comme propre à l'enfance. Le plus souvent épidémique, et régnant surtout avec plus de vigueur dans les saisons froides et humides, la coqueluche est aussi quelquefois sporadique. La transmission de cette maladie par contagion paraît mise hors de doute. Comme beaucoup de maladies contagieuses , elle n’attaque que rarement deux fois le même sujet.
Les premiers symptômes de la coqueluche sont très-obscurs; elle s'annonce par de légers frissons, du larmoiement , la rougeur des yeux, la bouflissure du visage et peu de réaction fébrile. La toux qui l'accompagne présente un caractère qui lui est propre, et que l'on peut regarder comme pathognomonique ; elle revient par quintes assez fréquentes, et avec un bruit ou sifflement particulier qui la met hors de doute ; elle n’est suivie d'aucune expectoration, même chez l'adulte ; à peine quelques crachats filans, limpides, sont-ils expulsés avec difficulté. La partie antérieure du cou est quelquefois dou- Jloureuse ; il existe de la tristesse, de l'abattement, de l’inappétence; mais le malade n'accuse aucune souffrance, Cet ensemble de symptômes constitue ce qu'on appelle /a première période, et suflit presque toujours pour la faire distinguer de toute autre : la durée de cetle période est de huit à dix jours environ. L’auscultation et la percussion ne donnent aucun résultat remarquable, si ce n’est que la première fait entendre quelquefois un peu de râle muqueux, parfois sibilant. | À je
Dans la seconde période, tousles' symptômes sont plus marqués; les quintes de toux deviennent plus fréquentes , surtout pendant la nuit, excitées qu'elles sont par une démangeaison irrésistible qui se fait ressentir dans le larynx ou la trachée-artère ; les inspirations et les expirations he s’achèvent pas, sont irrégulières; une inspiration longue ,
pénible et bruyante est suivie d’un grand nombre de secousses expiratoires : ces quintes sont accompagnées d’une grande anxiété. La respiration paraît interceplée par les efforts de la toux, la suffocation semble prochaine; la face est gonflée, violette; les veines jugulaires sont distendues, les yeux saillans et remplis de larmes ; l'accès se termine par quelques inspirations longues et sifllantes; au bout de peu d’instans, il recommence avec les mêmes caractères, et se termine par l’expulsion d’une matière glaireuse provenant des bronches ou de l'estomac ; car il n’est pas rare que quelques efforts de vomissement se joignent à la toux. Ces matières sont quelquefois parsemées de stries sanguinolentes. Après quelque temps , les efforts de toux sont fréquemment suivis de véritables épistaxis ; le sang peut même s'échapper par les yeux et par les oreilles. Tous les efforts de la respiration provoquent les quintes ; chez les enfans, ce sont les cris, les pleurs ; après une course, un exercice un peu fort, après le repas, la toux est ordinairement plus violente : ces accidens varient suivant l'intensité de l'affection. Le stéthoscope ne fait reconnaître qu’un léger râle muqueux ; les phénomènes généraux sont ordinairement peu prononcés; on observe cependant, dans certains cas, un appareil de réaction plus ou moins fort. La maladie peut rester stationnaire pendant un temps indéterminé,, en général fort long , quels que soient les soins que l’on donne au malade. Enfin les accès diminuent de nombre cet de violence; la toux perd de son caractère, elle est suivie de l'expectoration de matières plus épaisses ; les quintes s’éloignent de plus en plus, cessent pendant plusieurs jours, se réveillent pourtant par la moindre cause; et souvent, après un, deux et trois mois, il peut survenir encore de véritables quintes de coqueluche. |
La marche de cette maladie est continue; sa durée est de deux ou trois mois, plus ou moins; elle peut être très-intense et se terminer par la mort; mais les complications fréquentes qui surviennent causent le plus souvent cette terminaison funeste. La coqueluche est bien plus souvent snivie d'un rétablissement complet que d’un 4vè-
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nement fâcheux , et peut souvent être considérée comme une simple indisposition plutôt que comme une maladie grave, lors même qu’elle est d'une fort longue durée. 3
La toux me semble caractériser cette affection ; en effet, elle est plus éclatante et plus sonore que dans le catarrhe simple , elle n'est pas rauque et striduleuse comme dans le croup ; d’ailleurs rarement accompagnée de fièvre, la coqueluche se développe ordinairement ayec lenteur , s'annonce par quintes, et n'offre dans le caractère de la voix rien qui puisse la faire confondre avec cette dernière affection,