‹ Essai sur le Diagnostic No.93Chapitre 7 sur 10 · BRONCHITE · texte numérisé non relu

BRONCHITE

L’inflammation aiguë des bronches, à un certain degré d'intensité, s'annonce ordinairement par du malaise, de la céphalalgie ; bientôt le malade éprouve une douleur générale et profonde dans le thorax , une chaleur sous-sternale, une toux fréquente, sans expectoration d'abord, de la difficulté à respirer, et un appareil de réaction proportionné à l'intensité de la phiegmasie.

Les efforts de toux ne sont suivis d'aucun résultat dans le principe de la maladie; mais, au bout de peu de jours, ils produisent l'expulsion de mucosités filantes ; visqueuses , transparentes, tenaces , et d’autant plus adhérentes au vase que l’irritation est plus vive et que les redoublemens qu'’eile subit sont plus intenses. Ces crachats sont d’autant plus écumeux qu’ils sont expectorés après une toux plus opiniâtre et plus prolongée ; quelquefois des stries de sang les sillonnent.

La toux et les crachats reviennent par accès appelés quintes, qui ont lieu principalement au réveil et après le repas , et peuvent être produits par la moindre cause, telle que les efforts de respiration, l'exercice, l’action de parler, de rire , de pleurer, et surtout par l'impression du froid. k

Lorsque l’inflammation tend à se terminer, la toux devient plus rare et moins pénible, le mucus bronchique est de moins en moins transparent; on y remarque des points opaques blancs, jaunes, ver-

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(un) dâtres, dont le nombre s'accroît de telle sorte, que bientôt la totalité du crachat est opaque et colorée. Dans quelques cas, la maladie se termine aussi heureusement sans que le sujet cesse d’expectorer des mucosités transparentes et visqueuses. (

La percussion fait reconnaître un son clair dans toute l'étendue du thorax. Le cylindre donne la sensation d’un sifflement, d’un râle sec, sonore dans le principe, et plus tard du râle muqueux. La respiration cesse momentanément dans certains points , ce qu’on doit attribuer à l’obstruction de quelques rameaux bronchiques par laccumulation des matières muqueuses.

Bronchite chronique. Lorsque la bronchite aiguë, au lieu de se terminer par résolution, passe à l’état chronique, ce qui s’observe principalement chez les vieillards ; la toux et l’expectoration continuent, le mouvement fébrile cesse , ou n’a plus lieu que le soir et dans lé paroxysme ; l'appétit recommence à se faire sentir, les forces reviennent ; cependant le malade conservé de la pâleur, il maigrit et il éprouve de l’étouffement lorsqu'il se livre à un exercice quelconque. Les crachats sont ordinairement moins visqueux, plus opaques que dans la bronchite aiguë; ils sont presque puriformes, quelquefois d’un gris ou d’un vert sale, rarement teints de sang , ordinairement inodores , quelquefois fétides. Il est souvent très-difficile de les distinguer des crachats de la phthisié pulmonaire.

La poitrineestsonore , et le cylindre fait percevoir un râle muqueux très-rarement général, quelquefois assez fort et assez abondant ; on enten& ordinairement assez bien le bruit respiratoire; jamais il n'est complétement suspendu. à moins que la membrane muqueuse ne soit très-engorgée ; quelquefois il est aussi marqué que chez l'enfant, quoique le sujet éprouve une gêne excessive de la respiration.

La toux et l’expectoration diminuent et cessent même en été pour reparaître en hiver. Après quelques alternatives de ce genre, l'expectoration reste permanente; le pouls conserve ordinairement une éerlaine fréquence; le sujet maigrit et s’affaiblit de plusen plus, quoique

avec lenteur. Telle n’est pas toujours sa marche; il est des cas graves où l’amaigrisse ment fait de rapides progrès ; la toux est continuelleet très-pénible ; le pouls est fréquent, surtout le soir; enfin des sueurs abondantes épuisent le malade, qui périt après avoir expectoré des crachats absolument semblables à ceux qu’on observe dans la phthisie, quoique cet état n'existe pas. Quand le poumon est sans tubercules , on n’entend à l’aide du cylindre ni la pectoriloquie , ni de garg Hiliement : ni la respiration caverneuse, ni l'absence constante de la respiration et du son; et si ces signes manquent pendant un certain temps , on peut prononcer qu'il n'existe qu'une bronchite chronique, malgré l'extrême gravité des symptômes, l'aspect des crachats et la violence de la toux. Lcd du malade doit aussi servir à éclairer le diagnostic. |

L'inflammation chronique des bronches détermine quelquefois leur diatalion , qui, lorsqu'elle est assez considérable , donne à l’aus- . cultation quelques-uns des signes propres à la phthisie pulmonaire, la pectoriloquie , le gargouillement. Mais le malade dontles bronches sont dilatées est sans fièvre; il conserve l'appétit et ses forces; il ne maigrit pas , il n’a pas de sueurs nocturnes , compagnes presque inséparables des tubercules pulmonaires.

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