‹ Essai sur le digitale et son mode d'actionChapitre 3 sur 8 · ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA. DIGITALE · texte numérisé non relu

ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA. DIGITALE

De 1535 à 1770, la dig'itale fut employée empiriquement et à titre d'éméto-catliartique ; puis, en 1775, d'après les expériences et les observations de Withering' , ses propriétés hydrag'og'ues furent mieux connues, en même temps qu'on commença à étudier son action sur la circulation. GuUen, un des premiers, constate que la dig'ilale ralentit la circulation. Moiïmann explique cette action en lui attribuant le pouvoir de diminuer l'irritabilité musculaire du cœur et des artères, sans nuire à la force du système. King'lake , Grawfort et Macdonald , Sanders, Boildon, Glutterbrucli , vinrent ensuite et étudièrent l'influence de la dig'itale sur le cœur; mais ils n'arrivèrent pas tous aux mêmes conclusions : la dig'itale, d'après les uns, ralentissait la circulation , et, d'affrès les autres , l'accélérait. Bientôt on observa mieux son action sur la sécrétion urinaire , sur les systèmes nerveux et dig-estif. Elle prit rang- alors parmi les diurétiques les plus puissants, exerçant simultanément une action sédative sur la circulation.

Jusqu'alors on n'avait qu'une idée encore confuse sur la dig-itale, et on n'avait pu établir, d'après des expériences précises et fondées sur des données physiolog-iqucs exactes, le mode d'action de la dig-italc, Mais, h partir du moment où la dig-italine fut connue et extraite h l'état de pureté, et qu'il fut

démontré que la dig-italine possédait en propre et en entier les propriétés actives et utiles de la dig"itale, les expériences se multiplièrent, les observations cliniques furent faites avec plus de soin; plusieurs travaux importants furent publiés, et on put être à peu près fixé sur l'influence exercée par la dig-itale et la dig-italine sur les systèmes circulatoire, nerveux, digestif, g-énito - urinaire. Cependant encore quelques contradictions se firent jour, et les théories par lesquelles on explique l'action de cette substance sont encore loin d'être satisfaisantes. Il est donc besoin de nouvelles expériences pour que l'on ait définitivement une connaissance exacte du mode d'action de la dig-itale et, par suite, de ses indications ou contre-indications thérapeutiques.

Nous allons passer successivement en revue les phénomènes que l'absorption de la digntale ou la dig'italine, à faible ou à haute dose , peut produire dans Forg-anisme sain; nous examinerons ensuite rapidement l'influence que cette substance exerce sur les fonctions des systèmes dig*estif, g-éni tal, respiratoires, nerveux, desorg'anesdes sens, etc. , influence quelquefois mal déterminée , ou que le thérapeutiste serait heureux souvent d'éviter; puis nous insisterons sur les phénomènes que la dig'itale produitsur la circulation, la température et la fonction urinaire; nous chercherons à expliquer théoriquement cette action et à tirer de là les conclusions thérapeutiques qui seront développées dans la troisièjne partie de ce travail.

ArAioii sin- F appareil digcslif. — La dig-ilale a^it

sur l'ensemble de l'appareil dig-estif, mais de diverses manières, suivant que la dig-itale ou la dig'italine ont été employées à faible ou à forte dose, et suivant le mode d'introduction du médicament.

Depuis long-temps, on avait remarqué (|u'elle ag-issaitsur l'appareil dig-eslif à la façon d'un émétocalhartique,et l'on savait très-bien queles premiers phénomènes de l'intolérance étaient les nausées, les vomissements et quelquefois la diarrhée. Ces propriétés avaient été utilisées, dans certains cas, au point de vue thérapeutique. Les autopsies avaient démontré que la dig-itale^ surtout en poudre , produisait une irritation de lamuqueuseg-astrique, accompagnée de roug-eur et quelquefois même d'ulcération. Naturellement on vit dans cette cette action locale l'orig-ine des troubles fonctionnels qui se manifestaient. Mais, depuis les recherches de MM. HomoUe et Quévenne, d'après les expériences faites sur lui-même par le premier de ces observateurs (1), il paraît démontré : 1" que la dig-itale, plus que la dig-italine, est capable de produire ces phénomènes; 2° ((ue l'action locale irritante n'explique pas seule les troubles fonctionnels; car lorsque la dig-italine est introduite, soit directement dans le sang- par les veines, soit par absorption cutanée, les mêmes phénomènes se produisent presque avec la même intensité. Le système nerveux est probablement d'abord influencé, et c'est consécutivement

(i) Hotnollc, Icoiurc à la Socitilc des hôpitaux, 1864.

que les troubles dig-estifs fonctionnels se manifestent.

D'après M.Homolle, la puissance éméto cathartique de la dig-itale réside au maximum dans In principe nauséabond de la digùtale, qui ag-it probablement par l'acide dig-itoléique.

Loi'sque la di^-itale est donnée à dose thérapeutique, on observe quelquefois seulement un peu de pesanteur épig-astrique, d'autres fois une véritable douleui\

Cette sensation est quelquefois accompag-née de sécheresse de la bouche, ou dans d'autres cas d'une salivation plus ou moins prononcée fHufeland, Sandras, MM. Bouley et Reynal, Lœderich). Cette action sur les g-landes salivaires est loin d'être constante, et le plus souvent est consécutive aux effets de l'intoxication. Il se produit une saveur amère, désag'réable, qui fait que les malades refusent de prendre de nouvelles doses du médicament. Il y a aussi inappétence et absence de soif.

Si le médicament est donné à dose forte, ou si son action s'est lentement accumulée, on observe des nausées pénibles, puis des vomissements de matière g'iaireuse, quelquefois verdàtre, vomissements incoercibles qui ne surviennent pas au moment même de l'ing'estion de ladig-itale, mais plus souvent sept ou huit heures après. La dig'italine à haute dose amène le vomissement plus tôt.

Les fonctions intestinales sont elles-mêmes influencées, et l'on observe le plus souvent de la constipation 'Lœderich, Stadion de Prag-ue). A haute dose

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