‹ Essai sur le digitale et son mode d'actionChapitre 4 sur 8 · SI · texte numérisé non relu

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il y a quelquefois unerdiarrliée séreuse abondante, dont la nature est analog'ue à celle des vomissements et qui précède la constipation.

Sur les annexes du tube dig-estif la dig'itale ne paraît pas avoir une action très-manifeste. Quelques-uns ont pensé que la sécrétion de la bile était aug'mentée. Lœdericb, d'après ses recherches, n'a jamais constaté d'action directe ni même consécutive sur le foie.

Système absorbant, h/mphatique. — Mongnardini , Drake, ont écrit que la dig'itale aug-mentait la circulation de la lymphe et des humeurs. Cette assertion , entachée d'anciennes idées physiologiques, n'est nullement démontrée. Dans l'état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons dire si la dig'itale exerce une action quelconque sur le système lymphatique. Cependant, M. Vulpiaii en 1856, dans des expériences sur la g'renouille, constata (1) que les cœurs lymphatiques n'étaient nullement influencés ni dans la régularité ni dans la force de leurs battements, aloi's même que le cœur sang'uin avait cessé de battre sous l'influence de la dig-italinc.

On voit donc que jusqu'à présent cette action n'est pas encore bien élucidée.

Action sur la respiration. — MM. Bouley et Heynal oiU noté dans leurs expériences sur les chevaux

Ij Comptes-rendus de la Sociélc de biologie, page 81, 18o6.

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qu'à dose rapidement toxiqiie la respiralion s'accolerait et diminuait plus tard et qu'à dose atténuée, la respiration se ralentissait. MM. Lafond et Dupuis sont arrivés à des résultats analog-ues. M. le professeur Bouillaud, dans ses nombreuses observations, n'a jamais constaté de ralentissement ou d'accélération de la respiration, ainsi que Paul Durozzier.

Il est probable que, dans les expériences, si la respiration subit quelques chang-ements, c'est consécutivement à ceux survenus dans la circulation à laquelle elle est liée si intimement.

D'après divers observateurs, la dig-italine favoriserait l'exhalation pulmonaire et la sécrétion des mucosités dans les maladies des poumons. C'est encore un fait à vérifier.

Action sur le système nerveux. — A dose toxique, la dig-italine a une action stupéfiante qui se traduit par un état comateux, la stupeur, l'insensibilité g*énérale, la titubation dans la marche, un affaiblissement musculaire qui va en aug-mentant jusqu'à la paralysie (MM. Bouley et Reynal). On observe en outre, chez l'homme, une céphalalgie atroce, insupportable, des N crtig-es, des douleurs vives le longde la colonne vertébrale (M. le professeur Tardieu). A l'autopsie, on constate une congestion plus ou moins intense des ménîng-es. ' A dose plus faible ou médicamenteuse, les centres nerveux paraissent être à peine influencés; un peu de pesanteur de tête, quelques étourdissements, des bourdonnements d'oreille, de l'insomnie et des bâillements sont seulemént observés , surtout au

moment où l'intolérance commence à se manifester.

La dig'itale produisant ses effets primitifs sur les appareils de nutrition, n'ébranle que faiblement les appareils de relation (M. le professeur Bouchardat). Aussi ne voit-on survenir aucun changement appréciable dans la sensibilité et la motilité si la dose est faible; mais, si la digitaline a ag*i à dose toxique, il se produit une faiblesse musculaire considérable, une prostration très-g*rande des forces, à tel point que l'émission de la voix devient même difficile. Dans certains cas, on observe des fourmillements dans les muscles des membres et du tronc, qui sont ag'ités de contractions fibrillaires (M. Faure).

Ici, comme nous l'avons vu et le verrons ailleurs, il y a deux actions manifestes de la dig'itale : à haute dose elle produit une excitation très-vive, bientôt suivie d'une période ultime de prostration, de paralysie : à faible dose, point d'action : si elle existe c'est plutôt une action rég"ulatrice comme on l'a observé fréquemment dans les observations cliniques.

Appareil oculaire, vision. — Lorsque la dig-itale est donnée à dose thérapeutique, elle ne produit aucun phénomène sensible. Mais, lorsque l'économie commence à manifester l'intolérance , on voit survenir divers troubles . La pupille se dilate (Stannius, M . Hervieux). la vue devient trouble; on éprouve des illusions d'optique , des obnubilations de la vue. Si là dose est toxique , la cécité peut être complète ; les yeux sont alors injectés et saillants, la pupille est dilatée et immobile.

D'après MM. Quévenne et Homolle (1), ce serait, de tous les principes actifs de Ja dig-itale, l'acide dig'itoléique dont l'action sur la vue serait la plus active.

Coipendant la dig-italine, lorsqu'elle est administrée à trop forte dose, produit aussi les mêmes troubles que la dig-itale.

Si on applique sur la conjonctive oculaire un peu de dig'italine, comme l'ont fait MM. Homolle et Quévenne, on observe une irritation locale plus ou moins intense, la vue devient trouble, et si on fixe la flamme d'une boug'ie , elle semble entourée d'un cercle ii isé. Le critallin paraît avoir alors un certain deg-ré d'opalinité.

Appareil génital. — La dig'itale exerce , au dire de plusieurs observateurs, une action manifeste sur les org^anes g-énitaux del'liomme (Brug-mans, Gorvisart, Laroche, W. Bouchardat). Sous son influence, on verrait lesorg-anes g-énitaux perdre leur tension, devenir flasques et incapables d'érection; la sécrétion du sperme cesserait pendant un temps assez long" (Gorvisart) ; il y aurait, en un mot^ diminution de l'afflux du sang\ Sandras dit n'avoir jamais observé ces phénomènes.

Gependant j'ai vu , chez un jeune homme fort et robuste, qui prenait des g-ranules de dig-italine, à la dose de i , 2 , 3 par jour, pour une hypertrophie du cœur, les org-anes g*énitaux subir l'influence de la dig'itale, en ce sens que les désirs vénériens

(l) Archives de médecine, 1861. juillet page 5,

étaient très-alténués et que l'érection étaitpliis lente à s'établir.

La dig-itale, en petite dose, aurait donc une action hyposthénisante , comme l'a observé Brugmans. Cette action, toutefois, aurait besoin d'être de nouveau étudiée avec soin, car elle n'est pas encoreabsolument établie.

La dig-itale ag'it aussi sur l'utérus. D'après Dickinson, sous son influence, le système musculaire utérin serait excité, et il se produit des contractions utérines.

Piédag'nel(l) avait fait lamêmeremarque. M. Delpech , d'après des essais tentés dans ce but, a presque toujours vu la dig-itale influencer la contractilité utérine et amener des contractions nettes, séparées pardes intervalles rég-uliers, avoir enfin une action en tout analog-ue à celle du seig-le erg*o(é. Cette propriété a même été utilisée, dans certains cas, pour provoquer des avortements, comme le relate M. le professeur Tardieu dans son Traité des em poisonnemen ts .

Action sur la peau. — Comme action locale, la dig-itale et surtout la dig-italine , ont une action irritante assez prononcée. Dans les expériences rapportées par MM. HomoUe et Quévenne, on voit que la digitaline produit sur la peau une sensation d'eng-ourdissementetqueles frictions avec une solution de dig-italine sont irritantes. Si l'épiderme estenlevé

(l) Piédagnel, Journal des Connaissances mèdico'chmirgicales, p. 255,

et qu'un peu de poudre de dif^ilaline soil appliquée ù la surfaee du derme, il survient une euisson vive et bientôt un certain deg-ré d'intlanimation.

Outre son action de contact sur la peau, la dig-itale, prise à l'intérieur, réag-it aussi sur la fonction sudorale. Sanders admet l'augmentation de la sueur, et, dans certains cas, il a observé une moiteur g'luan te de la peau. Donnée à petite dose, la dig'itale vivifie, pour ainsi dire, les surfaces ulcérées, saig*nantes, blafardes : c'est du moins ce que prétend le même auteur. Cette excitation de la peau aurait même été poussée assez loin pour permettre à Jaeg'er Schmits de constater la présence d'éruptions épipliénoménales, de plaques érythémateuses {Bull, dethérap., 1851, t. XLI,p. 262).

L'action de la dig'itale sur les g-landes sudo raies est mise en doute par Sandras et Lœderich : aussi sommes-nous loin encore d'être fixés sur l'existence ou la non-existence de cette action.

Action de la digitale et de la digitaline sur la circulation. — La diligitale, ou son principe le plus actil la dig'italine, exèrce surla circulation une influence manifeste ; mais, lorsqu'on veut préciser dans quel sens cette influence opère, et qu'on recherche l'opinion des auteurs, on est étonné des contradictions sans nombre qu'ils renferment. Ces contradictions, appuyées la plupart sur des expériences, jetteraient dans le plus g-rand embarras, si on les acceptait sans, critique.

C'est ainsi que les uns, et ce sont les plus nom-

breux, considèrent la dig-itale comme ralentissant et rég'iilarisant la circulation, que les autres, en plus petit nombre, voient clans ladig^itale un ag-ent accélérateur.

I. Withering% un des premiers avec CuUen , avait remarqué que lé pouls devenait plus lent, plus dur; Beddoës avait ég-alement constaté le ralentissement, et de plus . il avait, d'une manière approximative, observé, au moyen du sphyg-momètre, que la dig'itale aug'mentait constamment la force du pouls. Mosmann, King'lade, Grawfort et Macdonald, Glutterbruck, Schwilg"ué, Vassal, Bidault de Villiers, Wktfîeld étaient ég-alement partisans du ralentissement du pouls. Pour la plupart ils pensaient que tout en ralentissant le cœur, ladig-itale ne lui faisait perdre aucunement de sa force d'inspulsion.

Rasori et son école ont vu dans la dig^itale un sédatif puissant du système sang'uin, en même temps qu'un perturbateur ; de là son action contro-stimulante.

Sandras l'a considérée comme ayant deux actions, suivant qu'on l'employait à petite dose ou à haute dose. A faible dose, il avait observé un peu d'accélération, mais à dose un peu plus élevée, il constatait le ralentissement, puis enfin à dose plus forte l'accélération avec irrég-ularité.

M. le professeur Bouillaud la considère comme un narcotique du cœur, et pour lui de tous les sédatifs il n'en est pas de plus direct, de plus spécifique que la dig-itale.

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