‹ Essai sur le droit public d'AthènesChapitre 32 sur 35 · LES JUGES DES DÉMES · texte numérisé non relu

LES JUGES DES DÉMES

A la suite et à côté des Arbitres publics , il convient de placer les Juges des dêmes (oî xarà ^vlpiouç ^ixaorTai). C'étaient des espèces de juges de paix nomades , qui parcouraient l'Attique dans tous les sens. Ils étaient d'abord trente, nous disent les grammairiens ; mais , après l'Archontat d'Euclide y pour n'avoir plus à prononcer ce nom odieux des Trente y on augmenta le collège de dix membres, et désormais ces juge« furent appelés les Quarante (oî TETTapaxovTa) (1). Ces magistrats avaient d'abord été désignés par l'élection ; ils le furent ensuite par le sort , quand ce sys-

(1) Pollux, VIII, 100. Une glose des \eitui ^viTopixaC (Bekker, Ânecdota , p. 310, I. 21) , qui rappelle ce même changement de nombre , contient en même temps une erreur manifeste. Ce serait ces mêmes magistrats, assure le grammairien, qui auraient mis k ramende ceux des Athéniens qui ne se présentaient pas à rassemblée. Mais , outre que rien ne nous prouve d'ailleurs que les citoyens suent été forcés , sous peine d'amende, d*as* sister aux séances de l'assemblée, comment ces magistrats auraient-Us pu à la fois 8*ac* quitter de cette surveillance et parcourir F Attique?

tème eut partout prévalu (1). Nous ne savons pas s'Os siégeaient tous ensemble^ ou s'ils se partageaient en sections dont chacune se réservait un des districts de rAttîque; c'est cette dernière conjecture qui paraît le plus vraisemblable. Sans doute^ pour chaque canton^ il était indiqué à l'avance quand ces magistrats y arriveraient, et dans laquelle de ses bourgades ils tiendraient leurs séances. Ce qui est certain^ c'est qu'ils jugeaient , sans doute en dernier ressort ^ les contestations dont le sujet ne dépassait pas une valeur de dix. drachmes (S). Quand les grammairiens disent que les Quarante renvoyaient aux juges (râpa- ^i5oa(ïi toi; ^ixadraîç) les litiges OÙ la valeur de l'objet dispjiité dépassait dix drachmes, il convient d'entendre par là que, dans ce cas, ils remettaient la cause aux magistrats, qui la portaient devant les juges (3). Comme les magistrats ne pouvaient rien décider par eux-mêmes , c'était bien en réalité aux Hèliastes que les Quarante renvoyaient les procès qui excédaient leur compétence ; si les grammairiens ont omis de mentionner ici l'intervention nécessaire du magistrat , c'est que la chose allait de soi , et qu'ils tenaient d'ailleurs à être le plus brefs possible. Supposons un instant que les Quarante aient formé eux-mêmes le tribunal toutes les Tois qu'ils avaient été saisis les premiers et qu'ils n'avaient pas le droit de régler le différend par leur propre autorité, la compétence des Archontes nous apparaîtra singulièrement réduite; il aurait suffi, dans celte hypothèse, que le débat eût d'abord été porté devant les Juges

(1) Bekker, Anecdota^ p. 3iO, 1. 21. Hesychius, s. v. TpidxovTa. Demosth., C. fimocrat., 113. Bekker, Anecdota, p. 306 , 1. 15.

(3) Bekker, Anecdota, p. 306, 1. 15.

(3) Bekker, Anecdota^ 1 , 306, 15. Harpocration et Suidas in xatà 5ii|iovc dcxorretC. Pollux,YIII, 100.

L'ORGAItlSATION JUDICIAIRE. Ml

des dêmes pendant leur tournée, pour que les Archontes sô trouvassent par là même mis de côté et dépouillés de leur <]roit. Il suffit d'énoncer une pareille supposition pour que l'on en sente toute l'invraisemblance. Les Quarante, comme nous l'avons dit , ne jouaient le rôle de magistrats que pour la répression de certaines attaques contre les person* nés qui ressortiraient aujourd'hui de la police correG-^ tionnelle.

Page 1