JUGEMENT
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Les Maréchaux de France,
Sur ce que plusieurs Gentilshommes très connus, tant par les marques illustres de leurs Maisons, que par celles qu'ils ont données de leur courage en diverses occasions, nous ont représenté qu'ils souhaiterolent avec passion de contribuer en tout ce qui peut dépendre d'eux, pour l'exécution des Edits du Roy contre le pernicieux usage des Duels , introduit et invétéré en France, au grand préjudice de la Religion Chrétienne et du bien de cet Etat : Qu'à cette fln ils auroient soussigné un écrit, contenant une déclaration publique et protestation solennelle de refuser toutes sortes d'appels, et de ne se battre jamais en Duel pour quelque cause que ce soit, et de rendre
toute Sorte de rétn'ôigttàgfe de la detestàltiôh qu'ils ont du Dùél , c'omîne chose tout à fait contraire à la raison, au bien et aux Loix dte l'Etat , et incbmpatibie avec le salut et la Religion Chrétienne ; sans pourtant renoncer au droit de repousser par toutes voyes légitimes les injures qui leur seroient faites, autant que leur profession et leur naissance les y obligent ; estans aussi toujours prests de leur part d'éclaircir de bonne foy ceux qui croyroient avoir lieu de ressentiment contr'eux, et de n'en donner sujet à personne. Veu et examiné ledit écrit ; et après les avoir entendus sur cette matière : Nous avons approuvé et approuvons le contenu dans ledit écrit; le déclarons conforme aux Ëdits du Roy, et aux Loix de llionneur, comme il l'est à celles de la vraye Religion. Exhortons tous les Gentilshommes de ce Royaume d'y souscrire et de l'observer en tous ses points : comme aussi les soussignez audit écrit, et tous ceux qui voudront y souscrire et remédier aux desordres des Duels , de conférer et aviser ensemble sur les satisfactions qu'ils croyroient raisonnablement tenir lieu de celles qu'on espère par le Duel, pour en dresser mémoires, et les mettre incessamment entre les mains de nôtre Secrétaire de la Maréchaussée de France ; afin que les ayant veuës et examinées, nous en puissions faire rapport à Sa Majesté , pour estre , si Elle juge à propos, confirmées par un nouvel Edit ou Déclaration à l'avantage de la Religion et du biea
de son Etat Fait à Paris le premier juillet mil six cens cinquante et un. Signé par Messieurs les maréchaux de France : £t plus bas.
QuitLET