‹ Essai sur le génie dans l'artChapitre 4 sur 41 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

comprendre le génie, il faut étudier cett« puissance créatrice à tous ses degrés, sous toutes ses formes, marquer son rôle dans les divers actes de TinteUigence, son intervention dans rétude de la nature; montrer enfin comment Timage lui permet de s'afiranchir, de s'exprimer librement dans une matière qui ne lui résiste plus.

L'intuition sensible, qui donne Télément de la connaissance, n'est-elle pas le premier acte de Tesprit qui s'organise? La perception n'est-elle pas une combinaison plus complexe, une forme supérieure, dont la sensation serait la matière? Avant d'être une froide analyse, la vérité n'estelle pas comme une beauté vivante dans l'esprit de celui qui la découvre? L'induction, l'hypothèse et l'analogie, tous les procédés de la recherche scientifique ne sont-ik pas fécondés par le travail de cette activité spontanée qu'un mouvement naturel entraîne vers l'harmonie ? L*effort constant de l'esprit pour se constituer, pour former de ses idées un tout en accord avec lui-même, n'est-il pas enfin la révélation la plus claire de ce génie, plus ou moins présent à toutes les démarches de l'intelligence? Cette étude achevée nous montrerait dans la pensée la vie, au delà de la réflexion la spontanéité, les tendances primitives, au [»incipe de tout la loi d'organisation, d'où dérive toute la fécondité spirituelle.

Mais les phénomènes, matière indocile, ne se plient pas aux exigences de l'esprit^ ils le troublent, ils font passer en lui leurs contradictions. La vie incomplète ne se maintient que par un efiort. Pour que le génie pût se manifester librement, il faudrait une matière qui ne se distinguât plus de Tesprit. La vie intérieure des images permet la création de

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