‹ Essai sur le génie dans l'artChapitre 5 sur 41 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

ce monde tout spirituel où, la matière même étant idéale, Tesprit est tout-puissant. Les éléments intérieurs tendent d'eux-mêmes à s'organiser sous l'action d'une idée maîtresse, d'un sentiment impérieux; c'est déjà la conception de l'œuvre d'art. Le rapport de l'image au mouvement relie l'œuvre conçue à Tœuvre exécutée. Une loi fondamentale, qui rattache la pensée à la vie : la tendance à organiser, à ramener le divers à l'un, et à varier l'unité en groupant autour d'elle les éléments qu'elle peut ordonner; la renaissance de la sensation dans l'image; le rapport intime de l'image au mouvement qui la réalise : il ne faut rien de plus pour expliquer le génie. L'art est la conséquence nécessaire de la vie des images dans l'esprit.

Loin d'être un miracle, qui rompe brusquement la continuité des choses, le génie est peut-être le fait le plus général de la vie intérieure. Le plus souvent, il est vrai, le mouve^ ment vital, qui prépare l'œuvre synthétique du génie, se fait hors de la conscience. Mais la conscience, en limitant son propre domaine, nous révèle indirectement ce qui se fait en nous et par nous, sans qu'elle intervienne. Les découvertes imprévues, les idées soudaines, les surprises heureuses l'avertissent qu'elle n'est pas toute la pensée, que le plus souvent elle recueille les fruits d'un travail vital qu'elle prépare, mais auquel elle ne saurait suppléer. L'observation extérieure et l'analyse critique des œuvres de l'art achèvent de déterminer par tout ce que la réflexion y découvre après coup la part qui revient à la nature, à la spontanéité vivante dans Tœuvre du génie. L'emploi simultané des deux méthodes (subjective et objective), la comparaison de leurs

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