Hawtrey. The Gold Standard in Theory and Practice p
tel pouvoir discrétionnaire, la recherche d’une formule propre à concilier les intérêts de tous est peut-être inutile et illusoire.
Section Il Les rapports financiers entre la banque centrale et l'Etat
Indépendamment des rapports qui existent d’une façon ordinaire et normale entre la banque d’émission et l'Etat, il est loisible de concevoir des relations plus étroites au point de vue financier : la banque centrale peut avoir un rôle plus actif en ce qui concerne notamment les travaux publics ; elle peut, en outre, devenir une véritable annexe du Trésor.
$ 1er Le financement des travaux publics par la Banque centrale
Cette question n'offre pas beaucoup d'intérêt du point de vue métropolitain, mais elle peut avoir une importance considérable dans un pays neuf, aux colonies par exemple. Dans les colonies, ce sont très souvent les capitaux qui manquent pour l'exécution des travaux d'utilité publique et de mise en valeur du pays; l'émission d'emprunts est parfois difficultueuse et ne peut s’opérer qu’à des taux onéreux, souvent même les banques privées de la métropole ne se prêtent pas suffisamment aux émissions de ce genre. La Banque centrale coloniale est, au contraire, admirablement placée pour financer ces travaux ; elle dis-
pose, ou peut disposer de fonds importants, qu'il lui est souvent possible d’immobiliser pendant de longues périodes. Ses dirigeants, d'autre part, connaissent mieux les besoins réels du pays et la manière de satisfaire ces besoins.
La banque centrale coloniale devrait servir de régulateur et de dispensateur de crédit et faire une politique, non pas d'économie dirigée, mais de mise en valeur dirigée. Il existe, en effet, une différence entre ces deux termes : une politique dirigée ne se conçoit guère, à notre sens, dans une colonie, où le change et les affaires sont, plus ou moins, dépendantes du change et des affaires de la métropole. D'autre part, pour appliquer une politique de libéralisme raisonné, c’est-à-dire la politique qui nous semble la meilleure, il est indispensable que le pays dont il s’agit soit à un stade d'évolution avancée. Dans un pays neuf, une certaine direction, une certaine dictature financière est encore nécessaire pour éviter des excès dans un sens ou dans l’autre. La banque centrale nous paraît mieux placée que n’importe quel autre institut ou office gouvernemental pour jouer ce rôle. I! serait à souhaiter que les pouvoirs et l'autonomie des bariques d'émission coloniales soient augmentés, non seulement dans le sens de la création du crédit comme nous l’avons déjà préconisé 1 mais encore dans le sens de distribution de ce crédit.
C'est, entre autres, dans l’aide qu’elle peut accorder à l’organisation du crédit coopératif que l’on devrait développer encore l’activité des banques coloniales. Sans doute ontelles déjà rendu de-nombreux services à ce point de vue (notamment en Algérie), mais ce n’est pas là la limite de leur possibilités.