‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 102 sur 110 · V. supra, IIIe Partie, chap. II · texte numérisé non relu

V. supra, IIIe Partie, chap. II

$2 La Banque centrale et le Trésor.

On peut constater, dans les rapports entre la Banque centrale et le Trésor public, une tendance très nette au resserement de leurs relations. À mesure que la puissance gouvernementale et l'intervention de l'Etat dans tous les domaines ont pris plus d’extension, il devenait de plus en plus nécessaire au Trésor public de recourir, pour ses opérations, à la Banque d'émission. Celle-ci est devenue, dans bien des cas, une sorte d’annexe, de succursale de la Trésorerie. C’est une des formes de l’étatisation progressive des banques centrales dont nous avons parlé.

Il ne nous appartient pas ici de critiquer ou d'approuver cette évolution : cette évolution d’ailleurs n’est pas un fait autonome, elle n’est que la conséquence, que la résultante d’une évolution plus générale et plus profonde, le changement dans le caractère de l'Etat, depuis que celui-ci s’est fait l’'Etat-Providence, depuis que l’on a de son rôle une notion différente.

D'ailleurs, même si l’on est partisan d’une politique libérale, une collaboration, même très poussée, entre la Banque Centrale et le Trésor Public n’est pas en soi une chose à éviter : si elle se fait sur des bases solides et d’après des principes sains, cette collaboration peut avoir une réelle utilité. Ce n’est là qu’une question de mesure et de sagesse

11. V. à ce sujet, R.-G. Lévy, Banques d'émission et Trésors publics.

Section HIT La collaboration des banques centrales

Prôner la collaboration des banques centrales est devenue depuis, quelques années, un lieu commun. On n’a pas cessé de démontrer les services que pourrait rendre à l’économie mondiale une action simultanée des instituts d’émission, bien qu’en définitive leur collaboration ait été, sinon nulle, du moins inefficace.

Cependant, il y a deux manières d'envisager cette collaboration : on peut l’entrevoir comme une action commune tendant à régulariser les prix, à stabiliser la valeur de l'or. « C’est évidemment, écrit M. Hawtrey ?, l'intérêt de chaque nation que la valeur de l’or soit aussi stable que possible : et considérant que l'intérêt de chaque nation dépend de l’action de toutes les autres et que leur action peut varier dans des limites très étendues, il est clair que ce qui est désirable est une sorte de coopération internationale ».

L'autre manière de concevoir cette action commune des banques centrales est, non pas la possibilité pour elles de pratiquer une politique de monnaie dirigée ou d'économie dirigée, mais d'essayer tout simplement de stimuler les échanges internationaux, de faciliter les mouvements d’affaires au lieu d’essayer de les créer, en un mot, non pas d'essayer de forcer les faits, mais de travailler ensemble en acceptant comme telles les conditions économiques du moment.

La solidarité des banques d’émission est d’ailleurs une vieille constatation. Juglar l’avait déjà remarquée et admi-

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