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La demande en vue de la thésaurisation

La demande d’or en vue de son usage industriel est fort complexe dans ses facteurs et à peu près impossible à chiffrer. En effet, il n’y a pas, seulement l’achat de métal brut : il faut tenir compte de la fonte des vieux matériaux, impossible, elle, à évaluer d’une façon précise 3.

Existe-t-il un lien entre la richesse et l’activité d’un pays et sa consommation d’or industriel ? Sans doute, mais il ne faudrait pas l’exagérer : il y a tant de facteurs qui entrent en ligne de compte : mode, usages scientifiques, dentisterie, etc... 4.

La demande monétaire 5 est de beaucoup la plus importante et ses éléments résident dans la situation plus ou moins favorable d’un pays à une époque donnée. Mais il importe de remarquer avant tout qu'elle est indéterminée.

3. Voici quelques évaluations de la demande industrielle, par rapport à la demande totale d’or :

MM. Aupetit : 20 % ; de Foville : 25 % ; Lodevay : 31 % ; Leroy-Beau-

lieu : 33 % ; Soetbeer : 30 % ; Kitchin : 22 %.

4. Nous inclinons à penser que la demande d’or pour usage industriel et, à plus forte raison, la demande pour la thésaurisation ont toujours été primées par la demande monétaire et découlent, en quelque sorte, de celle-ci.

La demande monétaire, selon nous, constitue la demande originale et les autres n’en sont que la conséquence. On peut trouver, cependant, des opinions contraire ; V. notamment, Knies (Das Geld, 2° édit., p. 185) qui prétend que la demande d’or pour la parure (Gebrauch zu Schmuck) est la primaire et la demande monétaire (Geldesdienst) seulement la secondaire.

5. La demande monétaire elle-même peut se subdiviser en trois catégories spéciales : demande pour le monnayage en vue de la circulation intérieure ; demande d’or pour augmenter les réserves de la banque centrale ; enfin demande d’or pour l’exportation. « Les deux premières de ces demandes dépendent de la loi fixant la circulation intérieure... La dernière intervient lorsque le change sur un pays étranger atteint le gold point de sortie » (Hawtrey, Currency and Credit, pp. 90-91).

« La demande monétaire ne doit pas être considérée comme illimitée : on a parfois tendance à le faire en remarquant que les marchandises sont soumises à la loi de lasaturation, tandis que l’instrument d'échange ne saurait l’être, puisqu'il constitue un titre de créance sur l’ensemble des produits et des services. C’est là une confusion : l’individu désire des richesses en quantité croissante, mais la nation n’a pas besoin de moyens de règlements surabondants 6 ». Normalement, l’activité économique d’un pays se développe continuellement, et, partant, la demande d’or doit augmenter. C’est la même loi économique qui fait évaluer les prévisions bugétaires suivant la règle, de la pénultième année. Voici les chiffres moyens de l’augmentation normale proposés par quelques économistes :

MM. Cassel 28% Strakosh 210 Lionel Edie 4,3 % pour les U.S.A.

2,4 % pour l'étranger.

Kitchin 2,120 On peut, en somme, tabler, comme l’ont fait les experts de Genève, sur un accroissement normal et moyen de 2à 3% ?. En définitive, quels sont les facteurs qui influencent la demande monétaire de l’or : la situation de l’économie nationale, la loi et la coutume, répond M. le Pr. Baudins®.

La demande d’or en vue de la thésaurisation est moins universelle et présente moins de brusques et fortes variations que les deux précédentes. Elle provient presque unique-

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