Truchy, Cours d'Economie Politique, t. Ier, p
20. Notons en passant que certains économistes nient l’importance des mouvements de la valeur de l’or au point de vue de l’économie mondiale. Voici, par exemple, un passage caractéristique de Karl Marx : après avoir rappelé que l’or a deux fonctions différentes et qu'il est à la fois mesure des valeurs (en tant qu'équivalent général) et étalon des prix (en tant que poids de métal fixe), il ajoute : «. Un changement dans la valeur de l’or n’altère en rien sa fonction comme étalon des prix. Quelques soient les changements dans la valeur de l’or, différentes quantités d’or resteront toujours dans le même rapport les unes avec les autres... Il en résulte que l’or, comme étalon fixe des prix, rend toujours le même service de quelque façon que sa valeur change. Le changement de valeur de l’or ne met pas non plus obstacle à sa fonction comme mesure de la valeur. Ce changement atteint toutes les marchandises à la fois et laisse par conséquent caeferis paribus leurs quantités relatives de valeur réciproquement dans le même état » (Le Capital, livre Ier, chap. ID). Et Karl Marx ajoute plus loin : « La monnaie, en tant que mesure de la valeur, n’est qu’une forme extérieure nécessaire de la mesure de valeur intérieure des biens : le temps de travail ».
Il convient de remarquer que si Karl Marx arrive à ce résultat, c’est qu’il définit la valeur de quantum de travail humain contenu dans une quantité déterminée de la marchandise, d’un poids donné d’or par exemple. De sorte que si l’or change de valeur, ce n’est qu’un changement dans l’estimation de travail humain nécessaire à sa production. Supposons, par exemple, que le pouvoir d’achat de £ 1 diminue de 10 %,. Si l’on désigne par N l’estimation
trey?, parce que ces changements dans son pouvoir d'achat empêchent l’or de remplir son rôle d’étalon de la valeur pour des contrats embrassant de longues périodes, telles qu’obligations, baux, dettes nationales et municipales. Certainement, des gains et des pertes gênants naissent de ce fait entre débiteurs et créanciers, mais elles s'étendent sur de longues périodes et ne sont pas extraordinaires en comparaison des autres changements de la vie économique. L'idée d’un gain ou d’une perte occasionné par un changement dans le pouvoir d’achat de l’or n’est pas un sérieux motif pour les actions des individus isolés et, quand il se produit, ils en sont à peine conscients. Ils mesurent toute valeur au moyen de la monnaie et regardent la valeur de cette monnaie comme fixée, sans se préoccuper de construire des Index Numbers pour l’éprouver, et cela aussi longtemps qu’ils ne se trouvent pas en face de changements brutaux, tels que ceux qui peuvent avoir lieu avec un papier monnaie inconvertible. » D'ailleurs, dans la vie moderne, au fur et à mesure que s’intensifie le mouvement des affaires, les contrats de tous genres ont tendance à être effectués dans des périodes de moins en moins longues. Autrefois, les particuliers entre eux convenaient souvent de rentes perpétuelles, foncières ou constituées ; il y a déjà longtemps qu'aux seuls Etats est réservée l'émission
-du quantum de travail nécessaire pour produire 122,839 grains d’or, toute la fluctuation du pouvoir d’achat de la livre-or se résume dans les deux équations suivantes :
Estimation I : 122,839 grains d’or N be — 1 A EE — NE AIN 11 en résulte que la valeur réelle des marchandises ne varie pas, puisqu'elle est basée sur le travail nécessaire à leur production. Il n’y a à varier que l'or, c’est-à-dire « l'expression idéale de la valeur des marchandise » ce qui ne peut apporter aucun trouble dans la vie économique. 21. The Gold Standard in Theory and Practice, p. 79.
de semblables emprunts. Et, depuis la guerre, les Etats et les collectivités publiques eux-mêmes ont presque abandonné ce moyen d'obtenir du crédit et se sont contentés d'émettre des obligations remboursables dans un délai parfois très court, excédant rarement 75 ans. Entre les particuliers, les baux de longue durée (en laissant de côté le bail emphythéotique) si répandus au commencement de notre siècle ont cédé le pas de plus en plus, aux locations commerciales de 9 à 12 ans et aux baux de 3-6-9 pour les immeubles non commerciaux et même pour les baux à ferme dans certaines régions (notamment celles où l’assolement est biennal ou triennal). Conséquence de l’instabilité de la monnaie fiduciaire, nous objectera-t-on : sans doute, mais cette conséquence réagit elle-même sur la matière de l’étalon-or et rend moins importantes les variations de la valeur du métal n’affectant que de longues périodes et ne se faisant pas sentir trop brutalement ?. « Pour les transactions qui ne s’étendent que sur de courts laps de temps, ce qui est à considérer, c’est que la monnaie varie lentement, même si, à la longue, la variation finit par devenir très forte » 25,24 25,
22. On peut même observer qu’il y a là une adaptation spontanée à la plus ou moins grande stabilité de la valeur du métal jaune. Lorsque cette valeur subit de brusque et importantes fluctuations, une réaction se fait immédiatement sentir et les particuliers ne contractent plus de marchés que pour des périodes moins longues. La réadaptation se fait aussi facilement dans le sens inverse.