‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 21 sur 110 · The Gold Standard in Theory and Practice, p · texte numérisé non relu

The Gold Standard in Theory and Practice, p

l'opération. Mais comme il n’existe pas, en cette matière, de Clearing House international, et que seule la banque émettrice change sa monnaie en or, cette opération se fait par l’envoi d’or d’une place à l’autre ?.

La perfection à ce sujet, la fixité absolue de chaque devise en termes d’or, n’est d’ailleurs, reconnaissons-le pas possible. Les devises nationales varieront légèrement entre deux cotes à peu près immuables et fixées pour chaque devise par rapport à chacune des autres : ce sont les goldpoints, les points d’or, d’entrée et de sortie.

Il ne suffit pas, en effet, qu’une devise quelconque ait haussé légèrement par rapport à une autre pour déterminer aussitôt un mouvement d’or à l’importation. Deux éléments retardent ce mouvement et l’empêchent de se produire au-dessous d’un certain taux. Ces éléments sont le coût du transport et la question du temps. Le coût du transport comprend non seulement les frais du transport proprement dit entre les deux places, mais aussi les frais d’assurance, les frais occasionnés par la réception, le pesage et l’essai des lingots de métal ou des pièces de monnaie. D’autre part, le temps nécessaire au transport prive le propriétaire de l'intérêt qu’il aurait pu recevoir pendant ce temps : ce n’est pas une dépense proprement dite, c’est un manque à gagner.

Ainsi, le pair du dollar, en termes de la monnaie française est de fr. 25,5238. Normalement, si les frais d’envoi de New-York à Paris, n’existaient pas, une hausse même minime, d’un centime ou deux de la devise américaine devrait provoquer une importation d’or de provenance française.

2. Sous le régime du Gold Exchange Standard toutefois, ces mouvements peuvent, jusqu’à un certain point, n’être pas nécessaires à l’arbitrage. V. ce: même chapitre, in fine.

Mais calculons le manque à gagner en évaluant à sept jours, une semaine, la durée du transport : en fixant le taux de l'intérêt à 2,50 %, une semaine équivaudrait à un manque à gagner de 1/2 pour mille. En fixant le même taux à 5 %, le manque à gagner serait de 1 %,. Ces deux chiffres équivaudraient pour un dollar à une perte de fr. 0,0125 ou de fr. 0,025 respectivement. Si l’on fait observer que la perte résultant du manque à gagner concernant l’intérêt ne représente qu’une partie assez faible des frais totaux on se rendra compte que les gold-points d’entrée et de sortie sont assez éloignés du pair métallique de la monnaie à considérer.

Ils varient d’ailleurs suivant les circonstances du marché, le taux de l'intérêt, suivant l’état du marché des frets, suivant les conditions plus ou moins favorables faites par les Compagnies d'assurance aux expéditeurs d’or.

Le facteur temps intervient encore indirectement dans la fixation de ces gold-points : si le transport de métal jaune d’une place à l’autre demande un certain temps, une semaine par exemple, il existe, pour l'expéditeur d’or, un danger : celui que la hausse produite soit déjà terminée, que la devise soit revenue au pair lors de l’arrivée du métal. Voila pourquoi de nos jours beaucoup de transports d’or entre les places européennes se font par avions, malgré le coût plus élevé du transport.

Il est vraisemblable que les gold-points tendront de plus en plus à se rapprocher du pair métallique de la devise, par suite de la plus grande sécurité et de la plus grande vitesse des transports. Nous verrons d’ailleurs que, sous le régime du Gold Exchange Standard, leur importance est diminuée.

Avant d'arriver à définir le Gold Exchange Standard et à étudier son fonctionnement, il nous est nécessaire de parler brièvement des systèmes dont il est lui-même issu : le Gold Specie Standard et l’étalon lingots-or ou Gold Bullion Standard.

L’Etalon-Or proprement dit, ou Gold Specie Standard, est caractérisé par ce fait que l’or circule librement à l’intérieur du pays, que le billet de banque est convertible sans conditions en monnaie d’or et que la frappe de celle-ci est libre, sauf à déduire les frais de frappe, généralement déterminés par la loi. En Angleterre, les frais de frappe ne sont pas déduits.

Sous ce régime, la monnaie d’or nationale peut être seule à avoir pouvoir libératoire illimité, mais ce pouvoir libératoire peut être également conféré au billet de banque (ainsi le cours légal des billets de la Banque de France avant la guerre) ; cette solution conduit d’ailleurs aux mêmes résultats que la précédente, étant donné que le billet de banque est lui-même échangeable à vue et sans conditions contre dela monnaie d’or, aux guichets de la banque centrale.

Des mesures spéciales peuvent être également prises concernant la circulation des monnaies étrangères, notamment quand l’unité monétaire est la même. Ainsi l'Union Monétaire Latine admettait la circulation de pièces d’or sans distinction de nationalité sur son territoire. De même, certains pays de faible importance (Monténégro, Luxembourg) autorisaient la circulation de monnaies d’or différentes. Restent enfin à signaler les accords spéciaux pouvant intervenir entre la métropole et ses colonies.

L’arbitrage, en cas de baisse ou de hausse d’une devise quelconque, se fait de la manière que nous venons de décrire par envoi d’or d’une place à une autre. « L'usage de la monnaie d’or, malgré ses imperfections, approche sensiblement de cet idéal (la fixité absolue du change) »3.

Ces mouvements d’or ont pris, de nos jours, une importance considérable. Ils sont d’ailleurs fort irréguliers et la mauvaise répartition du métal jaune à provoqué bien des critiques. Avant-guerre au contraire, dans cette période plus stable et plus normale, ils se faisaient d’une façon régulière, spontanée, « simplement dirigés et orientés par la politique du taux de l’escompte »4-5.

Il est à remarquer que le Gold Standard sous sa forme la plus complète (Gold Specie), bien qu’exposé et prôné par quelques-uns des premiers théoriciens de l’économie politique $ n’a été adopté que relativement tard et d’une ma-

nière fortuite et accidentelle : par une simple sur-évaluation de l’or par rapport à l’argent en Angleterre ? et aux

Etats-Unis , les deux premiers pays à l’avoir adopté. Cela semblerait donner raison aux auteurs qui prétendent que

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