‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 26 sur 110 · Cf., supra. Introduction · texte numérisé non relu

Cf., supra. Introduction

10. Hawtrey. The Gold Standard in Theory-and Practice, p. 48.

$ 3 L'influence de la guerre sur les théories. La crainte de la disette de l'or

En provoquant la centralisation de l’or monétaire dans les caisses des banques d'émission, la guerre a mis davantage en évidence le stock total de métal jaune et a permis à certains économistes de développer plus facilement leurs théories. Un grand nombre de celles-ci font remonter l’origine des crises à des causes monétaires : ces théories ont été, depuis peu, rajeunies, et certains prétendent que tout le mal réside à présent dans l’insuffisante augmentation de la production de l’or. Parmi les économistes qui ont développé cette thèse, se trouve au premier plan le Pr. Cassel dont nous exposerons brièvement les idées 1.

Pendant les quelques soixante ans qui ont précédé la guerre, le stock d’or mondial (stock d’or monétaire) s’est accru en moyenne de 2,8 %. Comme les prix se trouvaient en 1910 à peu près au même niveau qu’en 1850, on peut en déduire que cette augmentation de 2,8 % a correspondu approximativement à l’accroissement progressif des échanges. Il n’est donc pas exagéré de chiffrer le besoin d’augmentation annuelle du stock à environ 3 %.

Or, si l’on table en 1933 sur un stock mondial d'environ 2.350 millions de £ or (une estimation plus exacte serait imprudente), l'augmentation normale de ce stock serait

11. Pour plus de détails, v. tout d’abord les ouvrages du Pr. Cassel. (La monnaie et le change après 1914, Theoritische Sozialdkonomie, Währungstabilisierung als Wertproblem) et un excellent exposé de ses théories dans Lachapelle (Rev. Eco. Pol., 1923) et Yovanovitch-Fogler (Les théories de l’économisle Cassel). Parmi les économistes français partisans de cette théorie, v. Polier (Revue des Nations Latines, 16 août 1919). A noter qu’au contraire d’autres économistes redoutent une dépréciation de l’or par suite d’une pro-

duction trop forte. En particulier, autrefois le Pr. Lehrfeld et actuellement M. Verrijn Stuart (The Economic Journal, mars 1919).

de l’ordre de 70,5 millions de £ or. (Seulement pour le stock monétaire s’entend).

Supposons que, pendant une période de dix ans, l’accroissement se fasse normalement. En 1943, par suite de l’apport annuel, le stock d’or se trouvera être de 3.165 millions de £-or et l’accroiss2ment normal se trouverait être de 95 millions de £. |

Si nous supposons encore que les choses aillent normalement pendant dix ans de plus, en 1953, le stock serait d’environ 4.250 millions de £-or et l’accroissement normal annuel ne serait pas loin de 128 millions de £-or.

Or, la production depuis 1914 a oscillé entre 65,5 millions de £ (1922) et 96,4 millions de £-or (1915) et paraît devoir de nos jours se fixer entre 80 et 88 millions de £, avec une légère tendance à l’augmentation 2. Si l’on ajoute à ceciles craintes de certains techniciens qui prédisent l’épuisement rapide de certaines mines d’or du Sud-Afrique (en particulier celles du Witwatersrand), l’on conçoit que les partisans de la théorie monétaire des crises du Pr. Cassel ne soient pas sans inquiétudes.

En effet, quel est le corollaire inévitable, non seulement d’une baisse de la production de l’or, mais même, ce qui est plus grave, du maintien de cette production à son rythme actuel ? Cette « famine de l’or » amènera infailliblement la baisse des prix, la crise économique généralisée et que rien ne pourra entraver.

Le seul remède possible est l’économie de l'or existant. Il faut essayer, avec un stock d’or insuffisant, de créer autant de crédit que possible ; il ne faut pas laisser d’or improductif ; celui qui existe doit être employé au mieux.

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