V., supra, Introduction, chap. III
Il existe encore une raison d'économiser le métal jaune, c’est sa mauvaise répartition. Un pareil régime d'économie peut se recommander « à plus forte raison de nos jours où l’or est accaparé pour environ 57 % par les Etats-Unis (38 %) et la France (19 %) et où sa production est inférieure à ce qu’elle était avant la guerre »#. Et ainsi, la mauvaise répartition de l’or, résultat, semble-t-il des troubles apportés par la guerre et par l’économie dirigée, devient-elle un argument de plus en faveur d’une économie encore plus dirigée.
Si le Gold Bullion Standard présente déjà une économie d’or sur le vieux régime du Gold Specie, si avec le système du Gold Bullion tel qu’il existe actuellement et tel qu’il existait en fait avant-guerre dans beaucoup de pays l’on arrive à une plus grande « efficacité», pourrait-on dire, de la réserve métallique, le régime du Gold Exchange Standard présente à ce point de vue plus d'avantages encore que le Gold Bullion. « Il est évident que l'introduction du Gold Exchange Standard a permis une autre large expansion de crédit de la circulation fiduciaire mondiale qui s’ajoutait à celle déjà produite par l’adoption du Gold Bullion et la dépassait en importance »14,
Il faut souligner ici le caractère du Gold Exchange Standard : ce n’est pas, en théorie au moins, un pis-aller, un régime applicable aux pays pauvres et incapables de réunir un stock d’or suffisant : c’est un système qui théoriquement se soutient et qui, comparé au Gold Bullion ou au Gold Specie, présente même certains avantages. « La seule supériorité des pays à circulation d’or sur les pays à Gold Exchange Standard, provient de ce que les premiers ont, en général
13. G. Païillard, « La réforme monétaire en Suisse », Rev. Eco. Pol., 1931, p. 1365-1366.