‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 29 sur 110 · Hawtrey, Currency and Credit, p · texte numérisé non relu

Hawtrey, Currency and Credit, p

18. V. le chapitre précédent sur le mécanisme du Gold, Exchange Standard.

19. Mlynarski. « La réforme de l’étalon de Change-Or », Rev. Eco. Pol., 1930, p. 58.

importe au plus haut point d'économiser l’or et de lui faire rendre le maximum de services possibles. L’étalon en devises-or répond parfaitement à cette préoccupation, qui est d’ailleurs, une nécessité pour certains pays 2 ».

L’étalon de change-or est né des faits plutôt que de la théorie (et il diffère en cela du Gold Bullion Standard) et ce sont les faits, les circonstances qui l’ont imposé. « Le Gold Exchange Standard naquit d’un expédient imaginé simultanément à la suite de l’échec des réformes basées sur la théorie quantitative dans les pays à circulation de papier et dans les pays à circulation d’argent 21 ». C’est un peu une médecine que l’on emploie sans savoir exactement si elle agirait ni comment elle agirait, qui donna de bons résultats et que l’on usa sur une plus grande échelle.

La création récente de la Banque des Règlements Internationaux relève elle-aussi de Gold Exchange Standard, bien que l’existence et le rôle de cette institution puissent se justifier et se comprendre sous des régimes autres que celui-ci. Cette banque doit, en effet, neutraliser les mouvements du change, rendre, s’il s’en produit les fluctuations des changes moins brutales, éviter, dans la mesure du possible, les mouvements d’or et faciliter les compensations internationales en dirigeant pour le mieux les mouvements de capitaux. L'idée directrice qui a présidé à la création de la Banque des Règlements internationaux a été, somme toute, d’en faire un centre d’or, et de rendre plus aisée et plus efficace la politique de la monnaie dirigée, l’intervention des banques centrales sur le marché, soit par le taux

20. G. Paillard, Rev. Ec. Pol., 1931, p. 1366. 21. Icard, Le Gold Exchange Standard, p. 162.

de l’escompte, soit par des moyens plus énergiques encore ??. Nous devons noter ici que le Gold Exchange Standard, s’il s’accomode fort bien en théorie d’une économie libérale, ne le peut guère en pratique. Une économie libérale lui convient tant que la marche des affaire se fait d’une façon normalé, mais, dès qu’il se produit une légère fissure sur un marché quelconque, l’on est aussitôt forcé d'intervenir. Les expériences de ces dernières années, comme nous le verrons par la suite, sont convainquantes à cet égard.

$ 4 Le Gold Exchange Standard de l'après-guerre comparé de façon théorique avec c:lui de l'avant-guerre.

En étudiant la marche des idées et des doctrines, nous avons noté le mouvement d’opinion qui s’est produit en faveur du Gold Exchange Standard. Il convient d’ajouter que ce système n’a pas été envisagé de la même manière avant la guerre qu’après-celle-ci.

Avant la guerre, l’on avait assisté somme toute qu’à des essais, qu’à des ébauches de Gold Exchange Standard. Il existait dans de nombreux pays du reste, mais ces applications étaient considérées plus comme des exceptions que comme un système à généraliser. .

La Conférence de Gênes de 1922 fut la première après les hostilités à « concrétiser », à systématiser le mouvement d'opinion très net qui se manifestait en faveur du Gold Exchange Standard. Elle le recommanda ouvertement. « La Conférence économique de Gênes, très préoccupée d'éviter les fluctuations dans la valeur de l’or, avait déjà

22. Ainsi l'intervention des Federal Reserve Banks dans les prêts aux brokers.

envisagé une organisation ressemblant beaucoup à celle qui, en fait, s’ébauche aujourd’hui sous nos yeux. Certains pays, capables d'entretenir un marché libre de l’or, auraient été désignés comme centres-or et leurs banques d'émission seraient devenues des réserves centrales pour les autres banques d'émission, lesquelles n’auraient plus détenu que des réserves autres que l’or # ».

Voici d’ailleurs un passage des résolutions adoptées par la dite conférence :

Résolution IX. « Le succès du maintien de l’éralon-or serait effectivement favorisé, non seulement par la coilaboration proposée des banques centrales, mais aussi par la conclusion, au moment opportun, d’une convention internationale ».

Résolution XI, 5. « … laquelle (Convention internationale) serait basée sur un étalon de change-or ».

Il n’y à pas eu, au sens strict du mot, de Convention internationale. Chaque pays a continué à posséder sa loi propre et les centres-or que demandaient la Conférence de Gênes se sont créés de facto et non pas de jure. Cependant, le travail commun des peuples à la Société des Nations et les conférences ultérieures ont quelque peu unifié les systèmes monétaires, bien que ceux-ci se caractérisent aujourd’hui par une diversité plus grande qu’avant-guerre. Cette diversité plus grande tient à deux causes : les fluctuations qu'ont subi les changes après la cessation des hostilités et qui ont déterminé des taux de stabilisation différents (ainsi l’Union Latine ne possédait, en 1914, qu’une seule unité monétaire, que celle-ci se nomme franc, lire ou drachme ;

actuellement les cinq pays qui composaient l’Union Latine

Page 1