‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 33 sur 110 · En 1901, 327.584.000 dollars contre 221.998.000 dollars · texte numérisé non relu

En 1901, 327.584.000 dollars contre 221.998.000 dollars

Pourvu de disponibilités or par l’emprunt de 1907, le Gouvernement entreprit l’année suivante d’enrayer la hausse du tical et de doter le pays d’une loi monétaire nouvelle, Ce fut la loi de novembre 1908 Le pair du tical était fixé à 13 ticaux par £ (1,94 fr.-or ou 18 1/2 d. par tical). Le change se trouva stabilisé en mars 1910 et, en 1912, le fonds spécial du change s’élevait à la somme relativement considérable de 950.000 £ en or.

Avant la guerre des tentatives de réforme eurent lieu en Indo-Chine Française, mais n’aboutirent qu’a une réglementation boiteuse (décret du 3 juin 1903). De nombreux projets ont vu le jour, les uns voulant introduire en Indo- Chine un régime calqué sur le bi-métallisme français (Décret des Amiraux de 1864, Projet Philippini de 1887, Projet Rueff de 1902), d’autres au contraire prônant un système analogue au système en vigueur dans les Indes, tel que les Rapports Arnauné et le Projet Doumer (1897).

De même, en Chine, eurent lieu des tentatives de réforme (décret du 21 novembre 1905, décret du 24 mai 1911). La Chine se trouvait alors « théoriquement du moins, au même point que l’Indo-Chine, nous disons théoriquement, car le décret du 21 novembre 1905 n’a pas été appliqué » #. Celui de 1911 ne le fut d’ailleurs guère mieux.

Signalons également pour mémoire les réformes opérées au Japon (1905) et aux Indes Néerlandaises, réformes inspirées par les mêmes faits et opérées suivant les mêmes principes directeurs 14,

14. V. Vissering. Niederländsich, Ostindien und der Gold. Exchange Standard (Schmollers’Jahrbuch, 1917).

La réglementation légale appliquée aux Iles-Philippines est plus intéressante, car elle est l'œuvre de la fameuse Commission américaine du Gold Exchange Standard. Cette Commission composée de trois membres américains eut pour but une unification au moins relative des systèmes monétaires. Elle voulait, en adoptant un nouveau rapport entre l’or et l’argent (1 à 32), consacrer la baisse du métal blanc, et, en faisant ainsi la part du feu, en enrayer toute baisse nouvelle. « Elle préconisait en outre la constitution d’une réserve d’or pour maintenir la parité de la nouvelle unité monétaire et établissait enfin une caisse de conversion ou bureau du change qui devait assurer l’échangeabilité à un taux fixe des monnaies nationales et de l'or »16.

La Commission américaine n'eut que peu de succès en Europe, mais son œuvre aux Philippines, à Panama et dans l’Amérique centrale, l’essai de réforme en Chine n’en demeurent pas moins importants ".

La réforme monétaire aux Philippines (12 férier 1903) fut, il est vrai, antérieure à la constitution de la Comimsion américaine, mais, comme d'autre part elle ne fit qu’enférimer un projet Conant (un des trois membres de la Commission) élaboré en 1901, il n’est pas exagéré de comprendre au moins partiellement cette réforme dans t’œuvre de la Commission !$,

Le projet Conant dotait l’Archipel d’une nouvelle unité

15. Ces trois membres furent : H.-H. Hanna, J.-V. Jenks et Ch.-A. Conant.

17. V. les rapports de cette Commission au Sénat et à la Chambre des représentants et l’ouvrage de Conant (The Rise in Silver).

18. Les décisions de la Commission s’inspirent beaucoup du rapport Conant et des réformes opérées par celui-ci.

monétaire (qui fut baptisée par la suite le Conant-peso) correspondant à la pièce américaine de 50 cents. M. Conant proposa d'assurer l’échangeabilité à taux fixe du nouveau peso par une double mesure : limitation de la circulation et constitution d’un bureau de change. La « Réserve de l’étalon-or » devait être alimentée par les bénéfices résultant de la frappe des monnaies et devait avoir une annexe à New-York.

Malgré ses difficultés, la réforme fut considérée par le promoteur comme facile. « Le problème de la réforme aux Philippines, écrivait Conant, n’est réellement qu’un jeu d'enfant comparé à celle des Indes »?.

La hausse de l’argent faillit porter à ces mesures un coup mortel. Il fallut se décider à changer le poids et le titre du péso ; celui-ci ne fut plus qu’une pièce de 20 grs. (au lieu de 24, 26 grs.) au titre de 800 millièmes (au lieu de 835 millièmes). Le titre des monnaies divisionnaires fut abaissé jusqu’à 750 millièmes.

Ajoutons que la réforme fut étrangement compliquée par suite de l’énorme quantité de monnaies d’argent étrangères en circulation dans l’archipel (en particulier des monnaies mexicaines).

Les diverses expériences de Gold Exchange Standard d’avant-guerre dans le groupe extrême-oriental ont eu, on vient de le voir, pour but unique de remédier à la baisse de l’argent-métal et de maintenir les monnaies basées sur l’étalon-argent à un change supérieur à la valeur du métal blanc contenu et fixe par rapport à l’or. Elles ont été,

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