‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 45 sur 110 · Federal Reserve Banks Report (1924), in fine · texte numérisé non relu

Federal Reserve Banks Report (1924), in fine

27. L. v. Mises, Geldwertstabilisierung und Konjunkturpolitik, p. 23.

échanges internationaux, l’autre ne concernera que les transactions intérieures. Le premier, l’étalon-extérieur, devra être nécessairement de la même espèce que l’étalon de la majorité des pays avec lesquels l’on se trouve en relations commerciales. Le second, l’étalon intérieur, serait une sorte d’Exchange Standard, de monnaie dirigée par le pouvoir central.

$ 1er Exposé du système. Ses avantages

L’on n’a pas assisté, Jusqu'ici, à de véritables adoptions de ce système, quoique certains états de faits, notamment entre 1890 et 1914 pour quelques contrées de l’Amérique du Sud n’en aient été qu’une application déguisée. Ce qui constitue aujourd’hui son actualité, provient de son adoption par le parti national-socialiste allemand, qui le recommande comme un moyen propre à assurer une heureuse issue à la crise économique sévissant en Allemagne.

Le but de ce système est double : d’abord économiser de l'or, non pas tant par crainte d’une famine d’or pouvant se produire à plus ou moins bref délai, mais plutôt dans un but national, pour éviter d’avoir à se constituer un stock d’or important et improductif.

Ensuite favoriser l’exportation du pays en dirigeant habilement la monnaie intérieure et en restreignant ainsi le coût de production.

Supposons un pays ayant habituellement besoin, pour le règlement de ses échanges, tant intérieurs qu’extérieurs, d’une circulation fiduciaire (billets ou dépôts) égale à 100, Supposons également que ce pays a, comme régime moné-

taire, le Gold Exchange Standard et que les statuts de la banque d'émission exigent une couverture de 40 %, dont au moins la moitié en or.

Fixons à présent à 65 % et 35 % respectivement le volume de son commerce international et national, au point de vue de la valeur des transactions. C’est là une proportion des plus normales. Ainsi la quantité de moyens de paiement nécessaires au règlement de son commerce extérieur sera égale à 35 au maximum. En pratique, étant donné que les compensations, les paiements sans monnaie, jouent, pour le commerce extérieur, un rôle plus important, on pourra réduire la quantité nécessaire de moyens de paiements et la fixer à 25 ou 30. Prenons le chiffre le plus élevé, 30. Imaginons également le même règlement de l’émission : 40 % en Or et devises, dont au moins la moitié en or.

Nous aurons, si nous comparons les deux hypothèses, le tableau suivant :

Système du G.E.S. Système de la ordinaire. double monnaie Circulation fiduciaire à couvrir. 100 30 Quantités minima d’or et de devises nécessaires. 40 12 Quantité minima d’or nécessaire. 20 6

Soit un stock improductif d’or de 6 au lieu de 20, ce qui représente une économie de 70 %,. Et encore, nous avons pris intentionnellement des chiffres élevés. Mais, supposons un pays dont les échanges extérieurs ne représentent que 10 % du total des affaires. (Les Etats-Unis par exemple) et une loi monétaire n’exigeant qu’une couverture de 35 %,

dont au minimum un tiers d’or. Nous aurons les chiffres suivants :

Système du G.E.S. Système de la ordinaire : double monnaie Circulation à couvrir. 100 8,57 28 Quantité minima d’or et de devises nécessaires. 35 3 Quantité minima

d’or. 11,66 1

ce qui représente une économie d’or qui n’est moindre de 91,34 %. L'économie ainsi réalisé représente, on le voit, un avantage des plus considérables.

$ 2 Fonctionnement

Ce système, pour fonctionner, ne demande pas de mesures extraordinaires ni compliquées. Il suffira de diviser en deux la banque d’émission en faisant de l’une de ces parties un office chargé d'émettre et de diriger la monnaie intérieure et de l’autre un institut d'émission de la monnaie destinée aux échanges avec l'extérieur.

L'émission de monnaie intérieure peut être également confiée à un office gouvernemental, de même d’ailleurs que pour la monnaie extérieure, car ce système suppose une économie rigide et un pouvoir central très puissant.

: Nous avons supposé que l’étalon adopté pour les transactions internationales était un Gold Exchange Standard, en réalité, ce pourrait être aussi bien le Gold Bullion, un

28. Nous prenons ici 8,57 au lieu de 10 pour la même raison qu’aupara-

vant nous avions pris 30 et non 35, étant donné la plus grande proportion de compensations pour les transactions intéressant l’étranger.

régime bi-métalliste ou l’étalon-argent. La seule chose importante est d'adopter un étalon que possèdent déjà les peuples avec lesquels les relations commerciales sont les plus suivies.

$ 3 Critique du système

Contrairement aux systèmes du Pr. Fisher et de M. Keynes qui, tous deux, possédaient de nombreux avantages théoriques, la double monnaie est critiquable à la fois du point de vue pratique et du point de vue abstrait.

Si ce régime vise et aboutit à une économie très marquée de l’or, cette économie, nous l’avons déjà fait remarquer, a un caractère profondément égoïste : elle ne prétend pas remédier à un état de choses qui peut devenir dangereux pour tous, elle ne veut que réduire autant que possible les sacrifices que le pays devra s’imposer pour amasser un stock d’or suffisant. En consacrant l’argent ainsi épargné à des travaux d'utilité publique, on accroîtra ainsi, assurent ses partisans, le bien-être de tous.

Sans doute, mais est-ce là une chose bien certaine ? En ce qui concerne la monnaie intérieure, nous pourrions reprendre toutes les objections que nous avons déjà élevé contre le système de M. Keynes *. Mais ici, les critiques à faire sont encore plus graves : sous le régime de l’Exchange Standard, nous avons fait remarquer qu’il y avait une tendance naturelle à l'inflation ; avec la double monnaie, il y a non seulement une tendance, mais presque une nécessité. Pour que le régime fonctionne normalement et remplisse son second but, qui est de développer autant que possible

Page 1