‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 46 sur 110 · V. supra, même chapitre, sect. II · texte numérisé non relu

V. supra, même chapitre, sect. II

les exportations, il faut que la disproportion entre les deux monnaies favorise un dumping continu, par une lente et incessante inflation.

Le principe même de la double monnaie est, en effet, de permettre d’avoir et de conserver dans le pays même un indice du coût de la vie plus faible que celui des pays concurrents. Cet indice plus faible, en valeur-or s'entend, permet d’avoir une main-d'œuvre à meilleur marché et d'obtenir, à un prix moindre, les matières premières produites dans le pays même, en un mot d’abaisser le coût de production. Il importe donc au premier chef de conserver intacte la différence existant normalement entre le coût se production et le prix de vente à l'étranger.

Considérons successivement les trois cas qui peuvent se produire : les prix mondiaux sont stables, ils sont en hausse ou en baisse (v. diagramme p. 106) :

1. Les prix mondiaux sont stables (courbe 1). L'indice du coût de la vie à l’étranger sera également stable (courbe 2). Mais l’indice du prix de la vie à l’intérieur du pays, normalement inférieur au précédent, tendra cependant à s’en rapprocher, par suite des importations nécessaires opérées à un prix plus élevé. On sait qu’il tend à se faire un certain équilibre des prix (courbe 3). Dès lors le coût de production des produits à exporter, (courbe 4), montera également, quoiqu’en proportion moindre, et l'écart entre le coût de production et les prix mondiaux sera diminué. Pour maintenir une marge égale de bénéfice, une dévaluation de la monnaie intérieure sera nécessaire (courbe 5) ;

2. Les prix mondiaux sont en hausse : le coût de la vie à l'étranger (courbe 2) sera également en hausse. Le coût de la vie à l’intérieur du pays, qui déjà en temps ordinaire,

SJUSLSAROU S2/qnE Sp 592449 os S7/ S/NUUE /n00 sanessa2au oJnaJ3qUt ch PUEUUOU &, 80 IN8JE4 À D SauIWaÂnOÿy

vesscrs

U@/72np0JIQ 22 9702 np a = ve

Le SE np Ial/3qui, e 24 e, 2p 2002 bb « — —

+ #2É08/98,f & 81m 8, 32 7009 np 8 =.

FA Lt #PE/pUOU #jsd sap FU)

eo Ÿ '. JO'- IN8jP4 UF \ FA L]

XNE/PUOU XO S2p esseg XPE/PUOU KIŸ S2p 2SSn6)) Se/929S xne/puow Kb

à une tendance à la hausse, subira une hausse accentuée (courbe 3). Le coût de production, par suite de ces influences conjuguées, montera également et plus rapidement que les prix mondiaux (courbe 4) et une nouvelle dévaluation sera nécessaire (courbe 5);

3. Les prix mondiaux sont en baisse (courbe 1) : le coût de la vie à l'étranger suit la même direction (courbe 2). Le coût de la vie à l’intérieur du pays baissera également, mais très légèrement, parce que normalement il a tendance à croître et a rattraper le coût de la vie à l'étranger (courbe 3). On peut même admettre que, par sa diminution moindre, il deviendra supérieur ou égal à ce dernier. Le coût de production suivra grosso modo les variations du coût de la vie intérieure et ne baissera que faiblement (courbe 4). Pour rétablir l’écart entre le coût de production et le prix de vente, une nouvelle et plus forte inflation de la monnaie intérieure s’imposera (courbe 5) °1.

On voit que le bon fonctionnement de ce système suppose une constante inflation de la monnaie intérieure.

Ce système n’a de valeur que s’il n’est adopté que ar un nombre de pays aussi réduit que possible. Si tous les pays l’adoptaient, le bénéfice provoqué par ce système serait nul. |

D'autre part, ce régime, par la diminution continuelle du pouvoir d’achat des salaires, a pour corollaire la misère de tout ou partie de la population. Sans doute, répondra-ton à cela que, par une politique adéquate, l’on peut rendre insensible les changements de valeur de la monnaie inté-

30. Nous faisons remarquer que les courbes du diagramme que nous reproduisons visent, non pas à donner les valeurs exactes des variations, mais plutôt le sens de ces variations.

31. La courbe (5) représente la valeur en or de la monnaie intérieure.

rieure, il n’en reste pas moins que les fluctuations subsis— tent et que leur effet se fait cependant sentir.

Ce système, en somme, ne fait que maintenir et développer un état d’anarchie économique ; ce n’est en quelque sorte, qu’un dumping scientifiquement organisé.

Section IV Le « Bi-metallism Exchange Standard »

Peut-on concevoir un régime analogue au Gold Exchange Standard, mais basé non plus sur un étalon-or, mais sur un régime bi-métalliste ? Une telle hypothèse est parfaitement concevable. On peut même dire que, si elle ne s’est pas produite, c’est parce que, tant que le bi-métallisme réel a duré, le Gold Exchange n'existait pas ou, du moins, n'existait pas tel qu’il est compris à présent.

$ jer Exposé et fonctionnement

Le «Bi-metallism Exchange Standard » fonctionnerait exactement de la même manière que le Gold Exchange, avec la seule différence que les devises, au lieu d’être convertibles uniquement en or le serait en or ou en argent suivant un rapport fixe entre ces deux métaux.

Si l’on avait pensé à introduire une semblable réglementation avant 1870, à l’époque où tous les pays possédaient plus ou moins un régime bi-métalliste, peut-être cette nouvelle manière d’envisager la convertibilité des billets de banque eüût-elle donné plus de souplesse au régime et, jusqu’à un certain point eût-elle empêché son déclin en in-

téressant un plus grand nombre de peuples à son maintien.

$ 2 Critique

On pourrait faire, tout d’abord au Bi-metallism Exchange les critiques adressées au bi-métallisme dont il n’est qu’un reflet. Iltomberaïit encore sous le coup de celles qu’il est loisible d’adresser au Gold Exchange puisque son principe est le même.

Ce n’est pas un système distinct, comme de Gold Index Number ou l’Exchange Standard ou la double monnaie, c’est la forme qu’aurait pu avoir le Gold Exchange Standard, si les circonstances avaient été différentes, de même qu'il aurait pu exister un Silver Exchange Standard ou un Copper Exchange Standard.

HR Ho

î ‘A Tam

Page 1