‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 56 sur 110 · E. Allix, L'Europe Nouvelle, 1931, pp · texte numérisé non relu

E. Allix, L'Europe Nouvelle, 1931, pp

seulement de facteurs techniques et géologiques, mais aussi de la législation minière, fiscale et sociale des pays de production. On annonce aujourd’hui comme imminent l’épuisement des mines du Witwatersrand, auxquelles on prédisait cependant encore en 1927 les plus brillantes destinées. La possibilité n’est pas exciue non plus d’une réforme des régimes d'émission du billet de banque qui pourrait libérer une partie des réserves métalliques des banques centrales, et d’un perfectionnement des procédés de crédit, qui permettrait de réaliser de nouvelles économies de numéraire »,

D'ailleurs, à l'épuisement des mines d’or actueiles peut succéder la découverte de nouvelles régions minières. D'autre part, l’eau de la mer contient de l’or, en quantité infinitésimale sans doute, mais dont des procédés scientifiques nouveaux peuvent permettre l’extraction.

Ainsi, il semble bien qu’au point de vue technique un abaissement prochain et considérable de la production de l’or ne soit pas prévisible. Quant aux arguments du Pr. Cassel, ils sont aussi critiquables : quand bien même cette fameuse disette d’or se produirait, les conséquences funestes de cette disette pour l’économie mondiale ne sont pas certaines.

Tout d’abord, considérer les variations de la quantité relative d’or est assez spécieux. En admettant que cette augmentation de 3% dans l’accroissement normal de la demande d’or se maintienne (si tant est que cette proportion soit normale), il faudrait que le stock de métal double tous les vingt-cinq ans. Ce chiffre de 3 % est assez arbitraire. Sans doute, est-il fondé sur l’observation, mais si, par quelque coïncidence, il a correspondu pendant plus d’un demisiècle à l’accroissement des transactions qui s’est produit alors, doit-on en déduire que cet accroissement se conti-

nuera toujours et que son rythme sera toujours sensiblement le même * Peut-être est-il normal, est-il bon que cet accroissement des échanges subisse de temps à autre un arrêt, une stagnation plus ou moins complète.

Il n’y a d’ailleurs pas que la baisse de la production de l’or qui affecte les marchés et fasse baisser les prix. Bien d’autres éléments influent sur l'équation des échanges et déterminent soit une baisse, soit une hausse des prix. Les prix ont récemment diminué dans des proportions catastrophiques : mais est-ce là en tout ou en partie la conséquence de la baisse relative de la production de l’or ? « L'opinion que la dépression est due directement à une diminution d'or ne peut être soutenue... La solution peut être trouvée seulement dans un appel à ce fait bien connu qu'entre 1925 et 1929 le monde a passé à travers une époque de grands progrès économique... Il n'y a pas eu depuis de changement suffisant dans la production d’or pour expliquer le changement de circonstances »f.

On peut enfin objecter au Pr. Cassel que la baisse des prix trouve, en période normale, en elle-même un correctif automatique : l'augmentation de la valeur de l'or se corrige spontanément dans une certaine mesure par une diminution de la thésaurisation d’or et de la demande pour usage industriel, rendant ainsi libre de l’or qui peut être employé pour des buts monétaires.

En résumé, on ne peut guère parler d'un manque actuel d'or, pas plus d’ailleurs que d’une disette prochaine et probabie. Ce qu'il est toutefois possible d’incriminer est une stérilisation relativa de l’or existant : les banques centrales n’ont peut-être pas tiré tout le parti possible de l’augmentation de leurs réserves 7.

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