À Treatise on Money, t. II, p
repoussa le système de l’émission proportionnelle et déclara que le régime de la fixation de l’émission fiduciaire lui semblait encore préférable.
Le fondement de ce système, sa base logique, est aisé à découvrir : c’est l’essence même du commerce de banque. Une banque privée ne conserve jamais dans ses caisses des disponibilités égales aux dépôts que possèdent ses clients chez elle ; dans des circonstances normales, on ne demandera pas le remboursement de ces dépôts au même moment et, par conséquent, une proportion d'argent liquide aux dépôts, proportion déterminée par l'expérience, est suffisante. Elle variera généralement du 1/10 à la moitié suivant les banques et suivant les circonstances.
Il en est de même des billets de banque que l’on assimile : par ce système aux dépôts dans les banques privées.
La proportion adoptée par les nombreuses banques qui ont choisi cette réglementation varie de 25 % (Australie) à 40% (Union Sud-Africaine, Suisse, Hollande, Java). La proportion en France (régime adopté par la loi de 1928) est de 35 %. Parfois les dépôts à la banque centrale sont comptés couramment avec les billets pour le calcul de l’émission (ainsi en France, Belgique, Hcllande, Java, Pologne, Sud-Afrique); parfois, les proportions relatives respectivement aux dépôts et aux billets sont différentes (aux Etats-Unis, 35 % pour les dépôts et 40 % pour les billets) ; parfois enfin l’on ne fait état que des billets de banque pour le calcul de la proportion (Allemagne, Danemark, Australie, Espagne, Suisse).
Une légère modification de ce système consiste à le combiner avec une limite maxima de l’émission. Cette limite peut être fixée arbitrairement, mais, dans le cas qui nous occupe, elle est en relation avec le capital de la ban-
que d'émission. Ainsi, en Bolivie, la couverture-or doit être de 50 % et r’émission ne doit pas excéder 150 % du capital. En Uruguay, l'émission est constituée seulement par les billets de plus de 10 pesos : elle doit être constamment couverte au minimum par 40% d’or et ne peut excéder 350 % du capital. De semblables réglementations existent en Equateur, Guetamala, Venezuela.
Le systéme d'émission proportionnelle possède ce gros avantage d’être aisé dans son fonctionnement et assez souple. C’est, en particulier, celui qui s'applique le plus facilement au Gold Exchange Standard et c’est de là que provient en partie son succès considérable depuis la guerre. «L’avantage de la proportion fixe d’or, écrit M. Havwtrey #, est qu’elle permet à la Banque centrale de couvrir les fluctuations temporaires ou saisonnières dans la demande intérieure monétaire avec une marge d’or moins considérable ».
Ce système conduit aussi, on le voit, à une certaine économie d’or, d’où autre avantage à notre époque.
2. Critique : Malgré son grand succès actuel, le système de l’émission proportionnelle n’a pas trouvé grâce auprès des auteurs et c’est l’un de ceux qui ont étéle plus vivement critiqués. « C’est là, «écrit Cauvès, l’un de ceux qui s’expriment avec le plus de modération, « une formule empirique qui peut avoir quelque valeur comme fait d'expérience, mais il y aurait erreur à attribuer à la proportion du tiers une valeur de préservation absolue. Il est arrivé, en temps de crise, d’être débordé avec une encaisse supérieure au tiers de l’émission »,
Les critiques adressées au système de l’émission propor-